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Raymond Duffaut: Les tribulations d’une « Carmen » en Chine

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Directeur général des Chorégies d’Orange depuis 1981 ; directeur général de l’Opéra-Théâtre d’Avignon et des Pays de Vaucluse, de 1974 à 1985 et de 1989 à 2002 ; conseiller artistique de l’Opéra-Théâtre d’Avignon et des Pays de Vaucluse, depuis 2002 ; directeur général de l’Auditorium de Vaucluse-Jean Moulin, depuis 1984 ; conseiller artistique pour l’opéra de Massy, depuis octobre 2005. Quant à ses responsabilités associatives, elles sont également importantes : Président du Centre Français de Promotion Lyrique ; administrateur de la Réunion des Opéras de France (vice-président de 2002 à 2005) ; administrateur de la Chambre Professionnelle des Directeurs d’Opéras (président de 1996 à 1999) ; président d’honneur de France Festivals. Rencontre avec un homme qui recherche sans cesse de nouveaux talents, de nouvelles expériences musicales, et qui présente des projets ambitieux pour les mois à venir.

ResMusica : , depuis plusieurs mois vous avez jeté les bases de trois projets d’envergure, qui vous tiennent particulièrement à cœur. De quoi s’agit-il ?

 : Le premier projet consistera en une collaboration avec le festival de Baalbek au Liban, avec une convention triennale signée en 2006 ; l’une des productions des Chorégies s’exporterait au Liban. Les événements politiques dans ce pays nous ont certes amenés à annuler le projet 2006, Lucia di Lammermoor, qui avait été la grande production des Chorégies ; ils nous ont contraints à renoncer également à notre projet du mois d’août 2007 : Madama Butterfly. Mais nous gardons bon espoir de pouvoir proposer Carmen en 2008, et La Traviata en 2009. Le Ministère de la Culture apporte à ce projet, suivant l’expression convenue, une attention bienveillante.

RM : Le deuxième projet est géographiquement plus ambitieux encore ?

RD : Le deuxième projet se situe à moyen terme, en 2010 (la date est déjà fixée au 21 juin). Il est tout à la fois technologique et musical. Cinq ou six festivals européens (Hongrie, Chypre, Pologne, Norvège, Pays-de-Galles, France) vont s’unir autour de la monumentale Messe de Bernstein. L’œuvre sera donnée en « live », en parallèle, dans chacun des six lieux, dans une mise en scène de János Szikora ; en simultané, sur écran géant (grâce à une belle conception scénique et vidéo) elle sera transmise en direct par canal-satellite dans les six lieux, sur un écran en fond de scène, dans un synchronisme qui doit être parfait. C’est un beau pari technologique et artistique ; le dispositif sera à la fois commun pour les six scènes, et, dans chacune, la scénographie de Guy-Claude François sera marquée par son identité propre de chaque lieu. Reste à obtenir des fonds – qui existent – de la communauté européenne.

RM : Le troisième projet vise un futur beaucoup plus proche ?

RD : Le troisième projet est une initiative de l’ancien directeur du festival de Vaison-la-Romaine, aujourd’hui conseiller culturel à l’Ambassade de France à Pékin. Il voudrait produire en Chine, chaque année, un ouvrage de la programmation française d’Orange, en collaboration entre les ambassades. En 2006, Orange n’avait aucune œuvre française à l’affiche, et 2007 sera une année italienne. En juillet 2008, en revanche, nous aurons Carmen. Une opportunité rêvée ! L’Opéra de Shangaï nous précèdera donc : il a déjà mis l’œuvre à l’affiche ces 18 et 19 avril 2007 ! L’équipe de réalisation française réalise également à Shangaï, mais chaque lieu a sa propre distribution. Sauf à Orange : la 3e représentation, en juillet 2008, sera donnée dans le casting chinois ; j’ai en effet auditionné l’an dernier une centaine de jeunes artistes chinois dans leur pays. A qui sera confié le rôle-titre de Carmen ? J’avais d’abord pressenti la magnifique jeune Liyan Zhong, qui avait littéralement conquis les Avignonnais le 14 décembre lors du Tremplin des jeunes chanteurs. Mais elle n’a pu se former assez vite pour un tel défi : pratique de la langue française, chant en français, et Carmen tout particulièrement ; nous la gardons néanmoins en doublure, et Carmen sera une autre Chinoise sont on reparlera sans doute, Ning Liang, qui vient juste d’interpréter Madama Butterfly à Amsterdam. Pour la troisième représentation orangeoise de Carmen en juillet 2008, le casting des solistes sera donc intégralement chinois. A découvrir absolument.

Crédits photographiques : © Geneviève Allène-Dewulf

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