Mutter-Masur : Chambre séparée.

À emporter, CD, Musique symphonique

Ludwig van Beethoven. Concerto Pour Violon, Op 61. Romance Pour Violon & Orchestre N°1, Op 40.Romance Pour Violon & Orchestre N 2, Op 50. Anne-Sophie Mutter, violon. Orchestre philharmonique de New-York. Direction Kurt Masur. Deutsche Grammophon. Nouveauté 2002.

 

Beethoven, concerto pour violon, romances. Anne Sophie Mutter, violon. Orchestre philharmonique de New-York. Direction Kurt Masur

Plus de vingt ans après, revient au concerto de Beethoven qu’elle avait gravé avec Karajan. La tentative est prenante et la démarche de la violoniste aurait été portée au sublime si le chef avait partagé ses vues !

Elle n’avait pas vingt ans lorsque Karajan lui proposa le roi des concertos pour violon, mais sa carrière avait pris un élan si foudroyant et sa maturité était si grande que personne ne songea un instant à imaginer que la jeune Anne Sophie Mutter pouvait se sentir oppressée par le chef autrichien.

Il lui avait certes donné la gloire, ouvert les portes du paradis musical, mais Karajan ne pouvait pas imaginer une autre façon de faire de la musique que la sienne…

N’ayant pas à tuer le père puisqu’il mourut de sa belle mort, Mutter se propulsa définitivement au sommet du panthéon des violonistes, risqua toutes les aventures (Lutoslawski, Rihm) pour trouver sa véritable voie.

C’est donc tout naturellement qu’elle reprend aujourd’hui les grands classiques, son concerto de Brahms affirmait une nouvelle approche et ce Beethoven laisse une double impression ! La vision de Mutter est maintenant bien personnelle, elle met en avant un texte bien fouillé dont elle veut manifestement tirer toutes les subtilités. Sa technique légendaire n’a d’égale qu’un lyrisme de glace qui devrait trouver son équivalent auprès de dont l’effusion n’est pas la qualité.

Mais c’est bien là que cette interprétation ne résiste pas à l’écoute attentive et répétée. Bien que partenaires attentifs, Masur et Mutter ne jouent pas « ensemble » d’une manière constante et ne parviennent pas à trouver un ton commun. Cette affirmation d’individualité ne pardonne pas dans une oeuvre si fraternelle de par sa conception philosophique.

Comment ne pas songer aux couples fabuleux et fusionnels formés pour la circonstance du disque par Francescatti-Walter (Sony), Perlmann-Giulini (EMI) ou (et surtout) Menuhin-Furtwängler (EMI) qui continuent de nous charmer?

Si les deux artistes ne suivaient pas leur petit bonhomme de chemin, avec audace dans le cas de Mutter, nul doute que nous tiendrions là une version de référence en DDD.

Il nous reste une très belle version qui trouvera sans peine son public.

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