Quatuor Maggini – Un voyage dans le monde de Frank Bridge

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Franck Bridge : Quatuor à cordes n° 1 en mi mineur « Bologna » ; quatuor à cordes n°3. Maggini Quartet. 1 CD Naxos 8.557133, Durée 59’35, DDD, 2003, livret en anglais.

 

Un des plus prestigieux quatuors à cordes britanniques vient de publier, chez Naxos, deux œuvres du compositeur britannique . Fondé en 1988, le quatuor Maggini réunit Laurence Jackson, David Angel (violon), Martin Outram (alto) et Michal Kaznowski (violoncelle). Il se produit dans le monde entier, se produisant dans les principaux festivals d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Asie, ainsi que dans les salles les plus prestigieuses. Sa plus grande renommée provient essentiellement de ses interprétations de compositeurs britanniques. Le quatuor Maggini a également fourni de nombreux enregistrements, sous différents labels.

Le compositeur britannique (1879-1941) possède de nombreuses cordes à son arc, ou plutôt devrait-on dire à son archet. Il étudia le violon et la composition au Royal College of Music de Londres, puis entreprit une carrière d’altiste dans le Quatuor Joachim puis dans l’English String Quartet. En tant que chef d’orchestre, il dirigea les grands orchestres londoniens ainsi que les principales formations des Etats-Unis. Compositeur fécond, il laisse en héritage une grande quantité de musique de chambre, ainsi que des mélodies. En outre, il consacra une partie de son temps à l’enseignement, avec, comme élève le plus célèbre, Benjamin Britten.

On peut distinguer deux phases dans la carrière de compositeur de Frank Bridge : la première, post-romantique, recherchant son inspiration dans Brahms et Fauré ; et la seconde, au cours de laquelle ses œuvres prendront des allures nettement plus modernes, frisant même l’atonalité. Le CD Naxos nous propose de redécouvrir (ou de réentendre) les deux facettes de ce compositeur.

L’enregistrement commence, dans un ordre naturellement chronologique, par le quatuor à cordes n°1 en mi mineur « Bologna ». En l’espace d’un mois, Bridge composa cette œuvre pour un concours organisé par l’Accademia Filarmonica de Bologne,- d’où son surnom -et remporta une mention d’honneur, la seule décernée à cette occasion. Le caractère post-romantique se ressent dès les premières mesures, avec une rapide introduction au violoncelle ; les violons enchaînent, continuant dans cette première impression. Le deuxième mouvement – un adagio, tout comme le premier – débute de manière plaintive, avec des violons qui poursuivent sur le même ton tout au long de cette partie de l’œuvre. L’espoir revient au troisième mouvement, un allegretto grazioso – animato, à la mélodie très gaie et même dansante, où les instruments dialoguent joyeusement. La quatrième mouvement confirme cette impression, commençant par un allegro agitato ; cette fièvre retombe ensuite graduellement, la quatuor finissant sur un adagio molto puis, finalement, une réexposition du thème principal du premier mouvement.

Changement de style total, avec le quatuor à cordes n° 3, qui est une œuvre de pleine maturité de Frank Bridge, puisque composée en 1925/26. Ses sonorités sont nettement plus « modernes », le compositeur utilisant les douze demi-tons de la gamme, avec même quelques dissonances. Après une introduction lente, le premier mouvement s’anime, l’andante moderato se transformant en un allegro moderato. Le deuxième mouvement, de rythme ternaire, plonge l’auditeur en pleine nostalgie. Dès les premières notes du troisième mouvement, le public est tiré de sa torpeur, entraîné par l’allegro ernergico final.

Que ce soit par la virtuosité des interprètes, par la prise de son et même par la post-production, la grande qualité de cet enregistrement est à mettre en avant. Le CD est accompagné d’un petit livret explicatif de quatre pages, présentant rapidement le quatuor maggini et son impressionnante discographie, le compositeur Frank Bridge ainsi que les deux œuvres interprétées. Le seul regret est qu’il ne soit qu’en anglais – dommage pour les mélomanes qui ne sont pas familiers de la langue de Shakespeare.

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