Peter Rösel, puissance et concentration

À emporter, CD, Musique symphonique

Sergueï Prokofiev (1891-1953) : Concerto pour piano et orchestre en sol mineur op. 16 ; Igor Stravinsky (1882-1971) : Capriccio pour piano et orchestre, Circus polka, trois mouvements de Petrouchka. Piano : Peter Rösel, Rundfunk-Sinfonie-Orchester Leipzig, direction : Heinz Bongartz (Prokofiev), Dresdner Philharmonie, direction : Hebert Kegel (Stravinsky). 1 CD Berlin Classics. Référence 0013662BC. Notice de présentation en allemand et en anglais. Durée : 70’10

 

Puissance et concentrationTrès actif en Allemagne, le pianiste est assez peu connu dans le monde francophone. Pourtant son legs discographique essentiellement enregistré par le label Eterna (aujourd’hui Berlin Classics) du temps de la RDA comporte de grandes merveilles comme ses intégrales des concertos de Beethoven (sous la direction de Claus-Peter Flor) et de Rachmaninov (avec le grand Kurt Sanderling). Fascinant par la rigueur de son approche et ses choix interprétatifs, ce pianiste formé à la solide école russe de Dimitri Bachkirow et Lev Oborin, donne dans ces œuvres une véritable leçon de musicalité et d’humilité.

Le label Berlin Classics édite enfin, dans sa collection « références » destinée aux enregistrements les plus importants de son imposant catalogue, sa vision du concerto n°2 de Serge Prokofiev. Partition démesurée et ultra-virtuose, ce concerto est certainement le plus génial et visionnaire de son auteur. Seul un virtuose et un musicien hors pair peut rendre les différentes facettes de cette œuvre, tandis que l’orchestre se doit d’être au diapason du soliste tout en restant incisif et cursif. séduit par sa hauteur de vue : aidé d’une technique hors pair, il sait créer des climats fantomatiques et des sursauts éclatants et il évite ainsi la virtuosité gratuite qui plombe souvent cette partition. Chef d’orchestre bien oublié, le vénérable tisse un fabuleux écrin au jeu de son soliste. Son orchestre radio symphonique de Leipzig fait preuve d’une virtuosité et d’une puissance capables de rivaliser avec la partie de piano. Dans une discographie écrasée par l’enregistrement d’Alexandre Torazde et de Valery Gergiev (Philips), cette version « historique » tire largement son épingle du jeu.

Le Capriccio pour piano et orchestre avait déjà été réédité par le label allemand au sein d’un album assez décevant dédié à Stravinsky sous la direction d’. La précision du jeu de Rösel et l’accompagnement du chef d’orchestre rendent bien l’esprit néo-classique de cette partition. Même si dans l’absolu, la version enregistrée par Paul Crossley et Esa-Pekka Salonen (Sony) pousse encore plus loin l’ironie stravinskienne, cet enregistrement n’a quasiment pas de concurrence. On sera un peu plus réservé sur les partitions pour piano seul, la technique est certes éclatante mais le jeu un peu trop raide pour ces œuvres.

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