Vêpres spectaculaires à la Cour de Naples

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Diego Ortiz (vers 1510-vers 1570) : Ad Vesperas in omnibus festisvitatibus beatae Mariae, Napoli 1565. Cantar Lontano, complesso di musica, direction  : Marco Mencoboni. Un SACD Alpha, Réf. Alpha 108 ; Enregistré en juin et juillet 2005 à Ancona ; code barre : 3 760014191084 ; Très beau livret illustré en français avec traduction des textes latins en français. Durée totale : 70’55.

 

est un compositeur mystérieux dont les dates de naissance et de mort ne nous sont pas précisément connues. Demeure une musique impressionnante et très « spectaculaire ». Ce recueil de 1565 suit de deux ans le concile de Trente qui imposa tant de restrictions aux musiciens. Assurément la cour du roi de Naples, pour laquelle Ortiz composait, n’aimait pas la simplicité et ne tenait pas compte des indications du fameux concile. Ce recueil en l’honneur de la Vierge Marie est tout sauf modeste. Certes, les moments de plain chant sont réguliers et nombreux mais cela ne fait que renforcer la vigueur et la splendeur des pièces vocales avec accompagnement instrumental particulièrement sonore. Ortiz propose des pièces dans des polyphonies allant de quatre à sept voix et utilise parfois des chœurs opposés ou en écho. Sa finesse d’écriture est grande comme dans l’Ave Regina cœlorum à six voix. D’autres pièces semblent moins savantes et se rapprochent d’airs populaires assez lourdement accompagnés par les instruments.

Il est certain que ces pièces, toutes extraites du Musices liber primus publié à Venise en 1565, ont été regroupées par avec l’intention de convoquer les plus forts contrastes et de nous prouver la variété d’inspiration d’Ortiz. Dans ce dessein, son choix de chanteurs est déroutant. Si les voix sont pleines et homogènes dans les moments de musique savante, dans certaines pièces de plain chant et dans les moments en forme de refrain simple, il choisit des voix d’homme qu’on définira comme rustiques, nasillardes, puissantes et parfois rauques un peu à la façon des polyphonies Corses.

Nous assistons à un véritable « spectacle religieux » de la cour de Naples alors sous une influence ibérique vivifiante. Le culte marial n’a pas encor atteint sa plénitude mais Ortiz l’annonce déjà en mêlant la musique la plus savante et la plus simple.

Ce SACD est très bien enregistré avec une spatialisation précise et très variée tout en se servant de la large réverbération de l’église San Marco Evangelista de Castelbellino. L’objet est également splendide, comme toujours chez Alpha, avec des vues partielles d’un très beau concert d’anges de l’Assomption de la vierge d’Ippolito Borghese.

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.