Jean Sébastien Bach, Suites pour violoncelle seul vol.2 par Ophélie Gaillard.

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Jean Sébastien Bach. Suites pour violoncelle seul vol.2. Ophélie Gaillard (violoncelle).
Ambroisie 9906.

 

Jean Sébastien Bach. - Suites pour violoncelle seul vol.2. - Ophélie Gaillard (violoncelle)Entrée dans la classe de violoncelle baroque de Christophe Coin après avoir achevée celle de Philippe Muller en violoncelle moderne au CNSM de Paris, est devenue experte à la fois dans les répertoires romantique et moderne et dans le répertoire baroque. Preuves en sont ses disques de Schumann, de Britten et ses interprétations baroques de Bach, de Haendel, seule ou avec son ensemble Amarillis. Le second volume des suites, dont le premier avait paru avec les première, deuxième et sixième suites voilà déjà un an, propose inévitablement les troisième, quatrième et cinquième suites.

Nicolas Bartholomée, directeur artistique du beau label Ambroisie, soigne non seulement la présentation du disque, le contenu sonore mais également le contenu textuel. Il a même l’excellente idée de donner à le soin de présenter son disque. Agréable musicologue, la violoncelliste signe un des meilleurs textes de présentation qui soit : surtout l’introduction à ses fines analyses musicologiques, qui est claire, poétique et sensible tout à la fois. Les suites de Bach par sur violoncelle baroque ne sont ni purement baroques ni totalement romantiques : elles sont comme les affectionnent les gens qui n’aiment pas beaucoup les interprétations baroques, elles sont aussi comme les aiment ceux qui n’en supportent pas les versions romantiques. Mais attention : l’interprétation d’ n’est assurément pas un pâle « entre-deux » démagogique. On donnerait presque, si l’on osait, à cette interprétation homogène, impressionnante de clarté harmonique, le nom de « alla Ophelia Gaillarda », tant le style de l’interprète est ici original, de l’ordre du « jamais entendu ». On sait qu’ pense que les suites de Bach sont à la fois un chef d’œuvre et une somme pédagogique, un peu comme une œuvre écrite à l’intention des violoncellistes pour qu’ils mettent « les mains à la patte, pour [qu’ils se forgent] les doigts et l’esprit. »

Enregistrées dans la chapelle du château de Corroy, ce second volume montre aussi à quel point on peut maîtriser les instruments baroques, tant sur le plan des attaques que sur celui de la justesse des sons. Peut-être la troisième suite n’est pas la mieux réussie du disque. Ophélie Gaillard utilise un legato qui n’aide pas à aérer le discours du prélude et il semble que le tempo de la courante s’échauffe un peu au cours de l’exécution. Mais, dès le très difficile prélude de la quatrième suite, le plus exigeant des auditeurs ne peut qu’entendre une interprétation superbement menée, peut-être inégalable. Le mineur de l’Allemande est purement magnifique, on progresse vers le sublime dans les deux sarabandes des suites quatre et cinq. Du reste, tout, dans cette version des quatrième et cinquième suites, gagne en quiétude, en équilibre sonore, en homogénéité de registres par rapport à de nombreuse versions discographiques. La précision des formules de doubles croches détachées au violoncelle baroque, notamment dans la première bourrée et la gigue, impressionnent. Il semble vraiment que ces suites n’aient pas de sitôt leur équivalent discographique car la sérénité, la conduite des phrases et le dessin harmonique découvert par Ophélie Gaillard est extraordinaire.

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