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L’Amérique s’attaque à Delius

À emporter, CD, Musique symphonique

Frederick Delius (1862-1934) : Appalachia – Variations on an Old Slave Song with Final Chorus ; Sea Drift. Leon Williams, baryton. The Master Chorale of Tampa Bay (chef de choeur : James K. Bass). The Florida Orchestra, direction : Stefan Sanderling. 1 CD Naxos. Référence : 8.572764. Code barre : 7 47313 27642 4. Enregistré en janvier 2012 à St Petersburg, Floride, USA. Notice de présentation et livret en anglais. Durée : 60’11

 

Enfin les Américains jouent Delius, et dans un programme superbe et entièrement influencé par l’Amérique ! Lui qui a vécu en Floride et y a découvert la musique noire, suivant de peu Dvořák et sa Symphonie du Nouveau Monde, mais contrairement au compositeur tchèque il en fut profondément influencé et méritait bien cette reconnaissance par les forces vives de la nation musicale américaine. Avec l’orchestre de Floride et un baryton Noir-Américain, on pouvait difficilement trouver mieux, et le fait que le chef soit allemand ne gâchait rien puisque l’Allemagne a été jusqu’à la première guerre mondiale le grand pays à défendre la musique de Delius.

Hélas ce qui s’annonçait sur le papier comme une combinaison idéale pour le 150ème anniversaire de la naissance de est au final le rappel douloureux de la grande difficulté à jouer cette musique. Est-ce le manque de pratique de ce répertoire, les effets pervers du puritanisme ou simplement l’ignorance qu’il y a un monde naturel où le vent et le froid ne soufflent pas que depuis les climatiseurs, quoiqu’il en soit les interprètes se sont appliqués à plomber cette musique. dirige l’orchestre avec une baguette d’un poids apparemment écrasant, tant les accentuations et le tempo sont anémiques. Le chœur croit donner une messe solennelle, et le baryton déclame le splendide poème d’amour et de mort de Walt Whitmann avec la pompe d’un évangéliste égaré sur une scène de théâtre. On devrait entendre vivre et s’animer les grands paysages américains avec Appalachia, et subir les affres de l’amour et de la mer avec Sea Drift, et on se retrouve à écouter une interminable heure de préchi-précha. Dommage.

Pour Sea Drift, aucune version ne s’impose comme une référence, même si la version Beecham avec Gordon Clinton se démarque comme étant la plus envoûtante (Sir Thomas Beecham – English Music, EMI, Clef ResMusica), suivi de Mackerras avec Thomas Hampson qui offrent ensemble le meilleur équilibre entre naturel, sentiments et pure qualité vocale (Decca). Pour les amateurs de sensations, Richard Hickox accompagne avec soin (à défaut de génie) un Bryn Terfel dans une forme vocale impressionnante. C’est un peu la version hors concours, car si elle manque de la sensibilité à fleur de peau qui est fondamentalement requise par le poème, Terfel y est captivant.

Pour Appalachia, les choses sont plus simples, la récente version d’Andrew Davis avec la BBC (Chandos) ayant établi la référence de la discographie.

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