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Benjamin Britten : Concerto pour piano

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Benjamin Britten (1913-1976). Overture to Paul Bunyan (arr. Colin Matthews, 1977) ; Concerto pour piano opus 13 ; Johnson over Jordan (Suite, arr. Paul Hindmarsch, 1990). Joanna MacGregor, piano. London Symphony Orchestra (Overture to Paul Bunyan), English Chamber Orchestra, direction : Steuart Bedford. 1 CD Naxos 8. 557197. Enregistrements datant d’octobre 1989 (Johnson Over Jordan) et juillet 1990 (Concerto op. 13 & Overture to Paul Bunyan). Notice en anglais seulement. Durée totale : 63’43’’

 

Naxos enrichit son vaste catalogue d’un enregistrement supplémentaire en reprenant à son compte trois captations d’œuvres de Britten parues auparavant chez Collins Classics et datant de 1989 et 1990. Au cœur de cette parution se trouve le concerto pour piano op. 13. Le mouvement original « Récitatif et air », remplacé dans la version de 1945 par l’« Impromptu », est enregistré ici en première mondiale et est disposé à la fin du concerto. Il était destiné à l’origine à être intercalé entre la Valse et la Marche, respectivement deuxième et quatrième mouvements de cet opus 13.

Ecrit au cours du printemps 1938, le concerto de l’Anglais peut se placer parmi les plus grandes pages du XXe siècle pour le piano. Accompagnée par un orchestre dont la richesse des coloris peut sans complexe se comparer à celle de Ravel ou de Prokofiev, la partie soliste ménage d’innombrables ambiances et exploite les ressources de l’instrument selon différents angles. Organisé à la manière d’une suite de divertimenti, le concerto pour piano de Britten exige clairement de l’interprète un sens ludique aigu et un toucher capable de transcrire la délicatesse la plus exquise comme la vigueur la plus tonique. Ces qualités ne font jamais défaut à Joanna MacGregor qui, en termes de climat, ne « surjoue » jamais. La pianiste génère des notes qui éclosent avec une voluptueuse rondeur dans l’intime « Impromptu » et trouve un ton fort agréable dans les mouvements plus extérieurs, plus foisonnants de la pièce. Son sens du rythme et le caractère allant de son jeu ont le mérite – rare – d’y trouver beaucoup de souplesse et d’être exempts de toute monotonie. Voilà une interprète que l’on devine très à son aise dans le répertoire des russes contemporains de Britten ou dans le concerto en sol de Ravel.

Le rapport piano/orchestre entretenu avec l’, placé sous la conduite de Suart Bedford se révèle plus porté vers la fusion que vers une opposition manifeste des timbres et forces en présence. Cela est dû en partie à une prise de son certes précise et limpide, mais ne faisant état que de peu de relief. On peut le regretter, en regard de la virtuosité d’écriture débridée du compositeur. La conception de Bedford est toutefois claire et sobre est ne cherche pas d’effets inutiles. Les vents sont précis et se gardent de toutes interventions excessivement tonitruantes. Les couleurs demeurent ainsi claires, affirmées, sans éclaboussures, et permettent peut-être de dépeindre la fresque de Britten dans ce qu’elle a de plus authentique.

Le concerto op. 13, souvent enregistré, s’accompagne de deux œuvres alléchantes qu’il serait fort dommage de négliger. Cet enregistrement est auguré par l’ouverture de Paul Bunyan, une opérette composée aux Etats-Unis qui fut mal accueillies par la critique. Britten retira l’œuvre de l’affiche après la première de 1941 à New York et ce n’est qu’en 1976 que la pièce fut remontée, avec quelques modifications à la clé. L’ouverture originale était restée ignorée en 1941 déjà et, par voie de conséquence, n’est demeurée que sous la forme d’une partition pour piano. , qui a travaillé aux côtés du compositeur dans les années soixante-dix, en a réalisé une version orchestrée en tous points séduisante.

Autre premier enregistrement, la Suite datant de 1939 et écrite pour la pièce Johnson over Jordan. Cette musique rassemble des formes diverses et entraîne notamment l’auditeur dans l’univers du Jazz chaloupé façon Benny Goodman.

Signalons que ce CD est disponible dans le commerce à un prix des plus concurrentiels et que le texte de présentation, ramassé, va à l’essentiel.

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Benjamin Britten (1913-1976). Overture to Paul Bunyan (arr. Colin Matthews, 1977) ; Concerto pour piano opus 13 ; Johnson over Jordan (Suite, arr. Paul Hindmarsch, 1990). Joanna MacGregor, piano. London Symphony Orchestra (Overture to Paul Bunyan), English Chamber Orchestra, direction : Steuart Bedford. 1 CD Naxos 8. 557197. Enregistrements datant d’octobre 1989 (Johnson Over Jordan) et juillet 1990 (Concerto op. 13 & Overture to Paul Bunyan). Notice en anglais seulement. Durée totale : 63’43’’

 
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