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André Raison: Messes pour orgue par Serge Schoonbroodt

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André Raison (1645-1719) : Messe du premier ton ; messe du deuziesme ton. Serge Schoonbroodt, à l’orgue J. F. Lépine de Sarlat (Dordogne). 1 CD Tempéraments TEM 316035. Notice bilingue Français-Anglais Durée : 63’50’’.

 

, ardent défenseur de la musique française baroque pour orgue, nous revient chez l’éditeur Radio-France / Tempéraments afin de proposer des extraits du livre d’, étoile brillante au firmament de l’orgue baroque.

Quel bel hommage rendu à ce musicien raffiné ! Déjà le choix de Sarlat est des meilleurs. Cet orgue est peut être le témoin le mieux conservé et surtout le plus complet de la facture de Jean-François Lépine, récemment restauré par Bertrand Cattiaux. Que reste-t-il aujourd’hui au complet de celui qui fut l’ami de Dom Bedos et de Jean-Pierre Cavaillé ? Pas grand-chose, en vérité : Alès, Limoux, Verdun-sur-Garonne peut-être, sans parler des grands instruments dévastés comme Pezenas, Narbonne ou Montpellier.

Dès les premières notes du premier Plein jeu avec les anches meslées, on est saisi par l’acoustique large dans laquelle ce mélange s’épanouit. Le son est transparent, à la limite du fragile, chancelant, et secouru aussitôt par ses anches en tailles de la pédale, chantantes et solides. Par la suite, rien de poussé dans cet orgue, ni de piquant ou d’acide, tout en rondeur, en couleurs rutilantes, l’orgue français dans toute sa splendeur. Il est heureux de saluer ici une grande restitution d’harmonie ancienne. C’est exactement l’idée qu’on est en droit de se faire de l’orgue français, un modèle ici, en quelque sorte. Le jeu de fond d’orgue est très large et très rond, caractéristique de Lépine, entendu à Alès ou Verdun. Les jeux de tierces sont doux et flûtés tel qu’ils doivent l’être, le jeu de «brode» ou grand jeu de tierce en seize pieds au Grand Orgue est particulièrement réussi avec son gros nasard et sa grosse tierce. Et des anches qui nous parlent au cœur, dans les ensembles et en soliste, en particulier le cromorne du positif de dos.

Du coup, se prend à ce jeu subtil de la délicatesse, mais aussi d’une parfaite lisibilité et d’un art consommé de la rhétorique baroque. Tout chante ici au nom de la gloire d’, qui a su aussi nous enseigner l’interprétation de sa musique par des préfaces utiles et des doigtés dans sa musique et si précieux pour l’exécutant. Il faudrait que l’éditeur (Radio-France) propose la suite de ces messes (seules les deux premières nous sont ici proposées) d’un livre qui en contient cinq, et un grand Offertoire à la gloire de Louis XIV. Raison est aussi l’auteur de nombreux Noëls pour orgue. Cette collection tient toujours aussi bien ses promesses ; chaque nouveau volume qui nous parvient est un véritable enchantement ; et c’est bien le cas, ici.

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André Raison (1645-1719) : Messe du premier ton ; messe du deuziesme ton. Serge Schoonbroodt, à l’orgue J. F. Lépine de Sarlat (Dordogne). 1 CD Tempéraments TEM 316035. Notice bilingue Français-Anglais Durée : 63’50’’.

 
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