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Le violon de Ravel : Si tôt Tosi

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Maurice Ravel (1875-1937) : Sonate posthume pour violon et piano  ; Vocalise en forme de habanera (transcription pour violon et orchestre)  ; Valses nobles et sentimentales n°6 et n°7 (transcription pour violon et orchestre)  ; Tzigane ; Sonate pour violon et piano ; Berceuse sur le nom de Gabriel Fauré ; Kaddish (transcription pour violon et orchestre par le compositeur). Diego Tosi, violon ; Nathalie Juchors, piano ; Annette Abscheidt, harpe. La Camerata de France. 1 CD Disques du Solstice SOCD 235. DDD. Enregistré au Conservatoire National de Région de Perpignan, en juillet 2006. Notice très détaillée de Jacques Bonnaure (français-anglais). Durée : 55’25.

 

A la devinette « Je suis un compositeur célèbre du tournant du XIXe et du XXe siècle, j’ai composé de la musique pour violon inspirée des styles tour à tour français, espagnol, bohémien et juif, qui suis-je ?», qu’auriez-vous répondu? , jeune violoniste talentueux âgé de tout juste 25 ans, nous donne la solution, et il en fait un disque : .

Au fil des œuvres, il se confirme qu’à l’instar de l’ensemble de la création du compositeur, il n’y a pas un mais deux Ravel. L’un est exotique, habité de sortilèges et de rêverie, ici représenté par la Vocalise en forme de habanera, Tzigane et Kaddishtoutes pièces avec accompagnement d’orchestre de chambre à cordes – l’autre est austère et ascétique, la Sonate posthume (composée en 1897, elle ne fut éditée qu’en 1975) et la Sonate de 1927, et de manière générale les œuvres pour violon et piano. Le jeu net et carré de en fait ressortir la dimension intellectuelle au détriment de la séduction, y compris dans la Berceuse, ou dans le deuxième mouvement de la Sonate pourtant intitulé Blues. La prise de son qui met le piano un peu trop en avant n’arrange rien.

Le charme opère en revanche pour les trois pièces « exotiques », précisément parce que est naturel. Il joue avec simplicité, sans affectation ni recherche d’effets, ce qui est pourtant terriblement tentant quand on aborde des territoires musicaux aussi colorés que le très virtuose Tzigane, ou émotionnels que le Kaddish, qui est une magnifique prière des morts. Retenir l’attention par le naturel, voilà qui n’est pas aisé. Et c’est sans doute ce même naturel qui explique l’attention quasi maternelle que porte Yvette Carbou, la directrice de Solstice, à Diego Tosi. Avec ce Violon de Ravel, elle lui offre déjà son troisième disque, après un premier consacré à et un deuxième couvrant des compositeurs contemporains aussi antagonistes que Boulez et Xenakis. Trois disques à cet âge c’est une chance rare, une chance méritée.

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