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Petits plaisirs intimistes du Seicento

À emporter, DVD, Musique d'ensemble

Tarquinio Merula (1595-1638) : Canzone a soprano e basso « La Berlasina » et « La Noce » – Venise 1651 ; Giovanni Battista Spadi da Faenza (1516-1590) : Diminutions sur « Ancor che col partire » de Cipriano da Rore – Venise 1609 ; Bartholomeo de Selma y Salaverde (1595-1638) : Diminutions sur « Vesiva i colli » de Palestrina ; Canzon a soprano e basso– Venise 1638 ; Michelangelo Rossi (1602-1656) : Toccata pour clavier- Rome 1657 ; Girolamo Frescobaldi (1583-1643) : Canzon a soprano e basso « La Franciotta » – Rome 1628 ; Philipp Freidrich Boddecker (1607-1683) : Fantaisie pour basson sur « La Monica » – 1651 ; Giovanni Paolo Cima (v. 1570-1622) : Due sonate da chiesa – Milan 1610 ; Jacob Van Eyck (1590-1657) : Variations sur « Lachrimae Pavan » de John Dowland – Amsterdam – Utrecht 1647 ; Claudio Merulo (1533-1604) : Toccata pour clavier – Rome 1598. Les Passions Orchestre Baroque de Montauban : Jean-Marc Andrieu, flûte à bec ; Yasuko Uyama-Bouvard, claviorganum ; Laurent Le Chenadec, dulciane. 1 DVD Concert à l’Orangerie de Rochemontès. Enregistré en concert public le 31 mai 2015 à l’Orangerie de Rochemontès, Seilh (31). Durée : 93′.

 

Recto-jaquette-PassionsCette production aussi conviviale que pédagogique, est une excellente introduction au génie du Seicento, avec ces Moments choisis de la saison musicale de l’Orangerie de Rochemontès.

Ce DVD consacré au passage de la polyphonie de la Renaissance à la monodie accompagnée qui naît au début de l’ère baroque, par en petite formation de trio, est le deuxième opus d’une collection à venir, faisant suite au duo de guitares Mélisande dans une transcription des célèbres Variations Goldberg de Bach et des pièces de musique espagnole d’Albéniz et Turina.

Fidèle reflet de l’esprit de l’ensemble montalbanais et de son chef , cette production aussi conviviale que pédagogique, est une excellente introduction au génie du Seicento, essentiellement italien, au cours duquel ont émergé les grandes et petites formes instrumentales, permettant aux voix solistes de s’individualiser.

Dans une première partie consacrée à la présentation des instruments, dévoile trois de ses flûtes, soprano de Ganassi à perce cylindrique et ténor, ainsi que l’étonnant claviorganum, ce clavecin accouplé à un orgue positif, reconstitué pour la première fois en 1994 par les facteurs Philippe Humeau et Etienne Fouss, d’après les nombreuses descriptions des traités des XVIe et XVIIe siècles. révèle pour sa part les secrets de sa dulciane, cet ancêtre du basson, à anche double avec une perce conique pliée en deux, d’où sa taille modeste. Très utilisé dans les églises espagnoles pour renforcer les graves du chœur, cet instrument permet une agilité de jeu.

La seconde partie propose l’intégralité du concert où dans sa simplicité coutumière, Jean-Marc Andrieu présente chaque pièce dans son contexte avec la spécificité des instruments. D’aucuns peuvent s’étonner de cette combinaison instrumentale peu courante, mais pour la chambre comme pour la chapelle, les musiciens de l’époque baroque adaptaient sans cesse les instrumentations selon les possibilités entre dessus et basses. Entre diminutions baroques et chansons ornées, le dialogue des trois instrumentistes évolue en terrain de haute virtuosité. La dulciane volubile répond aux riches ornementations de la flûte à bec, tandis que les deux claviers de ce drôle d’instrument hybride donnent une assise harmonique et concertante à l’ensemble. Mais sait tirer parti d’un instrument soliste comme personne et elle le démontre brillamment avec une Toccata fameuse de , puis une autre de .

Cela s’entend naturellement, mais l’image souligne une complicité de tous les instants entre les trois interprètes. Celle-ci s’exprime au mieux dans la Canzona a soprano et basso La Franciotta de , suivie de la fantaisie pour basson La Monica de Philipp-Friedrich Böddecker, que nous connaissons mieux sous le titre Une jeune fillette, un tube absolu au XVIIe siècle.

Après de prenantes variations sur Lachrimae Pavan de par , l’aérien pépiement de la flûte soprano dans Le Rossignol du même compositeur est un moment de pur délice. Les trois compères concluent ce bel après-midi printanier par un réjouissant dialogue polyphonique sur la Canzon a soprano e basso de Bartholomeo di Selma y Salaverde, avant de gratifier le public enthousiaste d’un autre grand tube baroque, la célèbre Ciaconna op. 12 n° 20 de pour laquelle a troqué sa dulciane pour une seconde flûte à bec.

Un DVD d’un nouveau genre et sans prétention pour découvrir certains aspects méconnus de la musique baroque.

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