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David BazenAlors qu’il entame une tournée européenne qui fait étape à Bruxelles et Paris, le Koninklijk Concertgebouworkest d’Amsterdam poursuit l’édition de disques à travers son label autoproduit RCO Live (distribution Bénélux Codaex). , responsable artistique de ce projet nous présente les enjeux de la politique discographique de la phalange amstellodamoise mais aussi la nouvelle communication visuelle de l’orchestre, domaine dont il a également la charge.

« RCO Live été créé pour s’assurer le développement de l’orchestre. »

ResMusica : Pourquoi avez-vous créé le label RCO Live ? Comment choisissez-vous les enregistrements ?

 : RCO Live été créé pour s’assurer le développement de l’orchestre sous la direction de son directeur musical : Mariss Jansons. Il est très important pour un orchestre d’enregistrer, mais comme les majors du disque ont réduit de manière drastique leurs enregistrements du grand répertoire symphonique, nous n’avons vu qu’une seule solution : prendre notre destin discographique en main. Presque tous les programmes dirigés par Mariss Jansons sont enregistrés et ensuite nous éditons les meilleurs témoignages. Avec cette sélection nous espérons présenter une bonne image des activités actuelles de l’orchestre. Nous avons déjà publié six titres ; le prochain sortira début mars. Il est dédié à la Symphonie n°1 de Mahler.

RM : Universal Music a lancé les DGG et Decca concerts qui proposent aux mélomanes du monde entier de télécharger des concerts des grands orchestres internationaux. Le Concertgebouworkest va-t-il se convertir à ce support immatériel ?

DB : Nous avons proposé des enregistrements de nos concerts en téléchargement sur iTunes et d’autres services numériques bien avant l’initiative d’Universal. Mais ce concept est une nouvelle façon très intéressante de distribuer les enregistrements de musique classique.

RM : En plus de la collection RCO Live, vous publiez annuellement de gros coffrets présentant les archives de l’orchestre. Comment sont sélectionnés ces enregistrements ?

DB : Ces enregistrements historiques sont tous tirés des imposantes archives de Radio Publique Néerlandaise. Ils sont choisis par une petite commission composée de membres de l’orchestre et de sa direction. Cet aréopage fait une sévère sélection basée sur la qualité de l’exécution, de l’enregistrement et bien sur en fonction de l’intérêt artistique historique des bandes.

RM : Vous êtes également en charge des aspects visuels de la communication de l’orchestre. Pouvez-vous nous expliquer votre approche du sujet ?

DB : Nous voulons présenter une image forte, reconnaissable, fraîche et moderne pour l’orchestre sans recourir aux platitudes et lieux communs traditionalistes. RCO Live est un gros atout dans cette stratégie. Avant, nous étions contraints de marcher dans les pas des Majors et notre image leur était indifférente. L’orchestre passait après le chef d’orchestre, les solistes et le compositeur. Maintenant, nous pouvons considérer que la présentation est plus équilibrée et que RCO Live est avant tout l’image de l’orchestre.

RM : Quelle est pour vous l’importance des images pour la communication d’un orchestre issu d’une longue tradition historique ? N-y a-t-il pas un risque de décalage entre une communication basée sur des images assez abstraites et la nature patrimoniale de l’orchestre symphonique ?

DB : Bien sûr nous sommes une institution artistique qui est enracinée dans une longue tradition. Mais cela ne signifie pas que nous devons nous présenter comme une relique du XIXe siècle. Nous sommes une organisation moderne avec des musiciens jeunes impliqués dans leur époque. Nous devons nous présenter comme étant résolument contemporains avec un style adapté à ce fait. Les images qui sont utilisées dans la rue doivent être très claires et assez fortes pour survivre dans le brouhaha visuel de la vie urbaine d’aujourd’hui. La réduction de la somme d’informations, une présentation visuelle plus percutante et lisible nous aident pour attirer l’attention des passants. Elle nous donne en même temps une image très identifiable.

Crédits photographiques : © RCO

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