Kantorow et Ueda : Les sonates oubliées de Strauss et de Prokofiev

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Richard Strauss (1864-1949) : Sonate pour violon et piano en mi bémol majeur opus 18. Serge Prokofiev (1891-1953) : Sonate pour violon et piano n°1 en fa mineur opus 18. Haruko Ueda, piano. Jean-Jacques Kantorow, violon. 1 CD Integral Classic 221. 147. Notice bilingue (français-anglais). TT : 53’09’’

 

Nous ne cacherons pas notre plaisir d’entendre une nouvelle parution discographique de , actuellement, entre autre, professeur au CNSMD de Paris. Un petit retour dans sa biographie s’impose pour se remettre en mémoire un des grands violonistes de notre époque.

Sorti du prestigieux Conservatoire de la rue de Madrid à Paris dans les années soixante avec un Premier Prix à l’age de quatorze ans, tout le long de sa prestigieuse carrière de violoniste non seulement virtuose reconnu dans le monde entier, il est aussi devenu chef d’orchestre. Sachant s’investir durant dix ans pour faire vivre musicalement une région désertée en musique comme l’Auvergne, il en a pris la charge tout en assurant une chaire de professeur au Conservatoire Royal de La Haye. Sans pourtant oublier de parcourir le monde à raison d’une centaine de concerts par an, ce musicien trouve le temps d’écouter ses élèves et leur insuffler l’essence artistique nécessaire au dur métier d’artiste. Mis sur un piédestal au plus tôt de sa carrière par Glenn Gould qui dira de lui : «  est un grand du violon, un talent époustouflant, le violoniste le plus prestigieusement original de cette génération que j’ai entendu ». Il a su garder la tête froide et honorer ce vœu.

La talentueuse pianiste a été formée entre autres par Vlado Perlemuter et Théodore Paraskivesco, primée en 1986 au Concours Long-thibaud, elle développe dans sa vie artistique des rencontres musicales avec par exemple Pavel Vernikov, Olivier Charlier, Bruno Pasquier ou encore Tsuyoshi Tsutsumi, Michel Arrignon et Jean Jacques Kantorow lors des concerts donnés au Japon.

Nos deux musiciens ont choisi des œuvres dans lesquelles la connivence artistique est au rendez-vous sans avoir à prouver une reconnaissance médiatique. Nous ne sommes pas habitués à entendre un dans un répertoire de musique de chambre. Cette sonate dut attendre 10 ans dans les tiroirs de l’auteur pour aboutir. Celle-ci n’est pas si souvent donnée, et nos deux musiciens savent prendre ce risque, bien que d’une écriture post romantique qui nous semblerait insipide par d’autre, nous sommes sous le charme de l’amitié artistique. La Sonate n°1 de est aussi souvent exclue des enregistrements ou des récitals de concert, pourquoi ? Alors ne gâchons notre plaisir d’écouter deux artistes qui osent. Aurons-nous l’occasion de les entendre sur scène ? Dans tous les cas nous serons au rendez-vous.

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