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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Die Zauberflöte. Avec : Isolde Siebert, Königin der Nacht ; Suzie Leblanc, Pamina ; Christoph Genz, Tamino ; Cornelius Hauptmann, Sarastro ; Stephan Genz, Papageno ; Marie Kuijken, Papagena ; Philip Defrancq, Monostatos ; Stephan Schreckenberger, Sprecher. Chœur et Orchestre de La Petite Bande, direction : Sigiswald Kuijken. 3 CD Amati ami 2301/3. Enregistré au Festival International d’Opéra Baroque de Beaunes les 2 et 4 juillet 2004. Notice de présentation en anglais, allemand et français. Texte chanté en allemand, anglais et français. Durée : 157’41mn

 

amati_flute-300x256Une nouvelle Zauberflöte baroque, une ! Après Norrington, Östman, Gardiner et Jacobs, voilà qui s’y frotte, au Festival de Beaunes. Et le résultat est là ! Sa Petite Bande, avec sa sonorité acérée, proche de celle du Concerto Köln (et assez éloigné en cela du Drottningholm Court Theatre Orchestra dirigé par Arnold Östman), est superbe de précision et de vélocité, ne reculant devant aucun des dangers dont Mozart a truffé sa partition d’orchestre.

Le chœur fait lui aussi preuve des mêmes qualités : homogénéité et articulation parfaites, souplesse…, tout y est. Il fait même parfois penser aux chœurs antiques destinés à commenter l’action se déroulant sur scène.

Quant aux solistes, ils sont tous parfaits, l’idée originale étant d’avoir confié les rôles de Tamino et Papageno aux frères Genz (comme Peter Sellars distribua naguère Don Giovanni et son valet aux frères Eugène et Herbert Perry). est un Tamino presque idéal (presque, à cause de ses aigus trop prudents), subtil mélange d’héroïsme et de sensibilité. Son frère, , est un adorable Papageno, émouvant et attendrissant. Et la complicité qu’ils entretiennent l’un avec l’autre ne gâche rien, bien au contraire.

Les Trois Dames sont parmi les plus ressemblantes de la discographie, leurs voix se fondant à merveille les unes dans les autres, permettant enfin à un véritable trio de sœurs jumelles d’exister. Les Trois Garçons sont incarnés, comme la plupart du temps, par trois petits chanteurs du Tölzer Knabenchor.

Le Sarastro de Cornelius Hauptmann (déjà immortalisé par le disque dans la version Norrington et par le DVD Arthaus de la représentation du Ludwigsburger Schlossfestspiele avec, entre autres, le regretté Deon van der Walt, Andrea Frei et Ulrike Sonntag), est honorable, mais pas irremplaçable. Manquant parfois de creux et de profondeur pour ce rôle de basse… profonde, il reste en cela un peu léger face à ses illustres prédécesseurs Martti Talvela et Kurt Moll. La Reine de la Nuit d’Isolde Siebert fait ses notes, très bien même, mais de façon un peu mécanique et possède un timbre relativement pauvre en couleurs et peu sensuel, ce qui est dommage dans le premier air, le second étant, en revanche, mieux réussi, mais manquant de fureur et de mordant dans les aigus (par rapport à des furies comme Cristina Deutekom ou Edda Moser).

Mais la perle de cet enregistrement reste  : timbre lumineux, délicatesse inouïe et sensibilité à fleur de peau, voilà une Pamina directement émouvante comme on en rencontre peu. Sa façon de chanter le rôle est aussi « baroque » qu’il est possible de le chanter, sans portamenti superflus, sans épanchements romantiques. Tout ici est simple, direct et peu vibré (en cela elle se montre une digne héritière de Barbara Bonney). Les amateurs du genre adoreront et verseront au moins une larme à l’écoute de son « Ach ich fühl’s », déchirant de simplicité et de sincérité. Rien que pour sa présence, ce disque est un joyau que tout amoureux de Pamina se doit de posséder. Reste qui emmène tout son petit monde avec amour et sincérité.

Sincérité et simplicité, voilà les maîtres mots de ce coffret. Ici, rien ne sent la réflexion profonde (ce qui n’est absolument pas péjoratif), ni chez le chef, ni chez les chanteurs. A l’inverse, on les sent tous guidés par leur sensibilité, ce qui donne, à l’arrivée, un Mozart comme on aimerait en entendre plus souvent, proche de chaque auditeur, sans distanciation aucune. Et c’est sans doute pour cela que cet enregistrement semble aussi sincère vis-à-vis de la musique du divin Wolfgang : parce que la loi qui y domine, c’est celle du cœur.

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Die Zauberflöte. Avec : Isolde Siebert, Königin der Nacht ; Suzie Leblanc, Pamina ; Christoph Genz, Tamino ; Cornelius Hauptmann, Sarastro ; Stephan Genz, Papageno ; Marie Kuijken, Papagena ; Philip Defrancq, Monostatos ; Stephan Schreckenberger, Sprecher. Chœur et Orchestre de La Petite Bande, direction : Sigiswald Kuijken. 3 CD Amati ami 2301/3. Enregistré au Festival International d’Opéra Baroque de Beaunes les 2 et 4 juillet 2004. Notice de présentation en anglais, allemand et français. Texte chanté en allemand, anglais et français. Durée : 157’41mn

 
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