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Anne Queffélec et Mozart, émotion et fidélité

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Sceaux, Orangerie. 07.IX.2003. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) Sonate en fa majeur K.332 ; Sonate en si bémol majeur K.333 ; Sonate en la mineur K.310 ; Sonate en la majeur K331. Anne Queffélec (piano).

Les enthousiastes et généreux responsables du Festival de l’Orangerie de Sceaux que sont , Pierre et Annie Benoit et toute leur équipe avaient placé ce concert sous le signe de l’émotion et de la fidélité, pour un hommage à la pianiste Catherine Collard, disparue voilà dix ans. Au programme les Sonates K. 332, K. 310 de Mozart, les Préludes et Images de Debussy et Miroirs de Ravel. Mais, la délicieuse qui s’est engagée à la Roque d’Anthéron* dans un grand voyage mozartien avec son intégrale des Sonates a préféré en rester au maître de Salzbourg.

Avec de telles œuvres, le risque est grand de ne pas atteindre l’équilibre poétique et sonore d’une partition peu spectaculaire mais terriblement vivante. Ecrites de 1774 à 1789, les trois sonates retenues par sont particulièrement difficiles car toute l’âme de Mozart vibre dans les moindres signes, notes et silences. La pianiste vit dans l’intimité de Mozart qu’elle joue avec un respect et une affection émouvante. Son interprétation qui relève le défi de ce grand voyage dans la profondeur de l’âme mozartienne est toute en finesse, en élégance et en fraîcheur. Tel a été le cas pour la Sonate en la majeur. Avec un très beau sens des nuances et un jeu d’une grande clarté, elle retrouve la pureté mélodique de l’œuvre, sa brillance et sa virtuosité, en toute simplicité. Son piano est lumineux et chantant. Le ravissant thème de l’Andante grazioso du premier mouvement était un régal de phrasé, de finesse et de beauté. Avec sa virtuosité discrète et élégante, Anne Queffélec a offert un Rondo « alla turca » plein de délicatesse. Lyrique, expressive, touchante, elle a interprété une étincelante Sonate en fa majeur.

A propos de la Sonate en la mineur, Alfred Einstein disait : « la mineur…, c’est pour Mozart, le ton de la désolation. On ne retrouve plus rien, en cette Sonate, de l’esprit de salon ; elle est l’expression du sentiment le plus personnel » . Cette pièce composée en 1778 à Paris est particulièrement dramatique. Mozart vient de perdre sa mère et le séjour parisien est d’une grande tristesse. Anne Queffélec réussit à éviter l’écueil des effets pathétiques pour donner toute sa place à l’émotion, jusqu’au poignant finale Presto écrit en mode mineur.

Le piano chante dés le chaleureux premier mouvement de la Sonate en si bémol majeur avant de se laisser emporter par l’atmosphère de désolation douloureuse de l’Andante cantabile. Puis, Anne Queffélec nous ramène à la gaieté bondissante du finale en Rondo et de sa virtuose cadence. Superbe ! En bis, elle a proposé au public une émouvante et frémissante vision de La Cathédrale engloutie de Debussy.

Notons que samedi 13 septembre, sont attendus les brillants lauréats du concours Long-Thibaud, Denys Proshchayev au piano et Andrej Bielow au violon dans un programme Mozart, Lutoslawski, Grieg, Wieniawski, Ravel, et, dimanche 14, Christian Zacharias fera sans l’ombre d’un doute salle comble.

* Voir https://www.resmusica.com/aff_article.php3?art=513

et https://www.resmusica.com/aff_article.php3?art=514

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