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Entre Terres, chant de mine de Nicolas Bacri

À emporter, CD

Nicolas Bacri (né en 1961): Entre terres, cinq tableaux pour récitant, orchestre et chœur op.114. Récitant : Philippe Murgier. Chorale des Mineurs Polonais (chef de chœur : Henri Kikos), Maîtrise Boréale Région Nord-Pas de Calais (chef de chœur : Michèle Bourdiault), Atelier choral du collège Robert-Desnos de Masny (chef de chœur : Delphine Goulois), Orchestre de Douai Région Nord Pas de Calais, direction : Stéphane Cardon. 1 CD Integral Classic, code barre : 3576072011703. Enregistré le 7 novembre 2010 à l’auditorium Henri Dutilleux de Douai. Notice de 40 pages avec introduction de Nicolas Bacri et livret de Philippe Murgier, illustrées de documents du Centre historique minier à Lewarde (Nord-Pas de Calais). Durée : 57’06

 

Comment décrire Entre terres de  ? Le compositeur définit son opus 114 comme « cinq tableaux pour récitant, orchestre et chœur ». Il ne dit pas que c’est un oratorio, il évite même soigneusement le mot, et préfère préciser que c’est une œuvre symphonique et chorale avec récitant dédiée « Aux mineurs du monde entier ». C’est en tout cas une œuvre de circonstance, car née d’une commande de l’Orchestre de Douai et du Centre historique minier pour commémorer l’histoire du charbon, depuis sa formation à l’époque du carbonifère jusqu’à la fin de l’épopée minière du Nord-Pas de Calais. La dédicace est ambitieuse et un rien emphatique par sa destination universelle, mais elle s’inscrit dans la démarche sincèrement humaniste de , déjà illustrée par ses Cantates (lire notre entretien du compositeur).

Entre terres est d’ailleurs une histoire avant d’être une musique, tant le récitant Philippe Murgier, également auteur du texte, tient le rôle prépondérant. Narrateur et comédien habité par son texte, il retrace l’épopée du charbon depuis le carbonifère jusqu’à la condition actuelle du mineur du fond, soutenu par une musique fortement évocatrice qui s’inscrit dans la lignée de Stravinsky et Chostakovitch, avec des évocations de musiques populaires, hymne, choral, valse musette… Le résultant est efficace comme un Son & Lumière – sauf qu’il n’y a pas de terrils à éclairer et que la musique est parfaitement ajustée à son propos. C’est émouvant comme un film américain, sans l’emphase assommante des musiques hollywoodiennes.

Ce n’est sans doute pas un hasard si cette œuvre a été commandée alors que la page de la mine de fond est tournée depuis de nombreuses années déjà, mais que ses protagonistes sont encore là pour témoigner. Comme le rapporte un mineur « Oui j’ai la nostalgie de [l’estaminet] de chez Georgette et des camarades, mais j’ai pas la nostalgie du charbon, faut pas tout mélanger… ». Par son traitement à la fois universel et inscrit dans la particularité de l’histoire du Nord, par sa musique qui touche le plus grand public sans concession aux effets faciles, Entre terres peut fièrement porter sa dédicace à tous les mineurs du monde.

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