tous les dossiers(1)

L’art du cornet à bouquin dans l’Italie de la renaissance

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Jean Courtois/Girolamo dalla Casa (XVI siècle) : Petit Jacquet. Giovanni Gabrieli (vers 1554-1612) : Suzanne ung jour. Cyprien de Rore/Richardo Rogniono (XVI° siècle) : Ancor che col partire. Girolamo Frescobaldi (1583-1643) : Capriccio con obligo di cantare la quinta parte ; Canzon IV ; Partita sopra l’aria della Romanesca. Giovanni Bassano (ca 1558-1617) : Caro dolce ben mio. Bartolomeo de Selma ( ?-1638) : Canzon settima. Giovanni Palestrina/Giovanni Battista Bovicelli ( ?-1594) : Io son ferito, ahi lasso. Thomas Créquillon/Girolamo dalla Casa (XVI° siècle) : Alix avoit aux dens la malerage. Eva Godard, cornets à bouquin Serge Delmas (1995), flûte à bec soprano Adrian Brown (1994). Arnaud Van de Cauter à l’orgue mésotonique Rudi Jacques (1997). 1 CD Hybrid’music H1828. Code barre 3760069152689. Enregistré en Juin 2011 en l’église Notre-Dame de Kain-la-Tombe (Tournai) Belgique. Livret bilingue français/anglais. Durée totale 50’43’’

 

L’Italie de la renaissance n’a pas fini de nous étonner et de nous émerveiller. Tel ce disque qui nous propose un florilège de pièces de caractère pour instrument soliste et accompagnement à l’orgue. Depuis quelques années, le cornet à bouquin, instrument issu de cornes animales, dôté d’une embouchure de type trompette, a retrouvé ses lettres de noblesse, grâce à quelques interprètes qui ont redécouvert toute ses subtilités. fait partie de ce petit cercle de spécialistes qui ont amené l’art du cornet à son plus haut niveau. Concordance d’une technique parfaite, d’un style retrouvé, le tout accompagné d’une musicalité et d’une sensibilité remarquables. Nous voilà ainsi prêts à aborder et découvrir un répertoire passionnant, dans les meilleures conditions acoustiques et musicales. Il ne faut pas oublier l’orgue, qui ici, plutôt que de se cantonner dans son rôle servile d’accompagnateur, se livre à un dialogue raffiné et subtil. Il y a là un jeu des tessitures remarquable : grâce à l’utilisation fréquente du jeu de 4 pieds (à l’octave supérieure), le discours se trouvé libéré, aéré, compréhensible dans tous ses aspects. Nous sommes là dans ce conteste acoustique de petits instruments portatifs profanes en usage à l’époque, souvent privés souvent d’un jeu grave, mais largement compensé par une volubilité et une vocalité, offertes par ce jeu plus aigu. Autant dire que le résultat est tout à fait réussi. L’orgue de et le jeu inventif d’ dialoguent en harmonie avec le chant du cornet, tel que le décrivaient les anciens musiciens. Même effet lors de l’apparition d’une flute à bec soprano, au cours de ce récital.

On navigue alors dans les eaux claires de ces pièces caractéristiques et mélodies célèbres de la renaissance italienne, canzone et autre chansons transposées de la voix humaine au cornet. L’art du chant, du contrepoint, a de quoi combler les oreilles et le cœur.

Un disque que l’on ne saurait trop recommander pour son originalité, tant il nous initie, enfin, à ce puissant dialogue des coeurs, fertile et sensuel, de ce que fut l’Italie au XVI° siècle.

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.