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Le chant d’Airain selon Jean-Pierre Leguay

À emporter, CD, Musique symphonique

Jean-Pierre Leguay (né en 1939) : Granit (1987) ; Capriccio (1990) ; Péan I (1968) et Péan II (1970) ; Chant d’airain (1986) ; Improvisation. Pascale Rouet, Jean-Luc Etienne et Jean-Pierre Leguay à l’orgue Stahlhuth/Jann de Saint-Martin de Dudelange (Luxembourg). Cuivres et Percussions de l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg. direction : Pierre Nimax Junior.1 CD Hortus 095. Code barre 3487720000959. Enregistré en Mars 2012.

 

La discographie du compositeur ne cesse de s’enrichir, avec une nouvelle fois un disque découverture de grande qualité. Certes sa musique n’est pas d’un abord toujours immédiat, mais tout est mis en œuvre ici pour y entrer plus aisément. Comme nous le signale l’auteur lui-même, l’idée centrale de ce programme est la mise en perspective de trois univers sonores : cuivres, orgue et percussions, en diverses combinaisons renouvelées. On se laissera donc porter par les climats, les timbres des instruments et leurs déclamations, au gré de telle ou telle pièce. Péan I et II sont des chants d’allégresse, Granit une grande fresque rhapsodique. Chant d’airain, pour trombone solo, ici remarquablement défendu par Marc Meyers, demeure une monodie qui implore l’essentiel dans un ton volontairement incantatoire. Viennent ensuite les pièces pour orgue seul avec Capriccio, à deux organistes, œuvre savante à géométrie variable, comprenant six variations. Enregistré sur le monumental orgue symphonique luxembourgeois de Dudelange, représentatif de la facture du XXI° siècle, en profite pour nous offrir une libre improvisation, qui magiquement, rassemble et soude toutes les autres pièces, comme si grâce à cette intervention spontanée du maître, il nous expliquait son art en un très subtil résumé. Une excellente idée pour mieux aborder et mieux comprendre, du coup, le reste du programme. Cela nous permet d’ailleurs aussi d’entendre cet orgue sous un angle très différent, comme si nous l’entendions pour la première fois, bien qu’ayantvdéjà été copieusement enregistré pour une cinquantaine de disques.

Comme souvent dans ces cas là, l’improvisateur nous montre alors un autre aspect de son art, livrant sans retenue son chant intérieur. Quiconque a eu la chance d’entendre cet artiste improviser en situation sur l’orgue de Notre-Dame de Paris, dont il est le titulaire, a gardé assurément le souvenir d’une expérience unique. Plus libre, et spontanée que l’œuvre écrite, l’improvisation reste un reflet libéré de l’âme.

et Jean-Luc Etienne, familiers de ce langage musical sont des interprètes idéaux pour ces textes. Saluons également les trompettistes Adam Rixer et Roman Zaremba, les trombonistes Laurent Lemaire et Vincent Debès, Netty Glesener aux marimbas, et Paul Mootz aux percussions.

Ce disque représente une pierre de plus dans le grand édifice de l’œuvre de . Merci à l’éditeur Hortus de nous permettre le partage de ces pièces.

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