Sergio Fiorentino en concert en Taïwan

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Johann Sebastian Bach (1685-1750) / Ferruccio Busoni (1866-1924) / Sergio Fiorentino (1927-1998) : Prélude et fugue en ré majeur BWV 532. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate pour piano n° 31 en la bémol majeur op. 110. Alexandre Scriabine (1872-1915) : Sonate pour piano n° 2 en sol dièse mineur op. 19 « Sonate-fantaisie ». Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Sonate pour piano n° 2 en si bémol mineur op. 36 (version révisée de 1931). Frédéric Chopin (1810-1849) : Valse en ut dièse mineur op. 64 n° 2 ; Valse en ré bémol majeur op. 64 n° 1. Moritz Moszkowski (1854-1925) : Étude de virtuosité en fa majeur op. 72 n° 6. Felix Mendelssohn (1809-1847) : Romance sans paroles en ut majeur op. 67 n° 4 « La Fileuse ». Sergio Fiorentino, piano Steinway & Sons. 1 CD Rhine Classics. Enregistré au Novel Hall à Taipei le 29 mai 1998. Textes de présentation en anglais. Durée : 71:47

 

RH-009_Fiorentino_Taiwan_booklet16_1CD_OK_1024x1024Trois mois avant son décès, donna en Taïwan un récital dont la gravure a (enfin) été éditée en disque. C’est un document précieux, d’autant plus qu’il existe peu d’enregistrements studio de cet artiste.

Fin mai 1998, vient en Taïwan afin de faire partie du jury d’un concours et donner des cours de maître. Entre ces deux évènements, il trouve une soirée pour se produire devant le public. Pour commencer, il choisit une œuvre de , le Prélude et fugue en majeur BWV 532, transcrite par Ferruccio Busoni et ajustée par lui-même. Il en propose une lecture mettant en valeur le côté mélodieux du contour pour le prélude, et une sorte de continuité narrative, ainsi que la puissance évocatrice pour la fugue. En ce qui concerne l’exécution de la Sonate pour piano n° 31 en la bémol majeur op. 110 de , elle se caractérise par la diversité des nuances, un lyrisme chantant pour le premier et le troisième mouvement, la hâte pour l’Allegro molto (non sans petits accrocs pour ce qui est de la précision du rythme et du toucher) et un mélange exemplaire de légèreté et de gravité pour la fugue dans le finale.

L’interprétation de la Sonate pour piano n° 2 en sol dièse mineur op. 19 d’ s’imprègne, à son tour, de poésie et de lumière, mais également d’une expressivité intense qui assure à cette lecture, malgré un certain resserrement des phrasés dans le Presto, une place près du sommet de la discographie. Pour la Sonate pour piano n° 2 en si bémol mineur op. 36 de , le cheval de bataille de Fiorentino qui avait enregistré cette page en studio en 1994 pour le label APR, nous avons ici affaire à une prestation riche en vitamines, d’une palette de couleurs étendue et d’un dramatisme flamboyant, par moments aussi contemplative et nostalgique.

Quatre bis sont offerts en fin de ce récital. Si l’exécution de la Valse en ut dièse mineur op. 64 n° 2 de semble, de temps à autre (surtout dans la présentation du thème initial et dans la reprise de celui-ci), un brin trop théâtrale et rhétorique, celle de la Valse en bémol majeur op. 64 n° 1 du même compositeur est fascinante par le naturel et la fluidité du geste, de même que par le dialogue qui se fait entre les deux mains, avec, notamment, un brio hors pair des trilles joués par la main droite. Puis, l’Étude de virtuosité en fa majeur op. 72 n° 6 de Moritz Moszkowski interprétée par Sergio Fiorentino ravit tantôt par la simplicité, tantôt par l’agilité (qu’il ne faut pas confondre avec la précipitation), tout autant que la finesse du style et la souplesse du toucher. Au bout du compte, le soliste nous fait entendre la Romance sans paroles « La Fileuse » de Mendelssohn, qui, sous ses doigts habiles, se voit empreinte d’une dextérité, grâce, sérénité et élégance rares. La soirée se termine par une salve d’applaudissements mérités.

Rhine Classics n’a pas eu tort en publiant ce récital inédit, tellement il nous paraît important du point de vue de la discographie relativement modeste du pianiste. On attend donc avec impatience les volumes suivants de cette nouvelle édition qui lui est désormais consacrée. On notera encore que la qualité de la prise de son, bien qu’imparfaite, rend pleinement hommage à son art.

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