philharmonie de paris 0718

Eric Lu aborde les œuvres tardives de Mozart, Schubert et Brahms

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Rondo n° 3 en la mineur K. 511. Franz Schubert (1797-1828) : Quatre impromptus op. 90. Johannes Brahms (1833-1897) : Six pièces pour piano op. 118. Eric Lu, piano Bechstein D282. 1 CD Genuin. Enregistré le 27 octobre 2017 en concert public à la Heilig-Geist-Saal Nürnberg en Allemagne. Textes de présentation en anglais et allemand. Durée : 69:03

 

Les Clefs Resmusica

Eric Lu 4pAprès avoir remporté le 4e prix lors de la XVIIe édition du Concours international de piano Frédéric-Chopin en 2015, l’Américain , âgé de vingt ans, signe son premier disque chez Genuin, avec des œuvres de Mozart, Schubert et Brahms. Les prestations proposées ici sont la preuve de son talent et de son potentiel musical.

Le jeu d’ est de bout en bout fascinant. On est saisi non seulement par le naturel et la beauté des phrasés, mais également par la variété de ses nuances, sa sonorité ronde, pure et riche en harmoniques, de même que par sa compréhension du style de ces pièces et sa capacité à émouvoir. Les émotions que ses interprétations expriment tout au long de leur durée poétisent et animent les moindres détails de ces partitions.

Le Rondo n° 3 en la mineur de Mozart se voit présenté avec sensualité, théâtralité et rhétorique. Pour les Impromptus de Schubert, on admire la simplicité du discours, des gradations progressives de l’intensité (le 1er impromptu, pour lequel le climax est émouvant au point de faire penser au sort tragique du compositeur), la ferveur, la précision articulatoire et le brio équilibré par la douceur et la chaleur du legato (2e impromptu), la délicatesse du toucher et une intimité quasiment nocturne (3e impromptu, un vrai chant d’amour sous les doigts d’Eric Lu), ainsi que la clarté des contre-chants et le raffinement des timbres (4e impromptu).

Pour les Brahms, on est en suspension entre la grandeur épique (Intermezzo en la mineur), la poésie mettant en valeur les subtilités harmoniques (Intermezzo en la majeur), la clarté agogique et architecturale (Ballade en sol mineur), la subtilité mêlée à la fougue (Intermezzo en fa mineur), l’ampleur et la limpidité narrative (Romance en fa majeur), tout autant que le sens dramatique (Intermezzo en mi bémol mineur).

Empreint d’un enthousiasme juvénile, mais aussi de moments d’une tristesse indicible, ce début discographique d’Eric Lu est vraiment convaincant, et devrait intéresser tous les amateurs de piano.

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