William Byrd sous les doigts de François Moreau

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William Byrd (1540-1623) : Praeludium FVB 10 ; Fantasia FVB 52, FVB 8, FVB 261, FVB 103 ; Pavana lachrymae FVB 121 ; A fancie MLNB 26 ; A voluntarie MNLB 41 et 42 ; The Queens alman FVB 72 ; La volta FVB 155. François Moreau à l’orgue de la chapelle de Augustins (ancien Hôtel-Dieu) du Musée de Vire (Calvados). 1 CD JFP 1201. Code barre : 3503860312018. Enregistré en novembre 2011. Livret bilingue français/anglais. Durée totale : 56’07 ».

 

Ce disque, premier d’une collection que l’on espère abondante, sont les retrouvailles d’amis de longue date : deux Jean-François. L’un est facteur d’orgue, Jean-François Muno, l’autre, Jean-François Pontefract, ingénieur du son. Quelle belle idée de réunir leurs expériences, leurs talents, dans un projet de grande classe.

Pour ce premier CD, ils ont fait appel à , pianiste, claveciniste, organiste, mais aussi homme de lettres et musicologue distingué. Cet artiste s’est abreuvé auprès de plusieurs professeurs, dont pour l’orgue, Kenneth Gilbert et Odile Bailleux. Il est actuellement responsable de l’orgue historique de Notre-Dame de Guibray à Falaise dans le Calvados. Et c’est justement dans ce département que se trouve l’orgue de la chapelle des Augustines à Vire utilisé pour cet enregistrement.

Il s’agit d’un petit instrument dont seulement le matériel sonore avait été conservé, et dont la signature du constructeur se trouvait sur l’un des soufflets : Amédée Clément d’Amont 1835. Cet orgue est un cas, sa tuyauterie aurait pu faire penser à un instrument beaucoup plus ancien, remontant au XVII°siècle, certains experts ayant pu même être abusés par la chose. Le buffet ayant disparu, il a été reconstruit en forme d’armoire normande monumentale, en bois d’alisier et noyer, décoré par une élégante marqueterie en diverses essences. C’est Jean-François Muno qui a restauré la partie sonore de l’orgue, six jeux seulement, mais de grande qualité.

Que jouer sur un tel orgue à clavier unique et petit pédalier ? Improviser bien sûr, ou s’en servir pour l’accompagnement du chant ou des instruments. Une autre solution est de trouver un répertoire qui pourrait s’y adapter. Rien de tel que certaines musiques anciennes conçues souvent pour le clavecin, ou le virginal. Le choix s’est porté ici sur , l’un des plus grands compositeurs anglais de l’époque élisabéthaine. Tiré de deux recueils essentiels, le Fitzwilliam Virginal Book, et le My ladye Nevells Booke of Virginal, a réuni un choix de pièces significatives de l’art de Byrd. C’est la grande période de la Fantaisie, terme générique qui rassemblait toute sortes de recherches au clavier. C’est une musique savante, polyphonique, mais profondément humaine, sans recherche de virtuosité inutile, un discours tourné vers l’élégance et la sensibilité, fait pour toucher l’auditeur. L’adaptation à l’orgue parait évidente ; David Moroney, dans l’un de ses disques avait déjà montré cette voie.

Le jeu de François Moreau est tout en finesse et subtilité. Odile Bailleux qui fut son professeur y a vraisemblablement contribué, de même que le présent instrument retrouvé, lui aussi demeure un excellent professeur. On écoute avec délectation ces jeux, magnifiquement harmonisés par Jean-françois Muno, dotés d’un tempérament ancien, et captés par le spécialiste des sons : Jean-François Pontefract, qui après avoir été le preneur de son d’Harmonia Mundi, devient son propre producteur. De plus l’acoustique de la chapelle des Augustines de Vire est des plus agréables.

Voici une manière fort passionnante de redécouvrir quelques pages de choix de , ici homme de clavier, et encore hélas trop peu enregistré, surtout à l’orgue.

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