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Trios avec piano de Mendelssohn par le Trio Wanderer

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Félix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847). Trio avec piano en ré mineur n°1 op. 49 ; Trio avec piano en ut mineur n°2 op. 66. Trio Wanderer : Vincent Coq, piano ; Jean-Marc Phillips-Varjabédian, violon ; Raphaël Pidoux, violoncelle. 1 CD Harmonia Mundi HMC 901961. Code barre : 7 94881 83572 0. Enregistrement septembre 2006, Salle de Musique de La Chaux-de-Fonds (Suisse). Livret trilingue : français, anglais, allemand. Durée totale 53’09’’.

 

Cela fait vingt ans maintenant que au piano, au violon et au violoncelle se sont donnés pour objectif de réaliser une saga discographique des plus grands trios avec piano. Leur répertoire, si l’on ne comptabilise que les trios avec piano, va du classique à la musique du XXe siècle et comprend les intégrales des trios de Mozart, Beethoven, Brahms, Schubert et Schumann ainsi que plusieurs compositions de Haydn, Dvorak, Mendelssohn, Rachmaninov et Saint-Saëns. Leur connaissance s’élargit aux trios avec piano de Chausson, Chopin, Franck, Grieg, Liszt, Smetana, Tchaïkovsky, Fauré, Bloch, Martinů, Ravel … En passant par des noms moins connus comme Arensky, Granados, Bridge, Babadjanian, Copland, Turina, Schnittke et sans omettre les nouvelles générations représentées par Bacri, Escaich, Kaipanen ou Rorem. Dans ce foisonnant répertoire seuls quelques trios ont bénéficié d’un enregistrement. Ce n’est pas tant le fait que le ne puisse pas tout réaliser au disque que celui, plus concret, de l’attachement de cette formation au travail bien fait mais aussi du souci de ne pas décevoir un public qui lui est fidèlement attaché depuis de nombreuses années.

La relation que nouent les « Wanderer » avec les Trios op. 49 et op. 66 de Mendelssohn est une longue histoire d’amour. Un premier enregistrement, salle Wagram à Paris, avait déjà vu le jour en 1994 chez Sony Classical. Nous voici amenés à entendre cette version neuve enregistrée en septembre 2006 dans la Salle de Musique « fétiche » de La Chaux-de-Fonds en Suisse où la formation a pris l’habitude de se retrouver pour chaque nouvelle production discographique.

Le Trio n°1 en ré mineur fut en son temps (1840) porté aux nues par un Schumann euphorique écrivant dans la « Neue Zeitschrift für Musik » : « C’est un véritable chef-d’œuvre du genre, comme le furent en leur temps les Trios en si bémol majeur et en ré bémol majeur de Beethoven, ou le Trio en mi bémol majeur de Schubert ; une très belle composition qui, dans bien des années, réjouira encore nos enfants et petits-enfants. » Curieux engouement de la part d’un Romantique pour une œuvre emprunte d’un classicisme de qualité certes mais relevant plus d’un héritage indirect de Mozart (Mendelssohn étudie le piano auprès d’Hummel). Schumann y trouve une dimension sociologique qui dépasse ce cadre : « C’est le musicien le plus lumineux, le plus apte à reconnaître et à réconcilier les contradictions ». Mendelssohn s’adresse en humaniste à une bourgeoisie recroquevillée sur ces valeurs, se réfugiant dans un nationalisme en plein essor. Paradoxalement, le succès de l’œuvre est total. Le Trio n°2 en ut mineur présente quelques innovations et se distingue particulièrement par un final rendant hommage à Jean-Sébastien Bach que le compositeur admirait tant. La richesse des dialogues donne aussi à l’œuvre une dimension nouvelle qui impressionnera plus tard rien moins que Brahms.

L’interprétation des « Wanderer » est celle de la maturité, la partition est lue avec précision et le tout donné avec un brio allant de l’éclat des tempi à l’onctuosité la plus délicate dans les phrasés. Plus qu’un Trio, c’est parfois un orchestre tout entier qu’il nous semble entendre tant l’unité des artistes alliée à la rigueur de l’exécution confèrent à ces œuvres une toute autre dimension.

Le fait partie de ces formations éternellement jeunes, toujours en quête de nouvelles sensations dans l’approche et la restitution du grand répertoire et de celui, un peu moins en vue mais qui mérite aussi largement que l’on s’y attarde. Avec ce nouveau témoignage, la formation semble s’élever toujours plus haut dans la hiérarchie des grandes formations de notre temps, grand bien nous fasse !

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Félix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847). Trio avec piano en ré mineur n°1 op. 49 ; Trio avec piano en ut mineur n°2 op. 66. Trio Wanderer : Vincent Coq, piano ; Jean-Marc Phillips-Varjabédian, violon ; Raphaël Pidoux, violoncelle. 1 CD Harmonia Mundi HMC 901961. Code barre : 7 94881 83572 0. Enregistrement septembre 2006, Salle de Musique de La Chaux-de-Fonds (Suisse). Livret trilingue : français, anglais, allemand. Durée totale 53’09’’.

 
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