Le Drame lyrique de retour à l’Opéra Comique
Commandée par l'État en 1897 pour l'Opéra-Comique, la sculpture « Le Drame lyrique » d'Alexandre Falguière (1831-1900) a retrouvé hier la salle parisienne. Prévue à l'origine pour le vestibule d'accueil de la salle Favart, cette allégorie du drame lyrique côtoyait une allégorie de l'opéra-comique du XVIIIe siècle, actuelle « Manon » d'Antonin Mercié. Les deux œuvres incarnaient ainsi dès l'entrée répertoire et création, tradition et modernité. Mais la sculpture est retirée en 1919 pour être remplacée par la « Carmen » signée Maurice Guiraud-Rivière. Son style évoque-t-il une tendance wagnérienne qu'on ne souhaite pas mettre en avant ?
Réintégrée dans les réserves de l'État en 1932, elle part à Angers en 1936. Entreposée dans la cour du musée des beaux-arts où elle se dégrade, elle disparait en 1945, sans que l'on sache comment. Retrouvée à Berlin en 1981, elle est clairement identifiée dans une réserve de la ville en 1992 par Anne Pingeot, alors conservatrice au Musée d'Orsay. Une enquête mobilisant les acteurs institutionnels et Laurent Falguière, arrière-petit-fils du sculpteur, est lancée en 2020. Elle aboutit en 2022 à une demande de restitution officielle faite par le Centre national des arts plastiques (Cnap). Rapatriée en France en 2024, la sculpture a été restaurée pour retrouver aujourd'hui le lieu pour lequel elle a été conçue.
L'inauguration s'est faite hier 11 mars en présence de Louis Langrée, le directeur de l'Opéra Comique, d'Anne Pingeot et de Laurent Falguière, juste avant la création
française de Nuit sans aube de Matthias Pintscher.
Si la sculpture n'a pas repris sa place initiale aux côtés de « Manon », elle se situe juste derrière « Carmen », au niveau de l'escalier menant à la corbeille. Un socle en marbre dans le style de l'époque a été réalisé spécialement. On peut admirer la modernité qu'elle représentait à la fin du XIXᵉ siècle autant dans la pose légèrement déhanchée, appuyée avec assurance à un arbre, tout en tenant un violon, que dans le costume drapé, en comparaison de « Manon » faisant une sorte de révérence un masque à la main. (NF)













