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Anna Moffo [Wayne (Penn.), 27 juin 1932 – New-York, 11 mars 2006]

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La belle voix de la soprano américaine s’est éteinte le vendredi 11 mars 2006 à l’âge de soixante-treize ans.

La beauté plastique d’ a failli la porter loin des scènes d’opéra pour la confiner dans les studios d’Hollywood. Mais, dès son plus jeune âge, elle tourne le dos à ce miroir aux alouettes pour lui préférer l’art lyrique. Elle étudiera le chant au Curtis Institute of Music de Philadelphie avant de poursuivre sa formation auprès de la fameuse Academia Santa Cecilia de Rome, travaillant comme assistante dans un laboratoire de radiologie et comme dactylo pour subvenir à ses besoins!

Elle débute en 1955, à Spoleto, dans le rôle de Norina (Don Pasquale). Sa voix chaude, lyrique et puissante attire l’attention des critiques, tout comme sa beauté. Forte de ses moyens vocaux et physiques, elle va être engagée pour figurer dans le rôle titre d’un film de Madama Butterfly de Giacomo Puccini pour la Télévision italienne. Une apparition qui va en faire une star en Italie. D’autres prestations télévisuelles la montreront dans Lucia di Lammermoor et dans La Fille du Régiment de Gaetano Donizetti. En 1955, elle débute sur la scène du Festival d’Aix-en-Provence en incarnant Zerlina dans Don Giovanni de Mozart. La Scala de Milan l’accueille en 1957 pour chanter Nanetta dans Falstaff de Giuseppe Verdi. Un rôle qu’elle reprend la même année au Lyric de Chicago après avoir fait ses débuts américains sur cette même scène en chantant Mimi de La Bohème de Giacomo Puccini.

C’est au Metropolitan Opera de New-York qu’échoit la tâche de l’engager dans La Traviata de Giuseppe Verdi, qui va devenir l’un des rôles fétiches de la soprano. Elle chantera Violeta plus de neuf cents fois dans sa carrière!

Mais l’Italie la réclame comme une italienne de souche. De 1960 jusqu’en 1973, elle est l’animatrice d’un spectacle hebdomadaire de la télévision nationale, « The Anna Moffo’s Show ». Allant jusqu’à en oublier sa nationalité américaine, Anna Moffo est si populaire qu’elle saura être élue comme l’une des 10 plus belles femmes d’Italie. Cette gloire télévisuelle et des magazines « people » ne l’éloigne pour autant pas des scènes lyriques du monde entier. Elle revient au Metropolitan Opera de New-York pour, pendant la saison 1960-1961, y chanter Gilda de Rigoletto, Adina de L’Elisir d’Amore ou encore Liu de Turandot aux côtés de Birgit Nilsson et de Franco Corelli.

En 1974, de gros problèmes vocaux la tiennent éloignée de la scène pendant près de deux ans. A son retour, sa voix s’est considérablement modifiée. Elle aborde alors des rôles plus dramatiques. Ainsi elle aborde Leonora de Il Trovatore jusqu’au rôle-titre de Norma en 1991.

Dans une interview de Times parue en 1977, elle avoue « s’être ruiné la santé, en voyageant beaucoup trop, en accumulant trop d’activités. J’étais impliquée à l’opéra, dans le cinéma, à la télévision. Psychologiquement, je me sentais très mal. Toujours loin, toujours seule. Mais, je ne pense jamais avoir mal chanté jusqu’au moment où je me suis sentie trop fatiguée ».

Anna Moffo laisse derrière elle un grand nombre d’excellents enregistrements d’opéra. Pour avoir une belle idée de sa voix splendide, penchez-vous peut-être sur cette superbe version des « Chants d’Auvergne » de Canteloube, des « Bachanias Brasileiras n°. 5 » de Villa-Lobos et un sublime « Vocalise, op. 34, n° 14 » de Rachmaninoff sous la direction de Léopold Stokowski. (RCA GD 87831).

Les critiques du chant auront tous les qualificatifs pour cataloguer la voix d’Anna Moffo mais, quels que soient leurs arguments, l’effet de cette magnifique vocalité sur le public reste au-delà du jugement analytique. Ainsi, dans un billet paru sur un site Internet, un de ses admirateurs n’hésite pas à comparer la voix d’Anna Moffo à celle d’Eros alliant « timbre sensuel, intonations alanguies, entreprise de séduction, le comble de l’érotisme étant atteint lors des passages d’une note aiguë vers une note grave ». Un bel hommage à un amour disparu.

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