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Guingamor, le chevalier aux sortilèges. Texte : Pierre Coran ; illustration : Judith Gueyfier ; récitant : Denis Lavant ; Ensemble Obsidienne, direction  : Emmanuel Bonnardot. Edition Didier Jeunesse, collection « Contes et opéras » ; album 48 pages + 1 CD Didier Jeunesse ISBN 978-2-278-05697-2 ; Durée 53’11’’ ; septembre 2007 ; 23,50 €

 

En Bretagne, Guingamor est un preux chevalier poussé par une reine perfide à partir chasser seul un sanglier fantastique. Comme dix autres chevaliers disparus avant lui, la cour et le peuple ne le reverront jamais. Ils ignorent qu’il a été happé par un monde merveilleux où il connaîtra la félicité. Avec Guingamor, le chevalier aux sortilèges, Didier Jeunesse aborde pour la première fois le Moyen Âge dans sa superbe collection de livres-disques à la couverture percée d’un croissant.

L’histoire est sinon authentique du moins authentiquement médiévale, puisque dans sa forme originale elle était écrite sous la forme d’un lai, c’est-à-dire un poème en vers accompagné de musique. L’habitude d’accompagner la récitation avec de la musique se perdit au fil du temps. Dans une forme réduite et simplifiée, le livre-disque reconstitue en quelque sorte la forme du lai. a réécrit le poème et l’a condensé en gardant les tournures anciennes. Tout est dit en peu de mots, et il est à parier que les jeunes lecteurs auront besoin de plusieurs lectures pour saisir toutes les nuances des idées. Pour le texte, l’illustration de Judith Gueyfier ou la musique choisie et interprétée par l’ dirigé par , le parti-pris est le même à savoir le souci de s’inscrire fortement dans la tradition médiévale, mais tout en préservant une fraîcheur d’imagination qui permette ainsi de séduire le public d’aujourd’hui.

Le credo de l’ est de faire vivre le répertoire du Moyen Âge et de la Renaissance « simplement », « avec naturel ». Cela peut paraître la moindre des choses, mais ne l’est pas dans le domaine de la musique ancienne. , qui a travaillé avec les meilleures formations comme, entre autres, Les Arts Florissants ou l’Ensemble Gilles Binchois, a dû expérimenter à quel point le souci de reconstitution historique peut être asséchant sur le plan de l’interprétation. Rien de tel ici, la musique est pleine de vie, dépaysante par ses couleurs et ses rythmes, mais expressive car interprétée sans raideur ni artifices. L’illustration de Judith Gueyfier est superbe, usant d’enluminures sans en abuser, délicate avec ses motifs végétaux et inventive avec des effets de perspective ou de proportion surprenants, des portraits traités de manière froide en relation avec le style figuratif médiéval.

L’acteur (Mauvais Sang puis Les Amants du Pont-Neuf avec Leos Carax), Beau travail de Claire Denis, Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet) fait ici sa première interprétation pour le jeune public. Adoptant un ton mystérieux mais sans affectation, il ne dévie pas d’une ligne retenue qui évite l’excès de couleur. Permettant à l’auditeur de se concentrer sur l’histoire, il donne toute sa place à la musique et à la poésie. Envoûtant.

Lire aussi La Fête des Fous par l’Ensemble Obsidienne.

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Guingamor, le chevalier aux sortilèges. Texte : Pierre Coran ; illustration : Judith Gueyfier ; récitant : Denis Lavant ; Ensemble Obsidienne, direction  : Emmanuel Bonnardot. Edition Didier Jeunesse, collection « Contes et opéras » ; album 48 pages + 1 CD Didier Jeunesse ISBN 978-2-278-05697-2 ; Durée 53’11’’ ; septembre 2007 ; 23,50 €

 
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