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Johannes Brahms (1833-1897). Trio n°1 en si majeur op. 8 ; Trio n°2 en ut majeur op. 87 ; Trio n°3 en ut mineur op. 101 ; Quatuor avec piano n°1 en sol mineur op. 25. Trio Wanderer : Vincent Coq, piano ; Jean-Marc Philips-Varjabédian, violon ; Raphaël Pidoux, violoncelle. Christophe Gaugué, alto. 2 CD Harmonia Mundi. HMC 901915.16. Enregistré en 2006. Livret documenté signé Guido Fisher. Durée 2h05’.

 

Sorti au mois de juin dernier, le tout nouveau «  » était attendu comme un grand événement dans le milieu des fans de la formation mais aussi par les adorateurs de la musique de chambre de Brahms. Au gré de son inspiration, la talentueuse formation enchaîne les enregistrements des plus grands trios. Après Schubert, Saint-Saëns, Chostakovitch, … C’est au tour de l’œuvre de d’être analysée, fouillée, travaillée pendant de longues heures puis restituée d’une façon aussi sérieuse que soignée dans un esprit de saine décontraction. Lorsque l’on se côtoie depuis près de vingt ans, les automatismes s’aguerrissent, chacun apportant à l’ensemble, l’équilibre et l’harmonie indispensable à un travail parfait. Ces artistes se connaissent bien, s’apprécient mutuellement et donnent au fil des années à leur formation cette espèce de « force tranquille » qui les place au sommet de l’Art pour un bon bout de temps. C’est aussi cela que nous apprécions chez eux, la constance du talent et de l’humilité vis-à-vis des grandes œuvres du répertoire.

Le premier Trio n°1 écrit en 1854 a été créé en 1855 à New York puis est vite tombé dans l’oubli avant que le compositeur ne décide, quarante ans plus tard, de le reprendre entièrement et de l’écourter du tiers. C’est bien entendu cette version épurée qui nous est donnée ici. Pendant l’été 1880, Brahms entreprend l’écriture de deux autres trios dont un seul ne restera pas à l’état de fragments, le Trio n°2 qui reçut les éloges de Clara Schumann « Quelle œuvre splendide, dans laquelle chaque motif semble en faire jaillir d’autres ». Créé en 1882, c’est le compositeur lui-même qui tenait la partie de piano. Contrairement au Trio n°1, rien n’y est superflu et nous assistons au fil des mouvements à l’évocation de différents tableaux où les rythmes percutants, la métamorphose des sons et des timbres, les contrastes entre des moments énigmatiques ou plus solennels entraînent l’auditeur dans une rêverie ponctuée de la découverte de nouveaux lieux imaginaires. Composé dans la même veine, le Trio n°3 op. 101, écrit pendant l’été 1886, montre un Brahms rajeuni. Même s’il est dans les dernières années de sa vie et que sa musique s’assombrit globalement, l’exercice du trio lui redonne la passion des tonalités majeures !

Pour ne pas être en reste, les artistes ont aussi travaillé le Quatuor en sol mineur n°2 avec l’aide du maintenant très fidèle à l’alto, qui permet à la formation de s’ouvrir des mondes nouveaux en augmentant son effectif. L’artiste a déjà participé à l’enregistrement du Quintette « La Truite » de Schubert en compagnie des Wanderer qu’il accompagne régulièrement dans les plus grands festivals. L’équipe étant renouvelée, il ne reste plus qu’à écouter.

Esquissé en 1855 et terminé en 1861 en même temps que deux autres quatuors, le Quatuor en sol mineur reçut un accueil très mitigé des critiques lors de sa création à Hambourg le 16 novembre 1861. Il est probable que l’on n’ait pas bien saisi l’importance accordée par le compositeur au développement des idées musicales par le biais des modulations… Schœnberg s’en inspirera plus tard et l’orchestrera en 1937 en intitulant son adaptation « la 5e de Brahms » !

Si vous êtes un inconditionnel de Brahms, du , de , de la musique de chambre ou de la musique tout simplement, il est encore temps de vous procurer ce double CD mais… Ne tardez pas trop !

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Johannes Brahms (1833-1897). Trio n°1 en si majeur op. 8 ; Trio n°2 en ut majeur op. 87 ; Trio n°3 en ut mineur op. 101 ; Quatuor avec piano n°1 en sol mineur op. 25. Trio Wanderer : Vincent Coq, piano ; Jean-Marc Philips-Varjabédian, violon ; Raphaël Pidoux, violoncelle. Christophe Gaugué, alto. 2 CD Harmonia Mundi. HMC 901915.16. Enregistré en 2006. Livret documenté signé Guido Fisher. Durée 2h05’.

 
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