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George Onslow, le Gentleman Compositeur

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Viviane Niaux : George Onslow, « gentleman compositeur ». Presses Universitaires Blaise Pascal (Clermont- Ferrand) ; Août 2003. ISBN 2-84516-233-2. 435 pages, illustrations, catalogue, discographie, index.

 

(1784-1853) est un musicien fort mal connu. En effet, à part quelques notices laconiques dans divers dictionnaires, nous ne disposions pas – en français – d’une monographie sur le compositeur. Pourtant, bien que de père anglais, il est né en France, à Clermont-Ferrand, où il s’est également éteint. Des articles confidentiels ont certes été écrits dans un périodique qui porte bien son nom, le Bulletin de la Société . Cependant, la disponibilité et la diffusion réduite ne laissaient présager une meilleure connaissance du créateur comme de l’homme.

L’étude de est par conséquent des plus précieuses. Au long de ses quatre cent trente cinq pages, l’auteur décrit dans une première partie avenante la vie et les déboires d’Onslow, agrémentés d’anecdotes croustillantes ; qui restent toujours scientifiques, et ne débordent jamais dans le romanesque. Le catalogue complet de l’œuvre, ainsi qu’une correspondance indicative, complètent admirablement l’ouvrage. A noter également, une discographie exhaustive, plus un excellent index des noms et des opus. Ces pages deviennent ainsi une excellente base de consultation. Toutefois, une bonne partie de la discographie citée est malheureusement déjà épuisée.

«Onslow, touché par la grâce du Stratonice de Méhul en 1801» décide de devenir compositeur, lit-on. Admiration «méhulesque» quelque peu étonnante ! L’auteur développe à juste titre cette révélation, mais ne cite pas l’existence de l’enregistrement dudit Stratonice (William Christie, Erato). La production d’ Onslow est essentiellement composée d’œuvres de chambre. Principalement, trente-six Quatuors à cordes, des Quintettes à cordes, des Sonates pour piano

Le Quintette à Cordes n°15 opus 38 «La Balle» de 1829 est une citation autobiographique. Le compositeur en effet a été victime d’un accident de chasse qui a bien failli lui coûter la vie. Son écriture et son langage y préfigurent César Franck ! Même remarque au sujet de son Quatuor à Cordes n°31 opus 62 (1841) : le thème introductif au violoncelle est quasi semblable à celui des Variations Symphoniques (1885). Émotion intense encore, dans le deuxième mouvement du Quintette pour deux violons, deux altos et violoncelle n°33, opus 80 (vers 1849) : le thème et les harmonies sont d’une sublimissime beauté. On y trouve une réminiscence schubertienne augmentée d’une inflexion mélodique berliozienne…

Que penser de l’œuvre symphonique d’un Français qui produit au même moment que Berlioz ?! Les quatre Symphonies ont été écrites entre 1830 et 1846. Plaisantes, elles s’apparentent, dans l’ensemble, au style beethovenien. Demandons-nous si, finalement, Onslow n’a pas été influencé par les symphonies de Méhul, elles-mêmes proches de l’auteur de l’Héroïque (similitude entre la première de Méhul et la cinquième de Beethoven). Il y a fort à parier que ces analogies ne sont pas étrangères à Sanderling (Orchestre de Bretagne) qui – après une gravure d’Ouvertures de Méhul cette année – nous donne curieusement au concert… des Symphonies d’Onslow. Gageons qu’un enregistrement suivra.

Les cinq essais lyriques de George Onslow sont complètement tombés dans l’oubli. Quelques ouvertures ont été homéopathiquement jouées au XIX° siècle (Le Duc de Guise, Le Colporteur…), mais le XX° a complètement occulté ce répertoire.

L’excellent travail de montre les enjeux complexes de la musique de ce temps. On perçoit comment le compositeur, pourtant «illuminé» à dix-sept ans par l’Opéra, semble voué d’emblée à une spécialisation : l’intimisme de la musique de chambre. Dès lors conforté dans son style, il n’a pu vraiment obtenir une position significative à l’Opéra et au concert symphonique. En revanche, cet artiste anglo-auvergnat a assimilé pleinement les difficiles derniers Quatuors de Beethoven, pour proposer une création originale ; laquelle n’a jamais totalement disparu de la mémoire des hommes.

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Viviane Niaux : George Onslow, « gentleman compositeur ». Presses Universitaires Blaise Pascal (Clermont- Ferrand) ; Août 2003. ISBN 2-84516-233-2. 435 pages, illustrations, catalogue, discographie, index.

 
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