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Jacques Offenbach (1819-1880) : le docteur Ox. Mise en scène : Stéphan Druet ; costumes : Elizabeth de Sauverzac ; lumières : Philippe Lacombe. Avec : Aurélia Legay, Prascovia ; Jacques Gomez, Shaoura ; Sarah Jouffroy, Naia ; Sylvia Kervorkian, Alda ; Christophe Crapez, Ox ; Emmanuelle Goizé, Ygène ; Alain Trétout, M. Van Tricasse  ; Claire Delgado-Boge, Mme Van Tricasse  ; Edwige Parat, Suzel ; Karine Godefroy, Lotché ; Christophe Grapperon, Niklausse/Koukouma ; Jean-Christophe Hurtaud, M. Josse/Ararat ; Loïc Boissier, Frantz ; Laurent Bourdeaux, le dignitaire de Virgamen. Orchestre des Brigands, direction : Benjamin Lévy. Réalisation : Philippe Béziat. Enregistré en décembre 2003 au théâtre de l’Athénée Louis Jouvet. Sous titrage en français, anglais, allemand. 1DVD Tourbillon TRB001. Zone 0. 134 minutes.

 

Puisque l’actualité musicale fait la part belle à la compagnie , via la sortie de leur DVD Ta Bouche et leur nouveau spectacle Toi c’est moi, au théâtre de l’Athénée, il n’est pas inutile de revenir sur la captation DVD de leur prestation précédente, Le docteur Ox. L’intrigue est basée sur une nouvelle de Jules Verne, et raconte l’histoire de la petite ville flamande de Quiquendonne, dans laquelle tout se déroule au ralenti. Une partie d’échec dure plusieurs années, alors des fiançailles…Survient le docteur Ox, inventeur d’un gaz capable de « doubler les forces vitales », et bien décidé à l’expérimenter, déclenchant le chaos dans la paisible bourgade, encore attisé par l’irruption de la bohémienne Prascovia, à la recherche du savant qui l’a abandonnée le jour de leurs noces. Sur cette intrigue savanto-loufoque, compose une partition de la maturité (la création date de 1877, le musicien décéda en 1880) toujours aussi efficace : rythme entraînants, facilité mélodique, prédominance des airs à couplets, et bien entendu, finales endiablées en fin d’acte.

D’où vient alors ce vague sentiment d’ennui lors du visionnage du DVD? Certes pas au compositeur. On aurait plutôt tendance à dire, aux progrès effectués par , vus à rebours. Tout d’abord, la musique de Maurice Yvain supporte mieux que celle d’Offenbach la cure d’amincissement, c’est à dire la réduction à un orchestre d’une douzaine de musiciens, et même dans le cas présent, de coupures. L’orchestration du « Mozart des Champs-Élysées » est trop luxuriante pour se satisfaire d’un tel traitement. Ensuite, les décors, un peu cheap, et l’ensemble de la mise en scène de Stéphan Druet, rappellent beaucoup plus la préhistoire des « Brigands » avec ce Barbe-Bleue de 2001 dont on conserve un souvenir attendri, monté avec trois bouts de ficelle, que les chorégraphies enlevées de Ta Bouche. Et l’ensemble manque de rythme, ce qui est probablement du aux somnolents quiquendonniens, mais quand même! Nuançons toutefois : les opéras d’Offenbach, encore trop souvent considéré comme un amuseur sans envergure, sont si souvent massacrés, détournés, pris à la légère, que c’est déjà beaucoup de voir une mise en scène respectueuse de l’œuvre.

Le réalisateur Philippe Béziat a aussi modifié sa façon de faire : pour le Docteur Ox, on ne peut pas vraiment dire que les images, vraiment statiques, soient mises en valeur, et la prise de vue est un peu brouillonne. On a quelquefois l’impression, en entendant les dialogues parlés, de se trouver face à une représentation de l’antique Au Théâtre ce soir ! En ce qui concerne les voix, le problème est inverse, ou peut-être simplement différent. On serait tentée de dire qu’elles sont plus intéressantes, si ce n’est qu’ayant entendu ne serait-ce que Sébastien Lemoine dans d’autres productions que Ta Bouche, on ne peut qu’arriver à la conclusion Qu’offenbach sait mieux les mettre en valeur.

L’effectif des Brigands a bien changé en quelques années, et s’est détaché des . Exit Edwige Parat, , , et de la troupe des débuts ne reste quasiment que son fondateur, . Et pourtant les belles voix que voilà! Et si justes de ton, si parfaitement à l’aise dans la bouffonnerie offenbachienne! Le rôle rajouté de la bohémienne Prascovia fût écrit pour Anna Judic, nouvelle égérie d’Offenbach, qui venait de reprendre avec succès La Belle Hélène, et à qui le compositeur dédia la partition. Il ne nécessitait rien moins que le timbre riche et joliment timbré de la talentueuse . Excellent également, dans le rôle-titre. Belle présence d’, assistante d’Ox, Ygène (sic!) à l’origine personnage masculin.

Alors, quelle raison urgente de se précipiter sur ce DVD? Une troupe sympathique, et plus que tout, un Offenbach inédit, jamais redonné depuis plus de cent-vingt ans. A écouter plus qu’à regarder, cependant.

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Jacques Offenbach (1819-1880) : le docteur Ox. Mise en scène : Stéphan Druet ; costumes : Elizabeth de Sauverzac ; lumières : Philippe Lacombe. Avec : Aurélia Legay, Prascovia ; Jacques Gomez, Shaoura ; Sarah Jouffroy, Naia ; Sylvia Kervorkian, Alda ; Christophe Crapez, Ox ; Emmanuelle Goizé, Ygène ; Alain Trétout, M. Van Tricasse  ; Claire Delgado-Boge, Mme Van Tricasse  ; Edwige Parat, Suzel ; Karine Godefroy, Lotché ; Christophe Grapperon, Niklausse/Koukouma ; Jean-Christophe Hurtaud, M. Josse/Ararat ; Loïc Boissier, Frantz ; Laurent Bourdeaux, le dignitaire de Virgamen. Orchestre des Brigands, direction : Benjamin Lévy. Réalisation : Philippe Béziat. Enregistré en décembre 2003 au théâtre de l’Athénée Louis Jouvet. Sous titrage en français, anglais, allemand. 1DVD Tourbillon TRB001. Zone 0. 134 minutes.

 
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