Kullervo par Ari Rasilainen, symphonie zéro

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Jean Sibelius (1865-1957) : Kullervo. Satu Vihavainen, soprano ; Juha Uusitalo, baryton-basse. Kauppakorkeakoulun Ylioppilaskunnan Laulajat, (chef de chœur : Matti Apalajahti). Orchestre Philharmonique d’Etat de Rhénanie-Palatinat, direction : Ari Rasilainen. 1 SACD CPO 777 196-2. Enregistré en décembre 2005. Multi-canal compatible stéréo. Notice en allemand, anglais et français. Livret en finnois, allemand et anglais. Durée : 72’52’’.

 

La création de la symphonie Kullervo en 1892 à Helsinki fut un triomphe pour le jeune , un acte d’amour pour son épouse Aïno à qui il écrivait : « le second thème c’est Toi, désirable et féminine, mais passionnée » et un acte fondateur de la musique nationale finlandaise alors que le pays était intégré à la Russie tsariste. Pourtant après seulement quatre interprétations, dès 1893 Sibelius retira la partition des programmes. En dépit de toutes ses qualités de lyrisme épique, Sibelius considéra que l’œuvre était un succès encombrant, un obstacle sur son chemin vers la symphonie. Pour éviter tout malentendu, la partition devait être oubliée.

Le credo symphonique de Sibelius excluait le foisonnant Kullervo : « ce qui est essentiellement symphonique, c’est le courant irrésistible qui parcourt le tout, cela par opposition au pittoresque ». Kullervo est d’une structure hétérogène : conçu par Sibelius comme une symphonie l’œuvre est en réalité plus proche du poème symphonique. La Symphonie n°1 (1899) réalisera l’idéal de classicisme de Sibelius. Fortement inspirée par le modèle austro-allemand, elle ouvrira à Sibelius la voie royale de la symphonie.

joue avec Kullervo la carte du poème symphonique, misant sur la beauté sonore immédiate et l’effet spectaculaire. On assiste à une succession d’épisodes sans liens entre les uns et les autres, et somme toute vide de sens. Toute l’équipe est finlandaise, pourtant on est beaucoup plus proche de la massivité au premier degré d’un Carmina Burana de Carlf Orff, que du mystère évocateur et insaisissable du meilleur Sibelius. Dans une discographie déjà bien fournie (version de Colin Davis), ne fait pas de contre-sens, mais il fait peut-être pire : il joue Kullervo dans le style que Sibelius a abandonné afin de devenir lui-même.

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