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Le Alonzo King LINES Ballet en tournée avec deux pièces introspectives en demi-teinte

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Tarbes. Le Parvis, scène nationale. 22-I-2026. The Collective Agreement et Ode to Alice Coltrane. Programme dansé par le LINES Ballet. Direction artistique : Alonzo King. The Collective Agreement. Chorégraphie : Alonzo King. Musique : Jason Moran. Lumières : Jim F. Ingalls. Ode to Alice Coltrane (2024). Chorégraphie : Alonzo King. Musique : Alice Coltrane. Musique et conception sonore du Prelude : Philip Perkins. Lumières : Seah Johnson. Costumes : Robert Rosenwasser. Interprètes : Maël Amatoul, Adji Cissoko, Theo Duff-Grant, Lorris Eichinger, Shuaib Elhassan, Joshua Francique, Mikal Gilbert, Anna Joy, Marusya Madubuko, Tatum Quiñónez. Artistes invités : Victoria Vassos (avec l’aimable autorisation du Ballet West) et Megan Elizabeth Lecrone

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Le était de passage au Parvis, Scène nationale de Tarbes, pour présenter deux pièces récentes du brillant chorégraphe états-unien . Avec The Collective Agreement et Ode to , l'artiste explore la notion d'individualité et sa fascination pour la compositrice jazz éponyme.


Profondément convaincu qu'un grand potentiel artistique réside en chaque être humain, a fondé sa propre compagnie, le , à San Francisco en 1982, autour de deux autres principes : l'équilibre entre logique et intuition et le pouvoir de l'imagination et de la créativité. Ancien danseur d'Alvin Ailey, son style chorégraphique est celui du « ballet contemporain », alliant la puissance musculaire, le travail des pointes et l'en-dehors de la danse classique, avec la liberté créative et le rapport à la gravité du contemporain.

Dans The Collective Agreement, l'artiste se penche sur le paradoxe entre interdépendance et individualité. Ces deux notions sont mises en scène de façon très littérale : les interprètes dansent chacun leur partition de leur côté, sans grande cohésion, le tout parsemé de quelques passages d'ensemble ou en duo, n'apportant que peu de substance au propos. Beaucoup d'énergie est mobilisée à tracer dans l'espace triangles et diagonales, ainsi qu'à passer de la pointe au plié profond. Cependant, la maîtrise du centre de gravité est fragile et l'écriture est malheureusement aussi bavarde que monocorde.

La partition de n'amène pas beaucoup plus de reliefs. Sa musique orchestrale, avec une prédominance de cordes et de piano, évoque une bande originale de film sans caractère et n'apporte pas de puissance à l'ensemble. Un contrepoint réussi entre un danseur et le reste du groupe sort néanmoins du lot, une séquence mise en valeur par un jeu de lumière monochrome se reflétant sur un tapis de sol blanc et un cyclo plus foncé.

La création Ode to commence quant à elle sur une image saisissante : cinq figures sculpturales traversent en ligne la scène à quatre pattes avec grâce et application, en répétant une courte phrase de mouvement à l'unisson, jusqu'à ressortir dans la coulisse opposée. Les costumes sont similaires à la pièce précédente, à l'exception des couleurs. Les hommes portent des leggings, des shorts amples ou des jupes dans des tons naturels. Les femmes arborent des tuniques chair agrémentées de mousseline vaporeuse ou de dentelle irisée bleu clair, orangé, rose ou doré.

Le jazz ethnique d' est sans conteste une bien meilleure source d'inspiration pour . Le sens de la musicalité qui fait sa renommée est bel et bien visible ici et se traduit par une gestuelle nonchalante et élastique, jouant sur le rebond, la mise en tension et le relâchement. L'absence de pointes permet également un meilleur contrôle des changements de niveaux, des courbes et des inclinaisons du dos. L'utilisation de l'espace, quelque peu décousue dans l'œuvre précédente, est ici plus claire, sous la forme de placements et de déplacements abordés de façon géométrique.

Malgré des fragilités en matière de rythme global dans la construction de ces deux pièces, certaines trouvailles gestuelles valent néanmoins de détour. La diversité de danseurs talentueux représentés dans la compagnie est également incontestablement l'un de ses points forts.

Crédit photographique : © RJ Muna

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Tarbes. Le Parvis, scène nationale. 22-I-2026. The Collective Agreement et Ode to Alice Coltrane. Programme dansé par le LINES Ballet. Direction artistique : Alonzo King. The Collective Agreement. Chorégraphie : Alonzo King. Musique : Jason Moran. Lumières : Jim F. Ingalls. Ode to Alice Coltrane (2024). Chorégraphie : Alonzo King. Musique : Alice Coltrane. Musique et conception sonore du Prelude : Philip Perkins. Lumières : Seah Johnson. Costumes : Robert Rosenwasser. Interprètes : Maël Amatoul, Adji Cissoko, Theo Duff-Grant, Lorris Eichinger, Shuaib Elhassan, Joshua Francique, Mikal Gilbert, Anna Joy, Marusya Madubuko, Tatum Quiñónez. Artistes invités : Victoria Vassos (avec l’aimable autorisation du Ballet West) et Megan Elizabeth Lecrone

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