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Michael Gielen dirige Béla Bartók

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Béla Bartók (1881-1945) : Quatre pièces pour orchestre op. 12 ; Concerto pour violon et orchestre n°1 ; Musique pour cordes, percussions et célesta. Christian Ostertag, violon ; Orchestre symphonique de la SWR de Baden-Baden et Fribourg, direction : Michael Gielen. 1 CD Hännsler Classic. Reference : 93. 127. Enregistré en public en 2003 et 2004. Livret de présentation en anglais et allemand. Durée : 79’08.

 

Longtemps isolé dans ses forêts du Land de Bade-Wurtemberg, le chef d’orchestre réalise un parcours discographique fort personnel à la tête de l’Orchestre de la Radio de Baden-Baden et de Fribourg. C’est par une édition anthologique, œuvre du défunt label Intercord que l’on découvrit au milieu des années 1990 l’exceptionnelle qualité des interprétations de ce féru de musique contemporaine. Des symphonies de Mahler et une intégrale des symphonies de Beethoven (ensuite rééditée par Emi) s’imposèrent d’emblée comme des pierres angulaires de la discographie de ces œuvres. Dans le cadre d’une politique active de diffusion des enregistrements radiophoniques des formations du sud-est de l’Allemagne, le label Hänssler Classic offre aux mélomanes avertis de nombreux témoignages de dans le grand répertoire romantique (Mahler, Bruckner, Brahms) mais aussi dans des œuvres où l’on ne l’attend pas forcémentcomme celles de Scriabine, Feldman ou Ravel.

Le présent album, issu de concerts publics, est intégralement dédié à Béla Bartòk. Les Quatre pièces pour orchestre de 1912 sont l’un des chef-d’œuvres les moins connus de Bartòk. Ces quatre mouvements dénués de tout caractère hongrois séduisent par des climats rêveurs, tendus et nostalgiques. D’une hauteur d’inspiration géniale, cette partition culmine dans un scherzo motorique et une marche funèbre finale aussi évocatrice que résignée. En l’absence de la version enregistrée par un Eugène Ormady (RCA) un peu trop opulent, à la tête de l’Orchestre de Philadephie, et en oubliant quelques disques hongrois trop faibles techniquement, la maigre discographie est dominée par les deux enregistrements de Pierre Boulez à la tête de la Philharmonie de New-York (Sony) et de l’orchestre de Chicago (DGG). Ce concert, servi par une prise de son de démonstration tant en profondeur qu’en restitution des timbres, se place au même niveau. Sans atteindre la perfection instrumentale des orchestres étasuniens cités, l’orchestre de la SWR se montre d’une magnifique souplesse sous la conduite de son chef qui offre des textures d’un grand raffinement évoquant la musique de Debussy, Ravel ou Roussel. Cette vision prend tout son sens dans le rythme de valse de l’Intermezzo d’une finesse et d’une clarté fascinantes.

Le Concerto pour violon et orchestre n°1, dédié à la violoniste Stefi Geyer dont le compositeur était amoureux, se limite à deux mouvements : un Andante sostenuto assez méditatif et apaisé et un Allegro giocoso vif et brillant. Suite à la rupture entre les deux jeunes gens, Bartòk reniera sa création et le premier mouvement de cette pièce deviendra ensuite la première des deux Images pour orchestre. Le violoniste allemand Christian Ostertag qui mène une belle carrière outre-Rhin, possède la technique et la musicalité nécessaires à cette partition assez hybride et il trouve en un accompagnateur attentif et précis.

À la différence des deux partitions précédentes, la Musique pour cordes, percussions et célesta est magnifiquement servie par le disque et les références sont nombreuses : Boulez (Sony et DGG) et Karajan (EMI) par deux fois, Reiner (RCA), Dohnanyi (Decca), Bernstein (Sony), Fricsay (DGG), Kubelik (DGG), Solti (Decca), Dorati (Mercury), Mravinsky (Melodyia). Face ces enregistrements, Gielen tient plus que son rang. La grande réussite de cette interprétation réside dans un Adagio, conduit comme un drame. Cependant les deux mouvements rapides, d’une grande maîtrise technique et instrumentale manquent un peu de puissance. Ces petites réserves ne doivent pas manquer de saluer cet album essentiel à tous les admirateurs de Bartòk et indispensable à notre connaissance de l’art de Michael Gielen.

Béla Bartòk (1881-1945) : Quatre pièces pour orchestre op. 12 ; Concerto pour violon et orchestre n°1 ; Musique pour cordes, percussions et célesta. Christian Ostertag, violon ; Orchestre symphonique de la SWR de Baden-Baden et Fribourg, direction : Michael Gielen. 1 CD Hännsler Classic. Reference : 93. 127. Enregistré en public en 2003 et 2004. Livret de présentation en anglais et allemand. Durée : 79’08.

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Béla Bartók (1881-1945) : Quatre pièces pour orchestre op. 12 ; Concerto pour violon et orchestre n°1 ; Musique pour cordes, percussions et célesta. Christian Ostertag, violon ; Orchestre symphonique de la SWR de Baden-Baden et Fribourg, direction : Michael Gielen. 1 CD Hännsler Classic. Reference : 93. 127. Enregistré en public en 2003 et 2004. Livret de présentation en anglais et allemand. Durée : 79’08.

 
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