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Un Lohengrin pour collectionneur du tout Bayreuth

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Richard Wagner (1813-1883) : Lohengrin. Mise en scène : Götz Friedrich. Décors : Günther Uecker. Costumes : Frieda Parmeggiani. Lumières : Manfred Voss. Avec : Peter Hofmann, Lohengrin ; Karan Armstrong, Elsa ; Siegfried Vogel, Heinrich der Vogler ; Elizabeth Connell, Ortrud ; Leif Roar, Telramund ; Bernd Weikl, Héraut. Chœur du Festival de Bayreuth, Orchestre du Festival de Bayreuth, direction : Woldemar Nelsson. Réalisation : Brian Large. 2 DVD Euroarts 2072028, code barre 8 8024272028 3. Enregistré au Festival de Bayreuth, du 25 au 30 juin 1982. Sous-titrage en anglais, allemand, français et espagnol. Zone 0. Durée : 200’

 

Euroarts nous propose en DVD le Lohengrin filmé lors du Festival de Bayreuth 1982. Déjà 25 ans et que de progrès depuis dans la qualité des captations vidéo grâce aux possibilités des nouvelles caméras numériques car, il faut bien le dire, la qualité visuelle de ce DVD est loin des standards actuels. Couleurs blafardes manquant cruellement d’intensité et de nuances, précision et finesse de l’image aux abonnés absents, luminosité et contrastes à la ramasse, profondeur de champ inexistante, on est loin de la « belle » – et vraie – photo ornant le boitier du DVD qui laissait envisager une toute autre qualité d’image. Première déception donc, et pas la dernière malheureusement.

Car le spectacle en lui-même n’est pas très folichon, adjectif peu wagnérien certes, mais illustrant bien ce que peut ressentir le spectateur devant son écran et sans doute également dans la salle. Les décors, très sobres, sont d’une tristesse et d’un inintérêt remarquables, se partageant entre deux séries de gradins mastocs se faisant face en milieu de scène, aux marches tellement hautes qu’on en a peur pour les choristes qui s’y déplacent (peu d’ailleurs), et une chambre nuptiale dotée d’un immense lit totalement symbolique, les amants ne l’utilisant jamais (ah cette Elsa, quelle bourrique ! elle n’avait qu’une phrase à dire pour tout casser et évidemment, elle l’a prononcée !). La mise en scène fait dans le traditionnel de facture correcte sans plus, essayant de ne pas mettre les personnages en mauvaise posture, les plaçant le plus souvent en avant-scène face au public pour déclamer leurs tirades, ce qui, en soit, n’est pas critiquable, mais fait que pratiquement jamais deux personnages ne se regardent lorsqu’ils se parlent (problème classique à l’opéra).

La direction musicale de Woldemar Nelsson ne relèvera pas vraiment le niveau. Ecoutons le prélude du 1er acte, une dizaine de minutes de pur génie wagnérien, tout en finesse, en gradations dynamiques, en changements subtils d’atmosphère, du moins en principe, car là c’est du brut, même du brutal, le fameux climax qui vous prend les tripes et le cœur est complètement raté. Tout au long de l’opéra, l’orchestre n’est pas irréprochable, avec des cordes souvent livrées à elles mêmes, manquant de précision et de tenue, comme de puissance expressive, trop souvent couvertes par les cuivres. Ainsi « exécutées », les grandes scènes souffrent d’un déficit d’élan, malgré un tempo allant, qui fait qu’à aucun moment on ne sent soulevé ni porté par cette musique. Du point de vue orchestral cette version est donc à oublier.

Restent les protagonistes, pour lesquels on sera toujours plus indulgent, ne serait-ce que pour la quantité de travail et l’engagement physique que représente une performance de chanteur dans un opéra de Wagner. Ainsi on peut apprécier le jeu engagé et expressif de dans le rôle d’Elsa, rendu encore mieux perceptible par la réalisation de gros plans ou plans rapprochés, tout en restant sur sa faim quant à sa prestation vocale au souffle un peu court qui, plus d’une fois, la met en difficulté. De même le physiquement idéal Lohengrin de aura ses détracteurs, trouvant son timbre bien monotone. Les personnages secondaires sont corrects, la scène entre Telramund et Ortrud étant même assez réussie, Le Roi et son héraut complétant honorablement la distribution.

La prise de son est sans doute ce qui soulève le moins de critique, elle reste toujours claire et dynamique, la balance orchestre-chanteurs y est satisfaisante. Réalisée sur plusieurs jours, sans public, elle a permis une meilleure captation des voix grâce à un positionnement de micro qui aurait sans doute gêné visuellement les spectateurs. Cela nous donne une image sonore constante quelle que soit la position du chanteur sur scène. Et parfois un petit effet playback.

Vocalement correcte sans plus et avec quelques problèmes quand même, orchestralement médiocre, visuellement peu excitante, cette édition DVD ne sera recommandée qu’à ceux qui cherchent l’exhaustivité des représentations du fameux festival wagnérien, ou qui feraient partie du fan club d’un des protagonistes du soir. Pour les autres, c’est un DVD dispensable.

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Richard Wagner (1813-1883) : Lohengrin. Mise en scène : Götz Friedrich. Décors : Günther Uecker. Costumes : Frieda Parmeggiani. Lumières : Manfred Voss. Avec : Peter Hofmann, Lohengrin ; Karan Armstrong, Elsa ; Siegfried Vogel, Heinrich der Vogler ; Elizabeth Connell, Ortrud ; Leif Roar, Telramund ; Bernd Weikl, Héraut. Chœur du Festival de Bayreuth, Orchestre du Festival de Bayreuth, direction : Woldemar Nelsson. Réalisation : Brian Large. 2 DVD Euroarts 2072028, code barre 8 8024272028 3. Enregistré au Festival de Bayreuth, du 25 au 30 juin 1982. Sous-titrage en anglais, allemand, français et espagnol. Zone 0. Durée : 200’

 
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