Micromégas de Paul Méfano

À emporter, CD, Opéra

Paul Mefano (1937) : Micromégas. Nicholas Isherwood, Micromégas, Kaoli Isshiki, La conteuse, Rayanne Dupuis, La femme du Saturnien, Eric Trémolières, Le Saturnien, Pierre Villa-Loumagne, Récitant, Sandrine Eyglier, Iane Roulleau, Olga Gurgovska, Christophe Crapez, Paul Alexandre Dubois, Bruno Rostand, Les Animacules. Ensemble 2e2m, direction : Pierre Roullier. 2 CD Maguelone références MAG 11. 170-1. Enregistré à Radio France le 10, 11, 12 juillet 2003. Pas de notice de présentation. Durée non précisée. Code barre 3 576071111701

 

Artiste « inquiet, intense et toujours à la recherche de solutions radicales » selon la description qu’en fait son maitre Olivier Messiaen, Paul Mefano occupe une place à part dans le panorama de la musique contemporaine française. Doué d’un grand talent intuitif qui vient s’ajouter à une forte intelligence musicale, il aborde avec Micromégas un sujet philosophique. Entièrement basé sur le texte homonyme de Voltaire, Micromégas. Il s’agit d’une action lyrique en 7 tableaux qui offre une occasion de s’interroger sévèrement sur la société et sur la relativité universelle.

On pourrait considérer cet opéra comme une sorte de voyage, d’expérience, de recherche de dialogue : un conte philosophique qui débute comme une légère comédie. Une femme et son «récitant collé », nous racontent une histoire : « Voyage d’un habitant du monde de l’étoile Sirius dans la planète de Saturne ».

Bien qu’on ne peut pas définir cette action lyrique comme un opéra à proprement parler (vu surtout l’origine du livret) il faut souligner son développement « classique », en airs et récitatifs. La division en scènes suit parfaitement la division en chapitres de Voltaire. L’œuvre philosophique est traitée dans son intégralité : des parties tout simplement déclamées (en canons ou en écho selon les cas), s’alternent à d’autres légèrement accompagnées par la musique ou à d’autres où la voix se « détend » avec une « messa di voce ». L’interprétation touche énormément de cordes et de langages différents. Les procédés vocaux sont d’une grande diversité : du parlé au chanté tout en passant pour le « sprechgesang ». Toutes les nuances sont formalisées et traitées pour donner un sens très précis à des sujets à l’apparence métaphysique.

Musicalement, il y a une attention toute particulière aux correspondances philosophiques. Le Saturnien qui représente par exemple, une sorte de reflet de Micromégas, est caractérisé par une série en quarts de tons dérivée de celle de Micromégas. Le chœur à six voix identifient les animalcules ; la tonalité de ré majeur/mineur qui définit la femme du Saturnien se dissolue petit à petit jusqu’au quart de ton, selon les indications du compositeur. L’espace musical se réduit : de l’infiniment grand à l’infiniment petit.

Une vraie leçon de philosophie accompagnée et expliquée par le moyen musical.

Partagé entre la métaphysique et la triste réalité, lorsque Micromégas revient sur terre, il se « figure les hommes, tels qu’ils sont en effet, des insectes se dévorant les uns aux autres sur une petite comète».

L’idée géniale de Méfano d’aborder un tel livret nous offre un pur moment de plaisir « musico-littéraire » et met bien en évidence sa grande originalité, qui lui vaut de n’être affilié à aucun courant musical défini.

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