Concours, La Scène

Concerts – Ateliers & Prix Variété ADAMI 2005

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Cabourg. Grand Casino de Cabourg. Hall de la Fresque, Salle de Bal, Théâtre à l’Italienne, Salle Marcel Proust. Les Rencontres se sont déroulées du 01-XII-2005 au 03-XII-2005. Intervenants aux Ateliers : Christian Charret, Président de Gétévé, Monique Dagnaud, sociologue et directrice de recherche au CNRS, Denys Fouqueray, Délégué général du syndicat français des artistes interprètes, Claire Giraudin, Consultante, Marie Claude Godon, Productrice et Présidente de M. C. Godon Management, Patrick Lamassoure, délégué général de la commission du Film France, Laurent Petitgirard, Compositeur et chef d’orchestre, Pascal Rogard, Directeur général de la SACD, Richard Turco, directeur du pôle Image Haute Normandie, Anne Marie Autissier, Présidente de l’Association culture Europe, Jean François Dutertre, Délégué général de l’ADAMI, Erna Hennicot Schœpges, Députée européenne et ancien ministre du Luxembourg, François Lubrano, Président, gérant et directeur de l’action culturelle de la SPEDIDAM, Dominick Luquer, secrétaire général de la Fédération Internationale des Acteurs, Laetitia Manach, Administratrice du Fond Roberto Cimetta, Richard Polacek, Consultant aux Affaires européennes, Lionel Thoumyre, Responsable Nouvelles Technologies à la Direction des affaires juridiques de la SPEDIDAM, François Benhamou, économiste, experte à la Commission européenne, Philippe Chantepie, Directeur du Département Etudes Prospective au ministère de la Culture et de la Communication, Thierry Desurmont, vice-Président du directoire de la SACEM, Jimmy Shuman, Délégué général du syndicat français des artistes interprètes, Anne Hidalgo, 1er adjointe à la Mairie de Paris, secrétaire nationale à la culture et aux médias du parti socialiste, Jean Jacques Milteau, Musicien et compositeur, administrateur de l’ADAMI, Frédérique Pfunder, chargée de mission à la consommation, logement et cadre de vie, CLCV, Christophe Stener, Secrétaire général de Hewlett Packard France, Philippe Ogouz, Président de l’ADAMI, Michael Bernardin, vice-président du conseil d’administration de l’Actors Centre à Londres, Patrick Béziers, Directeur général d’Audiens, Pierre Chesnais, ancien agent général de l’ADAMI, Fanny Cottençon, comédienne, Thierry Pariente, Conseiller technique chargé du théâtre, cirque et arts de la rue du ministère de la culture et communication, Robert Sandrey, ancien délégué général du syndicat français des acteurs, Paul Tabet, directeur de la Fondation beaumarchais. Programme des Ateliers : 1er Atelier « Les Délocalisations sont-elles une fatalité? ». 2ème Atelier « La mobilité européenne des artistes », 3ème Atelier « Culture sur Internet : Inventaire des menaces », 4ème Atelier « La Maison de l’Artiste Interprète ». Concerts et Interventions musicales en cours d’ateliers : Marie Devellereau, soprano ; Cécile Agator, violon ; Frédéric D’Oria Nicolas, piano ; Christian-Pierre Lamarca, violoncelle. Programme des concerts : Eric Satie (1866-1925) : Je te veux. Francis Poulenc (1899-1963) : Les chemins de l’amour. Gabriel Fauré (1845-1924) : Elégie pour violoncelle et piano. Frantz Schubert (1797-1828) : Sérénade. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Trio en si bémol majeur WoO39. Fritz Kreilser (1875-1962) : Liebeslied. Joseph Haydn (1732-1809) : Trio pour piano, violon et violoncelle. Maurice Yvain (1891-1965) : Yes. Francis Lopez (1916-1995) : La valse d’Eva.

VIe Rencontres Européennes des Artistes

Pour la sixième année consécutive, cette manifestation organisée par l’ADAMI invite la profession des artistes à rencontrer les différents interlocuteurs du secteur artistique ; à savoir les ministères concernés, les parlementaires, les producteurs, les juristes, les organisations européennes et internationales. Cabourg accueille ces rencontres, ville pleine d’histoire et de sensibilité, Marcel Proust y séjourna pendant huit ans. Mais c’est aussi un lieu fort agréable, d’une architecture splendide et disposant d’une digue, la plus longue d’Europe, où marcher repose et préserve du stress parisien. « Je me sens bien ici » écrivait Marcel Proust à ses amis. Philippe Ogouz, président de l’ADAMI depuis peu, a ouvert ces rencontres sur le thème « Les artistes interprètes en Europe : de nouveaux défis ». Quatre ateliers, dont les sujets, au plus prêts de l’actualité musicale professionnelle, se sont déroulés au Casino de Cabourg. Bien qu’existant depuis 6 ans, les Rencontres attirent de plus en plus de professionnels de la musique, de l’audiovisuel, comme du théâtre, désireux de compléter et affiner leurs connaissances des lois dans un secteur actuellement en très grande mutation, tant sur le plan européen que national. A l’heure où le milieu artistique français est un peu désorienté par l’éventualité d’une perte de ses acquis sociaux, ces rencontres veulent rassembler pour discuter et trouver des solutions concrètes et efficaces sur le plan européen et législatif afin de mieux organiser et préparer l’avenir des sociétés de répartition des droits aux artistes interprètes. Face à une Europe artistique et juridique en quête de sens et de repères, les ateliers ont abordé quatre thèmes majeurs : les délocalisations de l’emploi artistique, la mobilité européenne des artistes, la culture sur Internet ou l’inventaire des menaces, et la Maison de l’artiste interprète. La délocalisation des artistes permet très souvent à la production d’économiser sur son budget. Sur le plan musical européen, cela se traduit par des enregistrements de sessions d’orchestre dans les pays de l’est, principalement à Sofia. Les budgets sont alors deux fois moindres. C’est évidement le besoin d’une main d’œuvre moins chère qui pousse souvent les producteurs à délocaliser. La délocalisation au niveau musical est directement liée au financement des projets. En France, le budget consacré à la musique d’un film est d’environ 0. 5% du budget total. Cela va sans dire, à moins d’employer des synthétiseurs ou des instrumentistes sous-payés, il devient de plus en plus difficile, voire impossible, de réaliser convenablement de la musique en tirant sur les salaires de la sorte. Bien sûr, il faut noter la plus grande souplesse au niveau horaire. La législation française impose un quota d’heures travaillées par jour, ainsi que des charges salariales bien plus élevées que les autres pays de l’union européenne. Ainsi, l’harmonisation n’ayant pas encore eu lieu, le secteur de la musique de film et de publicité se trouve suspendu, au-dessus d’un vide juridique. Il est à noter que 63% des dépenses sont consacrées à l’interprétation en France. C’est ce qui coûte le plus cher au regard des autres orchestres ou troupes de spectacles à l’étranger. Les différentes solutions à cette fatalité existent. Faut-il repenser le star system? Comment élargir le rôle des sociétés civiles de gestion et répartition des droits? Quant à la mobilité des artistes, l’ADAMI propose avec le soutient formel de Mme Erna Hennicot Schœpges, membre du Parlement Européen, un projet de Fonds européen d’aide aux voyages des artistes interprètes dans l’Union européenne afin d’encourager les artistes à faire rayonner la culture de leur pays au sein de l’Union Européenne. Deux objectifs concrets, l’un est d’aider les artistes du spectacle à être programmés à l’étranger et à faire en Europe la promotion de leur travail. L’autre est de favoriser les échanges culturels et l’émergence d’un véritable marché européen du spectacle. Enfin, soutenir le sentiment de citoyenneté européenne. L’ADAMI propose d’appeler ces fonds, Fonds Da Silva, en hommage à l’action politique menée par la parlementaire européenne Mme Héléna Vaz da Silva en faveur des artistes en Europe. Les régimes de protection sociale des artistes ne sont pas encore harmonisés dans tous les pays de l’union. Aussi, la coordination des régimes est une nécessité. L’idée annoncée par Mme Erna Hennicot Schœpges d’un passeport européen de l’artiste, lui permettra de trouver rapidement l’information qu’il recherche, ou les services liés à son activité d’artiste. Enfin un vrai forum européen de la musique et des artistes à l’étranger permettra de ne pas laisser l’artiste seul et désorienté à son arrivée dans le pays étranger. Ainsi, la création d’une carte sociale unique de l’artiste voyageur est essentielle, car à l’heure actuelle, il doit en faire la demande pour tous ses voyages. Un autre point essentiel est de régler au plus vite devant le parlement européen, le problème de la double imposition. Si l’artiste joue à l’étranger, sur quel(s) pays doit-il être imposé? Non pas les deux, car cette double imposition mènerait immédiatement le système de l’intermittence à l’échec. Il y a environ 4 millions d’artistes reconnus et déclarés en Union Européenne, qui vivent de leur produit artistique. Dans l’idéal, il faudrait un regroupement d’artistes européens qui puissent jouer le rôle d’un contre pouvoir et de représentation au sein du parlement européen. Un équivalent à Greenpeace, qui pourrait défendre les droits de tous les artistes européens, mais sans créer de division comme peuvent le faire les syndicats, ne serait-ce que par leur nature. Le Fond da Silva est estimé à près de 30 millions d’euros pour environ 20. 000 artistes sur 37 pays de l’Union Européenne. Cette sorte d’agence de voyage pour musiciens couvrirait une partie ou la totalité des frais de transport à concurrence de 1500€ maximum par an et par artiste. Le 3ème atelier a abordé la question de l’inventaire des menaces d’Internet en matière de droits d’interprétation et de création. La rémunération équitable est menacée tant qu’il n’est pas signé un accord exigeant des diffuseurs de musique sur Internet de reverser un pourcentage sur la vente du produit musical en ligne. A l’heure actuelle, la capacité de stockage des supports de copie comme celle des disques durs est telle, que la rémunération perçue par les sociétés de répartitions des droits, pour pallier à la copie privée, n’est pas équitable. La menace est sérieuse. Les DRM et MTP (Digital Right Management Systems et Mesures Techniques de Protection) offrent une possibilité de gérer les rémunérations directes que sont censés percevoir les ayants droit de chaque œuvre ayant fait l’objet d’une transaction sur internet. Cette rémunération directe compensera t’elle la rémunération au pourcentage à l’achat des supports de stockage utilisée à l’heure actuelle? De plus, les sociétés de répartitions des droits ne perçoivent aucune rémunération des Webs Radios qui diffusent pourtant de la musique sur leur site !? Pour compliquer la donne, un récent arrêt de la cour de cassation a exclu du champ de la rémunération équitable les musiques incorporées à un vidéogramme, c’est-à-dire à une suite d’images animées. Il est fortement à craindre que les radios du futur et notamment les Webs Radios ne diffusent que des clips et se soustraient ainsi de verser une rémunération équitable au profit d’un droit exclusif qui serait négocié directement avec les producteurs. Même crainte d’ailleurs pour les discothèques qui diffusent de plus en plus de clips sur leur dance floor. Pour terminer, le dernier atelier aborde la Maison de l’artiste interprète. Vaste projet récurrent au sein de l’ADAMI, depuis plusieurs années, qui souhaite construire un lieu d’accueil et de ressources pour les artistes interprètes. Cette maison permettra, au-delà des services rendus aux artistes, de susciter des rencontres, de créer une communauté d’artistes qui échangeront leurs informations, leurs idées, les aidant ainsi à avancer dans leur vie et leur carrière. Elle sera basée sur Paris même. Sa principale fonction sera de pallier la solitude des artistes interprètes en leur offrant toute la palette de services répondant aux exigences de leur métier. Plus qu’une action sociale, sa raison d’être sera artistique avant tout. Elle apportera son concours aux créateurs en facilitant la présentation d’œuvres et leur interprétation dans un cadre professionnel (lectures de scénario, présentation à la presse, projections réservées aux professionnels). Sa création est prévue pour mi 2007 environ. Mais, dans tous les cas, seuls les artistes inscrits aux congés spectacles pourront être admis à la Maison de l’Artiste Interprète.

Les différentes interventions musicales des trois prix ADAMI 2005, Cécile Agator, Frédéric D’Oria Nicolas et Christian Pierre Lamarca, ont démontré une réelle maîtrise de leur technique et un extraordinaire progrès de leur talent, depuis le Festival de Prades. Notamment, pour notre violoncelliste aixois! En recherche d’une identité instrumentale, d’un son qu’il explore avec une vive sincérité, il donne une version de Elégie de Fauré, d’une extrême finesse. Les nuances sont poignantes de mélancolie et la tendresse dans le Trio en si bémol de Beethoven est sublime. Frédéric D’Oria Nicolas a présenté Soirée de Vienne n°6 et Sérénade de Schubert sous le signe d’une certaine frivolité, pour accompagner ce voyage de la Seine au Danube. Sûr, son jeu pianistique est toujours extraordinaire. Parfois, l’influence de l’école russe se fait sentir, même si la touche française est indéniablement là. C’est un pianiste doué et curieux de tout, et surtout, mêlant avec bonheur l’âme russe à l’esprit français ! Parodiant les opérettes, Marie Devellereau, voice masters de Monte Carlo en 1997, pleine de lumière, doit jouer le rôle de Mélisande dans Ariane et Barbe Bleue à l’Opéra de Nice au mois de mai 2006. C’est avec beaucoup d’entrain et de délice qu’elle a interprété La Valse d’Eva et Yes, deux chansons dans le style des opérettes françaises, légères et pleine d’humour après un Je te veux d’Eric Satie plein de malice. Cécile Agator est toujours aussi exceptionnelle dans la netteté et la justesse de son timbre. Eblouissante dans le Trio pour piano et cordes de J. Haydn, elle entame un troisième mouvement « à la cosaque » qui enlève d’un trait toute la joie et l’acclamation du public.

Enfin, lors de la soirée de clôture du 3 décembre, le prix ADAMI Bruno Coquatrix d’un montant de 20000€ a été remis à Pauline Croze, chanteuse et guitariste, pour son premier album. Choisi parmi 120 derniers projets ayant reçu une aide financière de la commission variété pour la production d’un disque, Pauline. Croze témoigne à travers ses textes d’une douceur d’herbe rouge, à la Boris Vian, jeune, frais et vif. La scène lui ouvre les bras, espérons que le public l’accompagnera dans cette aventure, et souhaitons-lui bonne chance!

Crédit photographique : © DR

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Cabourg. Grand Casino de Cabourg. Hall de la Fresque, Salle de Bal, Théâtre à l’Italienne, Salle Marcel Proust. Les Rencontres se sont déroulées du 01-XII-2005 au 03-XII-2005. Intervenants aux Ateliers : Christian Charret, Président de Gétévé, Monique Dagnaud, sociologue et directrice de recherche au CNRS, Denys Fouqueray, Délégué général du syndicat français des artistes interprètes, Claire Giraudin, Consultante, Marie Claude Godon, Productrice et Présidente de M. C. Godon Management, Patrick Lamassoure, délégué général de la commission du Film France, Laurent Petitgirard, Compositeur et chef d’orchestre, Pascal Rogard, Directeur général de la SACD, Richard Turco, directeur du pôle Image Haute Normandie, Anne Marie Autissier, Présidente de l’Association culture Europe, Jean François Dutertre, Délégué général de l’ADAMI, Erna Hennicot Schœpges, Députée européenne et ancien ministre du Luxembourg, François Lubrano, Président, gérant et directeur de l’action culturelle de la SPEDIDAM, Dominick Luquer, secrétaire général de la Fédération Internationale des Acteurs, Laetitia Manach, Administratrice du Fond Roberto Cimetta, Richard Polacek, Consultant aux Affaires européennes, Lionel Thoumyre, Responsable Nouvelles Technologies à la Direction des affaires juridiques de la SPEDIDAM, François Benhamou, économiste, experte à la Commission européenne, Philippe Chantepie, Directeur du Département Etudes Prospective au ministère de la Culture et de la Communication, Thierry Desurmont, vice-Président du directoire de la SACEM, Jimmy Shuman, Délégué général du syndicat français des artistes interprètes, Anne Hidalgo, 1er adjointe à la Mairie de Paris, secrétaire nationale à la culture et aux médias du parti socialiste, Jean Jacques Milteau, Musicien et compositeur, administrateur de l’ADAMI, Frédérique Pfunder, chargée de mission à la consommation, logement et cadre de vie, CLCV, Christophe Stener, Secrétaire général de Hewlett Packard France, Philippe Ogouz, Président de l’ADAMI, Michael Bernardin, vice-président du conseil d’administration de l’Actors Centre à Londres, Patrick Béziers, Directeur général d’Audiens, Pierre Chesnais, ancien agent général de l’ADAMI, Fanny Cottençon, comédienne, Thierry Pariente, Conseiller technique chargé du théâtre, cirque et arts de la rue du ministère de la culture et communication, Robert Sandrey, ancien délégué général du syndicat français des acteurs, Paul Tabet, directeur de la Fondation beaumarchais. Programme des Ateliers : 1er Atelier « Les Délocalisations sont-elles une fatalité? ». 2ème Atelier « La mobilité européenne des artistes », 3ème Atelier « Culture sur Internet : Inventaire des menaces », 4ème Atelier « La Maison de l’Artiste Interprète ». Concerts et Interventions musicales en cours d’ateliers : Marie Devellereau, soprano ; Cécile Agator, violon ; Frédéric D’Oria Nicolas, piano ; Christian-Pierre Lamarca, violoncelle. Programme des concerts : Eric Satie (1866-1925) : Je te veux. Francis Poulenc (1899-1963) : Les chemins de l’amour. Gabriel Fauré (1845-1924) : Elégie pour violoncelle et piano. Frantz Schubert (1797-1828) : Sérénade. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Trio en si bémol majeur WoO39. Fritz Kreilser (1875-1962) : Liebeslied. Joseph Haydn (1732-1809) : Trio pour piano, violon et violoncelle. Maurice Yvain (1891-1965) : Yes. Francis Lopez (1916-1995) : La valse d’Eva.

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