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Le nom de domine toute la musique contemporaine et se situe au carrefour de nombreux courants musicaux du XXe siècle. Issu du Conservatoire de SaintPétersbourg où il reçut une solide formation, de pianiste et de compositeur, il manifesta une précocité remarquable : ses premières œuvres importantes (Symphonie n°1 et 2, Sonate n°1 pour piano, l’opéra Le Nez), écrites entre 19 et 21 ans, montrent l’aisance avec laquelle il a intégré les courants les plus originaux de l’avant-garde de son époque. Collaborateur du théâtre de Meyerhold, compositeur de cinéma, en particulier pour les films de Kozintsev et Trauberg (La Nouvelle Babylone, la trilogie de Maxime), il est à tous points de vue un homme des temps nouveaux annonçant les bouleversements à venir.

Le premier conflit avec les autorités soviétiques se produit en 1936, lorsque son second opéra Lady Macbeth de Mzensk, pourtant accueilli avec enthousiasme par le public, est qualifié de « galimatias musical » dans la Pravda. Dès lors et jusqu’ à la fin de sa vie, la carrière de Chostakovitch sera partagée entre les honneurs et les attaques brutales, dont la plus redoutable aura lieu en 1948 lors de la campagne « anti-formaliste » de Jdanov. Au moment de la guerre, sa 7ème symphonie Léningrad a été perçue, dans son pays et dans le monde entier, comme le symbole musical de la lutte contre le nazisme. Chostakovitch a exprimé la situation tragique de son époque et la sienne propre à travers une musique que sa douleur et son ironie cruelle contribuent à faire ressentir profondément.

Son immense production, totalisant 147 numéros d’opus, aborde tous les genres, avec une prédominance de la musique instrumentale (15 symphonies, 15 quatuors, 2 trios, 1 quintette, des sonates pour violon, violoncelle, alto, des œuvres pour piano dont un cycle de 24 préludes et fugues), mais aussi de nombreux cycles vocaux (Satires, Sept mélodies sur des poèmes de Blok, Suite sur des sonnets de Michel-Ange). Il réalisa de nouvelles versions orchestrales des opéras de Moussorgski, Boris Godounov et La Kovantchina.

Professeur au Conservatoire de Léningrad, puis à celui de Moscou, il forma de très nombreux élèves dont beaucoup sont devenus des compositeurs réputés (dont Boris Tichtchenko, Kara Karaïev, Galina Outvolsakaïa) et encouragea les débuts d’Edison Denisov et de Sofia Goubaïdoulina. On lui doit l’achèvement de l’opéra de Benjamin Fleischmann, Le Violon de Rotschild. Il est l’un des compositeurs de notre temps le plus joué en concert et le plus enregistré. Son audience ne cesse de croître.

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