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Les vertus surprenantes du classicisme

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Joseph Haydn : Concertos pour violoncelle hob.VIIb : 1 et 2. Monn : Concerto pour violoncelle en sol mineur. Jean-Guihen Queyras, violoncelle. Freiburger Barockorchester. Petra Müllejans, direction. Harmonia Mundi. hmc 901816.

 

Les vertus surprenantes du classicismeDans une discographie moyennement pléthorique seulement en regard de la valeur des œuvres, cette interprétation des concertos pour violoncelle de Haydn par fera date dans l’histoire de ces œuvres. Chef et soliste ne perdent jamais de vue l’essentiel dans ce répertoire car exige un engagement vivant et enthousiaste pour éviter un ennui qui pourrait devenir souverain.

D’ennui il ne saurait être question ici puisque les artistes ne nous en laissent pas le temps. Un engagement de tous les instants, dans une démarche par ailleurs résolument classique, fait rebondir l’intérêt d’un pupitre à l’autre sans temps morts. Le Freiburger Barockorchester est un partenaire idéal, habitué à suivre un soliste dans ses moindres inflexions. On notera d’abord des tempi relativement modérés qui situent bien ces pages de Haydn a un moment de transition de son œuvre et révèlent combien ce compositeur si longtemps mal compris par la postérité a été de manière permanente à la recherche d’une originalité parfois plus révolutionnaire qu’il n’y paraît. Les grands prédécesseurs et interprètes de ces œuvres ne s’y sont pas trompés et de Rostropovitch à Bylsma, chacun a apporté sa pierre à l’édifice.

Les qualités de ce disque plaideront d’abord en faveur d’un respect amoureux du beau phrasé, de la mélodie mise en valeur dans toute son expression. A ce jeu là, le rythme et la construction pouvaient aisément devenir les « laissés pour compte » de la démarche, mais l’alchimie de la restitution permet précisément de ne pas négliger un aspect au profit de l’autre. Cette approche classique de deux chefs d’œuvre pouvait évidemment trouver une traduction plus délicate à mettre en place s’agissant du concerto de Georg Monn plus baroque de par son époque légèrement antérieure à Haydn et qui doit de toute évidence beaucoup à Corelli et Vivaldi. Les artistes ne dévient en rien de leur approche et plus d’un auditeur trouvera que cette façon posée de déclamer des notes peu connues rappelle l’art sublime de Pierre Fournier et son approche humble et respectueuse de toute œuvre musicale. Un grand disque de violoncelle dans une affiche à la fois classique et ouverte, un de ces enregistrements que l’on réécoute !

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