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Monique de la Bruchollerie, Grand luxe

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Joseph Haydn (1732-1809) : Sonate n°48 en ut majeur (Hob. XVI : 35). Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Fantaisie en ut mineur K. 475. Frédéric Chopin (1810-1849) : Nocturne op. 62 n°2 en mi majeur ; Valse n°11 op. posthume 70 n°1 en sol bémol majeur ; Valse n°13 op. posthume. 70 n°3 en ré bémol majeur ; Valse n°16 KK IVa n°15 en mi majeur ; Mazurka op 30 n°4 en ut dièse mineur ; Ballade n°1 op. 23 en sol mineur. Henri Dutilleux (né en 1916) : Sonate pour piano. Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Toccata (Etude op. 111 n°6) ; Franz Schubert (1797-1828) : Deux valsescaprices. Monique de la Bruchollerie, piano. 1 CD INA Mémoire Vive. Référence IMV 063. Enregistré en 1947, 1959 et 1962. Livret de présentation en français et anglais. Durée 73’20.

 

Les Clefs ResMusica

Certains artistes passent leur époque sans laisser de traces autres que dans le cœur des gens qui ont pu les entendre et les approcher. La pianiste fait partie de ces individus. Née en 1915, cette artiste décéda prématurément en 1972 des conséquences d’un accident de la route qui la tenait écartée des scènes depuis 1966. Peu présente au disque car elle n’appréciait guère le studio, il n’en fallut pas plus que pour l’Histoire, par tradition injuste, oublie cette artiste hors du commun. Virtuose hors pair, fut lauréate en 1933 du prix Pagès avec l’opus 111 de Beethoven, le Carnaval de Schumann, la 4e ballade et la Mazurka op. 50 de Chopin, le Nocturne n°7 de Fauré et Ismaley de Balakirev. Lors de tournées triomphales, elle joue le Concerto n°3 de Rachmaninov et le Concerto n°1 de Tchaikovsky avec une fougue et une énergie digne d’Horowitz. Adulée par ses confrères Sviatoslav Richter, Wilhem Kempff et Emil Gilels, c’est en Allemagne et dans les pays de l’Europe de l’Est qu’elle remporta ses plus grands triomphes. Elle se produisit souvent avec l’immense qui disait d’elle : «elle était corps et âme une musicienne. Elle représentait l’école française, mais elle était plus encore : son jeu n’était pas seulement lucide et limpide, il correspondait profondément au compositeur interprété».

Le présent album qui reprend des enregistrements de concert ne démentit pas cette réputation. Sous les doigts de , la Sonate n°48 de Haydn, n’a jamais sonné avec autant de style et d’évidence et la virtuosité ne cède rien à la facilité ou à la fatuité. On peut en dire autant de la superbe Fantaisie en ut mineur de Mozart qui, sous ses aspects bons teints, cache un drame permanent mené avec une rare élégance du toucher. Immense interprète de Chopin, l’artiste aborde ses partitions avec un naturel et un style confondant qui flatte le cœur et l’esprit. Mais le petit bijou de cet album réside dans la Sonate d’. La pianiste prend cette œuvre de jeunesse à bras le corps, telle une rapsodie qu’elle replace dans la tradition française du piano de Ravel et Debussy, en accordant une grande importance aux timbres. En bonus, le label propose deux extraits des uniques enregistrements «His master’s voice» de l’artiste : l’ébouriffante Toccata de Saint-Saens et deux Valses caprices de Schubert dans un arrangement d’Isidore Philipp, le professeur de Monique de la Bruchollerie. Comme toutes les parutions Ina mémoire vive, le livret de présentation est particulièrement soigné tandis que le transfert 24 bits 96 khz des bandes de concerts donne un nouvel éclat à cet album essentiel à notre connaissance de l’art d’une pianiste extraordinaire.

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