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Passage en force pour Yakov Kreizberg

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Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n°5 en ré mineur op. 47 ; Symphonie n°9 en mi bémol majeur op. 70. Orchestre National de Russie, direction : Yakov Kreizberg. 1 SACD Pentatone PTC 5186 096. Notice de présentation en anglais, allemand et français. Enregistré en avril 2006 au studio n°5 DZZ de Moscou. Durée : 77’16.

 

Ce nouveau volume de l’intégrale des Néerlandais de Pentatone marque l’arrivée d’un nouveau chef d’orchestre dans cette entreprise. Après Mikhaïl Pletnev, Vladimir Jurowski et Paavo Berglund, voici donc à tête de l’, unique dénominateur commun de cette aventure. Baguette recherchée par les plus grandes phalanges mondiales, ne nous avait jamais encore convaincu par ses témoignages discographiques, essentiellement centrés sur de grand répertoire. C’est dire qu’on ne l’attendait guère dans un couplage de deux «tubes» de Chostakovitch.

Pourtant, le chef d’orchestre, aidé par un orchestre absolument idéal d’engagement mais surtout de précision technique, livre une prestation magistrale dans un contexte discographique pourtant vertigineux. Dans des tempi assez allants, les musiciens offrent une Symphonie n°5 en forme de marche infernale. Kreizberg creuse le son, imposant un ton véritablement pessimiste qui culmine dans un mouvement lent superbement décanté et massif. L’ensemble apparaît dosé et millimétré dans l’équilibre des harmonies, mais jamais cette intellectualisation du propos se fait au détriment de la narration de la musique. Les mouvements extrêmes arrachent tout sur leur passage comme le tsunami idéologique qui recouvraient alors les peuples soviétiques. Souvent point faible des enregistrements, l’Allegro non troppo initial est construit ici avec logique et sens de la progression.

Après un tel déferlement musical, on découvre une Symphonie n°9 symphonique à souhaits. Fuyant la légèreté et l’ironie, le chef d’orchestre compose une interprétation assez massive mais qui fait sonner cette pièce sous un jour inattendu. Kreizberg fait de la musique pour la musique, mais sans perdre de vue le pied de nez du compositeur aux officiels du régime qui attendaient une vaste symphonie triomphante pour célébrer la fin de la seconde guerre mondiale. L’ fait preuve d’une grande perfection technique dans cette œuvre assez redoutable pour les vents.

Comme souvent avec Pentatone, la prise de son impressionne par sa clarté et sa restitution mais la notice de présentation et le graphisme de la pochette déçoivent un peu. C’est dommage pour un disque absolument magnifique qui marque la discographie.

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Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Symphonie n°5 en ré mineur op. 47 ; Symphonie n°9 en mi bémol majeur op. 70. Orchestre National de Russie, direction : Yakov Kreizberg. 1 SACD Pentatone PTC 5186 096. Notice de présentation en anglais, allemand et français. Enregistré en avril 2006 au studio n°5 DZZ de Moscou. Durée : 77’16.

 
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