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Louis, l’autre grand de la dynastie des Couperin

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Louis Couperin (ca. 1626-1661) : Fantaisies 13, 15, 22, 23, 25, 27, 26, 27, 47, 48, 49, 57, 58, 59, 68 ; Duos 14 et 16 ; Fugues 11, 17, 28, 61, 62, 63 ; Pange lingua 34, 35, 36 ; Prélude 46. Henry Dumont (1610-1684) : Converte ; In lectulo meo ; O Salutaris hostia (Cantica sacra, 1652). Ensemble vocal Concert Tribuot, Laurent Beyhurst à l’orgue Julien Tribuot (1699) de l’église Saint-Martin de Seurre (Côte d’Or). 1 CD Ligia Lidi 0109268-14. Code barre 3487549902687. Enregistré en 2014. Durée totale : 72’55 ».

 

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est le premier musicien d’importance dans la fameuse dynastie des Couperin. Né au premier quart du XVII° siècle, il se situe stratégiquement au moment du passage entre le style ancien polyphonique porté au sommet par Jehan Titelouze, et un nouveau style moderne, plus décoratif dont Guillaume-Gabriel Nivers sera le premier représentant. L’œuvre de est donc primordiale, et surtout, ce qui est une chance, depuis la découverte de son livre d’orgue, tardivement mis à jour au milieu des années 1950 et seulement publié enfin en 2003. Michel Chapuis avait déjà signalé l’existence de ce livre d’orgue depuis le début, et en avait eu connaissance en partie, ce qui lui avait permis d’enregistrer quelques pièces pour Archiv Production sur l’orgue de Souvigny au cours des années 60. Un disque microsillon resté fameux et inédit. Grâce à lui, le monde découvrait les Fantaisies de Louis Couperin. Par la suite, Davitt Moroney s’occupa activement de l’édition moderne parue chez Oiseau lyre au début des années 2000. Peu avant, il enregistra aussi l’intégrale des 70 pièces sur l’orgue historique de Saint-Michel en Thiérache (Tempéraments TEM 316001/3).

Depuis, trop peu d’enregistrements ont fait honneur à ce chef d’œuvre de la musique française. On est donc heureux de saluer ici un très bel hommage rendu à ce compositeur. Le choix à la fois des pièces, et de l’orgue contribuent à la réussite de ce travail. compose dans divers styles, harmonieusement représentés ici : Pièces sur des thèmes de Plain-chant, Fantaisies de basse à l’imitation de la viole de gambe, et fugues diverses. L’orgue Tribuot de Seurre quasiment contemporain des œuvres, doté des caractéristiques requises pour cette musique (timbres et mélanges de jeux propres au XVII° siècle) est le partenaire idéal.

Tout cela se serait rien sans l’approche savante, et musicalement inspirée de , titulaire de cet orgue d’exception. Par ce disque il nous révèle un éclairage nouveau, fait d’ombres et de lumières, de clairs obscurs, comme l’atteste le titre même de l’album. Avant même de se mettre aux claviers, il nous livre un texte très documenté et passionnant sur cet oncle de François Couperin, moins connu, et à qui on a un peu vite usurpé le qualificatif de « le grand ». Sa musique se nourrit de la polyphonie ancienne venue de Titelouze, que l’on retrouve dans quelques versets sur des hymnes, mais aussi du jeu volubile et virtuose de la viole de gambe, voire de la danse dans ses duos, et puis, une certaine mélancolie, vraiment caractéristique de cet auteur. Cette atmosphère se construit sur l’ambiguïté de l’alternance modal/tonal et sur des contours mélodiques sinueux. L’image de « la maladie de l’âme », chère aux baroques et propre à la mélancolie des humeurs et des fumées sombres et vénéneuses de la bile noire du monde ancien. Au demeurant le jeu de , à la fois profond et vivant, capte assurément et avantageusement l’intérêt de l’auditeur moderne.

En guise d’intermèdes, trois extraits des Cantica sacra d’Henry Dumont, contemporain versaillais de Louis Couperin, apportent une ponctuation agréable, soutenue par les belles voix solistes du Concert Tribuot, composé de Catherine Greuillet, Françoise Masset, Sylvie Althaparro, Josep Cabré, et la basse de viole de Sylvie Moquet.

Voilà une anthologie qui fait le point sur les plus récentes études et approches d’une musique faite de mystères et de magie. Les Couperin par leur génie ont souvent dérouté et suscité quelques interrogations, jusqu’à leur attribuer parfois avec difficulté leurs propres œuvres : Louis pour Charles, François dit « le grand » pour son oncle François, Sieur de Crouilly.

Louis Couperin, retrouvé, sonne ici en gloire, éloigné de toute déprime … Louis « dit le grand », tout comme son illustre neveu.

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Louis Couperin (ca. 1626-1661) : Fantaisies 13, 15, 22, 23, 25, 27, 26, 27, 47, 48, 49, 57, 58, 59, 68 ; Duos 14 et 16 ; Fugues 11, 17, 28, 61, 62, 63 ; Pange lingua 34, 35, 36 ; Prélude 46. Henry Dumont (1610-1684) : Converte ; In lectulo meo ; O Salutaris hostia (Cantica sacra, 1652). Ensemble vocal Concert Tribuot, Laurent Beyhurst à l’orgue Julien Tribuot (1699) de l’église Saint-Martin de Seurre (Côte d’Or). 1 CD Ligia Lidi 0109268-14. Code barre 3487549902687. Enregistré en 2014. Durée totale : 72’55 ».

 
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