Artistes, Instrumentistes, Portraits

Décès du hautboïste Pierre Pierlot (Paris, 26 avril 1921 – Paris, 9 janvier 2007)

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« Une chose curieuse ». Voilà ce que répondait quand on lui demandait pourquoi il s’était lancé dans l’étude du hautbois.

Bien que né à Paris, suit sa famille qui s’installe peu après sa naissance à Avenne-sur-Helpe, près de Valenciennes. Son père, pâtissier, était un mélomane qui aimait particulièrement se rendre aux représentations de l’Opéra-Comique. Après avoir hésité à apprendre la flûte traversière, le jeune Pierlot opte à l’age de 12 ans pour le hautbois, qu’il étudie auprès de Gaston Longatte au Conservatoire de Valenciennes. En 1936 il entre au Conservatoire de Paris dans la classe de Louis Bleuzet, d’où il sort cinq ans plus tard auréolé de deux prix (hautbois et musique de chambre). Si l’» Ecole française » de vents était déjà illustre à l’époque (avec des personnalités telles que Philippe Gaubert et Marcel Moyse à la flûte ou Hyacinthe Klosé pour la clarinette) celle-ci ne reposait que sur un bagage technique et offrait un répertoire limité, si ce n’est les solos d’orchestre. Avec ses contemporains Jean-Pierre Rampal et Aurèle Nicolet (flûte), Jacques Lancelot et Ulysse Delécluse (clarinette) et Paul Hongne et Maurice Allard (basson) il n’a de cesse de susciter auprès des compositeurs du XXe siècle de nouvelles pièces pour les instruments à vent.

Lauréat après-guerre des concours de Genève, Munich et Budapest, il fonde en 1946 le Quintette à vents Français, avec Jean-Pierre Rampal (flûte), Jacques Lancelot (clarinette), Paul Hongne (basson) et Gilbert Coursier (cor) tout en étant hautbois solo de l’Orchestre de l’Opéra-Comique. En 1949 il crée avec les Concerts Lamoureux la Symphonie concertante pour hautbois et cordes de Jacques Ibert. En 1952, avec l’aide du claveciniste Robert Veyron-Lacroix, il crée l’Ensemble baroque de Paris et fait découvrir tout un répertoire alors oublié. Il participe à de nombreux enregistrements d’œuvres des XVIIe et XVIIIe siècles aux coté des ses amis Rampal et Veyron-Lacroix, et collabore régulièrement à ce titre avec le trompettiste Maurice André. Il travaille aussi avec d’autre « pionniers » du répertoire baroque, tels Jean-François Paillard, Claudio Scimone ou Kurt Redel, tout en assurant plusieurs créations contemporaines, dont les concerts de Darius Milhaud (1958) et Henri Tomasi (1959).

Lors de la dissolution de l’Orchestre de l’Opéra-Comique en 1972, il intègre l’Orchestre de l’Opéra de Paris, toujours en tant que hautbois solo. L’année précédente il avait été nommé professeur de musique de chambre au Conservatoire de Paris, avant de récupérer en 1974 la chaire de hautbois, en remplacement d’Etienne Baudo (le père du chef d’orchestre Serge Baudo). Pendant ses 12 ans d’enseignement, pas moins de 47 élèves ont été couronnés d’un Premier Prix, dont Michel Benet (hautbois solo de l’Orchestre de Paris), David Walter (membre du Quintette Moraguès, professeur au CNSMDP et à la Guidhall School de Londres), Jean-Louis Capezzali (hautbois solo de l’Orchestre Philharmonique de Radio-France, professeur au CNSM de Lyon), Pascal Saumon (hautbois solo de l’Orchestre National de France), Jacques Tys (hautbois solo de l’Opéra de Paris et professeur au CNSMDP), François Leleux (ancien hautbois solo de l’Orchestre de la Radio Bavaroise, membre de l’octuor à vent Paris-Bastille, professeur à la Musikhochschule de Munich)…

En plus d’avoir été, avec son collègue du Conservatoire Maurice Bourgues, à la tête de l’Ecole française de hautbois au XXe siècle, il est à l’origine d’une dynastie de musiciens puisque son fils, Philippe Pierlot est flûte solo à l’Orchestre National de France et son petit-fils, Antoine Pierlot, violoncelliste, lauréat de la Fondation de France et de la Fondation Natexis.

Illustration : en compagnie du hautboïste italien Carlo Romano à l’occasion du concours Tomassini-Petritoli 2000 © DR

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