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Récital Schumann inspiré par Dana Ciocarlie

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Montrouge. Théâtre. 9-X-2007. Robert Schumann (1810-1856) : Scènes d’enfants op. 15 ; Carnaval de Vienne op. 26  ; Carnaval op. 9 ; Pièces jouées en bis : Franz Schubert (1797- 1828) : Mélodie hongroise D. 817 ; Paul Constantinesco (1909-1963) : Danse de Dobrogea ; Georges Enesco (1881- 1955) : Carillon nocturne ; Béla Bartók (1881- 1945) : Deux dernières Danses roumaines version pour piano seul. Dana Ciocarlie, piano.

En ce début de saison musicale, le théâtre de Montrouge s’est enorgueilli de la présence de la pianiste roumaine dans un récital consacré à Schumann.

Avec ce programme, la pianiste, qui mène de plein feu une carrière internationale, a amorcé son projet d’intégrale de l’œuvre du compositeur, presque attendue depuis son 2e prix au Concours de Zwickau et son succès avec la première sonate du compositeur, alors qu’elle remplaçait au pied levé Nelson Freire en Allemagne, l’année dernière.

Avec Scènes d’enfants, par cette présence à la musique qui distingue les grands, elle plonge d’emblée l’auditoire dans un univers portraituré avec minutie, se délectant de chaque changement de climat. Cet exercice de style la révèle aussi convaincante dans la fougue espiègle d’une virtuosité débridée que dans une méditation empreinte de nostalgie, où la profondeur et l’éloquence dont elle fait preuve l’affilient à Radu Lupu.

Les Carnaval de Vienne op. 9 confirment une interprète et une technicienne accomplie, en osmose avec le compositeur. Quand elle s’empare du clavier, seule son imagination musicale est à l’égal de sa virtuosité. Et cette dernière est au service absolu de la première : les sonorités sont dosées, l’articulation pétillante, le legato molto espressivo et la pédale utilisée avec parcimonie. Sa palette sonore « dans la corde » ou cristalline et diaphane est envoûtante. Elle prend part à cette construction claire de la partition, fruit d’une tradition (l’école roumaine, celle des Dinu Lipatti, Clara Haskil, Radu Lupu) et d’un tempérament clairvoyant.

Quatre bis singuliers suivent cette débauche romantique : Schubert, Bartók, Enesco et Constantinesco. Les trois derniers, éblouissants et un Carillon Nocturne magistral. Ce feu d’artifice final a familiarisé le public avec deux compositeurs roumains et rappelé l’attachement de l’artiste à ce répertoire contemporain sous-estimé et, plus sûrement, méconnu.

se produira le 13 octobre à Toulouse, le 21 octobre à Linars, et le 27 novembre en l’église des Invalides, après une tournée en Indonésie.

On peut lire l’entretien que la pianiste a bien voulu accorder à notre revue, en 2005. On peut aussi visiter le Site de l’artiste.

Crédit photographique : © DR

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Montrouge. Théâtre. 9-X-2007. Robert Schumann (1810-1856) : Scènes d’enfants op. 15 ; Carnaval de Vienne op. 26  ; Carnaval op. 9 ; Pièces jouées en bis : Franz Schubert (1797- 1828) : Mélodie hongroise D. 817 ; Paul Constantinesco (1909-1963) : Danse de Dobrogea ; Georges Enesco (1881- 1955) : Carillon nocturne ; Béla Bartók (1881- 1945) : Deux dernières Danses roumaines version pour piano seul. Dana Ciocarlie, piano.

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