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Le Mahler original et élégant d’Ivan Fischer

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Gustav Mahler (1860-1910) : Symphonie n°6 « Tragique » en la mineur. Orchestre du Festival de Budapest, direction : Iván Fischer. 1 SACD Hybride Channel Classics CCS SA 22905. Enregistré au Palais des Arts, Budapest en février 2005. Notice en français, anglais et allemand. Durée : 78’49

 

Après avoir fait les beaux jours de Philips, c’est désormais pour le dynamique label néerlandais Channel Classics qu’ et son  enregistrent leurs disques. Spécialiste du répertoire mittel-européen, fondateur de la Société Mahler Hongroise, directeur du Festival Mahler de Budapest, il était logique qu’Ivan Fischer se décide enfin à laisser une trace dans la discographie mahlérienne.

Dans le livret de présentation (qui présente quelques photos du tout nouveau Palais des Arts de Budapest, une salle qui semble somptueuse), le chef nous confie son amour pour la musique de (c’est assez convenu!), mais surtout ses doutes sur l’interprétation, notamment concernant le placement de l’Andante et du Scherzo. La solution au problème a été trouvée d’une manière assez originale, puisque durant la tournée qui a précédé l’enregistrement, on a changé l’ordre des deux mouvements à chaque concert, pour trancher finalement en faveur de la disposition à la mode actuellement : andante puis scherzo. Nous avons déjà dit notre gêne devant cet agencement qui modifie profondément nos habitudes d’écoute, mais il semble qu’il va bien falloir s’y faire, et dans cet enregistrement, l’enchaînement entre l’Allegro initial et le mouvement lent est plutôt naturel et réussi.

Ce disque plaira avant tout aux amateurs d’un Mahler élégant et raffiné, fait de sobriété, de fluidité et de beauté orchestrale. On regrettera un premier mouvement démarrant de façon trop attentiste, manquant de poids et d’implication, guère hargneux, et dont l’énergie ne se libère véritablement que dans la deuxième partie. La suite est par contre bien plus convaincante avec un andante qui ne traîne pas, aux textures merveilleusement transparentes, dont le climat hésitant et irréel contraste très justement et de manière assez inédite avec les fracas du mouvement précédent. Très inspiré également, le Scherzo, bien plus musclé et décidé que le premier mouvement, mais toujours d’une lisibilité parfaite, avec un scherzo très fin, dont on dirait que les notes sont comme saupoudrées par le chef. Toutes ces qualités des deux mouvements intermédiaires ne seraient rien si elles n’aboutissaient à un grand mouvement final, tendu, cinglant et cravaché, sans plus cette sorte de « désir de plaire » qui semble imprégner le premier mouvement, mais également de manière plus diffuse et ténue les deux suivants.

Au final, on a ici un disque original, superbement enregistré, qui semble être le premier volume d’une intégrale qui pourrait se poursuivre avec la Symphonie n°2. Notre préférence continuera à aller à la version démesurée de Leonard Bernstein avec le Philharmonique de Vienne (DG), et à l’épure de Pierre Boulez avec le même orchestre (DG), mais cette version Fischer, pour son élégance et sa clarté est de celles auxquelles on retournera volontiers.

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Gustav Mahler (1860-1910) : Symphonie n°6 « Tragique » en la mineur. Orchestre du Festival de Budapest, direction : Iván Fischer. 1 SACD Hybride Channel Classics CCS SA 22905. Enregistré au Palais des Arts, Budapest en février 2005. Notice en français, anglais et allemand. Durée : 78’49

 
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  • Michel LONCIN

    « Se faire » à l’inversion des mouvements centraux (Andante avant le Scherzo) … ? JAMAIS !!! Ce qui est une mode déplorable actuellement peut très bien changer à la prochaine génération et l’on peut revenir à l’ordre normal, « EVIDENT », Scherzo PUIS Andante !!!

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