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Un album taillé sur mesure

À emporter, CD, Opéra

Arrigo Boito ( 1842-1918 ) : Mefistofele. Avec : Boris Christoff, Mefistofele ; Giacinto Prandelli, Faust ; Orietta Moscucci, Margherita. Orchestre et Chœur de l’opéra de Rome, direction : Vittorio Gui. 2 CD Urania. Références : URN 22. 285. Enregistré en 1955. Durée : 114 minutes 44.

 

De toutes les mises en musique du mythe de Faust celle de Boito est sans doute la plus ignorée et peut-être la plus faible. Passés le Prélude au ciel et le grand air de Marguerite au cachot, l’ensemble de la partition a bien du mal à rester au niveau. Le présent enregistrement a de toute évidence été conçu pour celui qui incarnait Philippe II, Boris Godounov ou Telramund comme personne : le grand . Egalement produit typique de la radio italienne de cette période ; une distribution construite autour d’une star, un chef de bon aloi et l’opéra de Rome capté pour la circonstance par les ondes officielles de la RAI pour Columbia.

Que reste-t-il de ces amours datées? Un Christoff tout d’abord qui « écrase » l’enregistrement de sa présence, favorisé par une prise de son qui le met nettement en avant. Christoff n’a guère besoin de forcer le trait dans un rôle où il faut de toute évidence en « faire beaucoup ». Son Mefisto est tour à tour séducteur et terrifiant, piquant et sournois. Son approche très « premier degré » s’imposer sans problème auprès de ceux (et ils sont nombreux) pour qui Christoff reste la plus belle basse de tous les temps. Nicolaï Ghiauvov a signé au milieu des années 80 une excellente version pour Decca, mais qui n’atteint jamais les sommets de Christoff et ne peut se mesurer aux accents épiques, au timbre « sépulcral » de son illustre aîné.

Giancinto Prandelli et Orietta Moscucci respectivement Faust et Marguerite faisaient office d’excellents seconds couteaux sur les scènes italiennes de ces années là. Il s’agit donc d’un témoignage du temps, d’un document historique proposé dans de bonnes conditions techniques, d’une bonne version de répertoire enlevée et bien menée, le métier tenant parfois lieu de génie.

En complément de l’album, quelques airs du grand répertoire ( Faust, Boris, Don Carlos ) enregistrés par en 1949 à Londres et dirigés par le Karajan des grandes années ; celui qui savait mieux que d’autres accompagner les chanteurs et « sentir » leurs inflexions.

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