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Concerts en téléchargement, la saison II, épisode n°1

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Bélà Bartok (1881-1945) : concerto pour orchestre. Los Angeles Philharmonic Orchestra, direction : Gustavo Dudamel.

 

Si la fournée printanière des concerts en téléchargement de DGG nous a valu l’arrivée d’un seul titre, la série automnale s’avère pléthorique avec quinze titres dont la parution s’étalera jusqu’à mi-novembre.

L’amateur peut ainsi retrouver les fidèles philharmonies de New-York, de Los Angeles, le philharmonia de Londres et des nouveaux comme le et le ainsi que, fait majeur, l’arrivée de concerts de musique de chambre avec la Chamber Music Society of Lincoln Center de New-York dans un répertoire qui s’étalera de Haendel à Dalbavie ! Pour débuter notre exploration, trois titres étasuniens mettent en concurrence, de manière amusante, trois générations de chef d’orchestre virtuoses : Dudamel, Salonen et Maazel.

Alors qu’il vient de mettre de le feu à la salle Pleyel dans une symphonie n°7 de Beethoven, le jeune se présente ici avec l’orchestre dont il prendra la direction dans deux ans. Exercice périlleux ici avec le virtuose concerto pour orchestre de Bartòk, mais le jeune prodige rate son examen d’entrée. Refusant tout effet spectaculaire, le musicien semble prendre son temps, mais à force de se focaliser sur des détails et tenter de questionner la partition tout en devient chichiteux et manque cruellement de souffle et d’unité. On trouvera ça et là, de belles interventions des solistes de l’orchestre avec une clarinette en état de grâce, mais c’est trop peu dans un contexte discographique pléthorique.

(né en 1958) : Helix ; (1875-1937) : concerto pour piano pour la main gauche ; Serge Prokofiev (1891-1953) : Romeo et juliette, Op. 64. , piano ; Los Angeles Philharmonic, direction :

On retrouve ensuite l’encore actuel directeur musical du LA Philharmonic dans un cocktail 100% moderne. Joué en ouverture Helix (2005) de Salonen, sorte de brève ouverture colorée et brillante, est une très belle réussite dont le ton motorique et gorgé d’énergie est une sorte de cousin de l’univers de . Ce qui témoigne de la saine influence du climat californien sur un compositeur alors autrefois très proche des avant-gardes européennes radicales. avait déjà gravé avec maestria les concertos de Ravel avec (Decca) ; on restera fidèle à ce disque tant la froide démonstration technique dispensée dans cette interprétation du concerto pour la main gauche survole le vécu de la pièce. L’accompagnement orchestral est tout aussi polaire. C’est curieux mais au fil des concerts, il apparaît que le monde de Ravel semble complètement étranger à Salonen qui se limite à des couleurs froides et à une brutalité hors de propos. Pour conclure, le maître de cérémonie offre une lecture redoutablement efficace et spectaculaire des extraits de Romeo et Juliette de Prokofiev. L’orchestre sonne avec profondeur et puissance, mais cela est avare sensualité façon Temirkanov ou de brutalité comme Gergiev.

Nicolai Rimsky-Korsakov (1844-1908) : ouverture de la Grande Paque Russe, Op. 36 ; Albert Roussel (1867-1937) : suite n°2 de Bacchus et Ariane, Op. 43 ; Bélà Bartok (1881-1945) : concerto pour orchestre. Orchestra, direction :

Vétéran de la série, déchaîne sa philharmonie de New-York. Hollywood a changé de latitude géographique et King Kong est revenu sauter de building en building, papy Maazel est visiblement en grande forme et il nous livre des interprétations bien musclées et spectaculaires de trois pièces de démonstration orchestrale. On se retrouve parfois bien au delà des frontières du bon goût (surtout dans Rimsky-Korsakov), mais ce traitement à sens unique et bien appuyé réveille l’ouverture de la Grande pâque russe et la deuxième suite de Bacchus et Ariane de Roussel, en dépit d’un solo de violon atrocement faux ! Spécialité des orchestres américains et particulièrement de la philharmonie de New-York qui en gravé deux grandes versions sous la houlette de (Sony) et (Sony), le concerto pour orchestre est ici radiographié par Maazel qui se plait à faire ressortir les moindres interventions et à souligner en gras les dialogues des bois. Certes, c’est parfois à la limite de la rupture comme dans l’Elegia, mais c’est tout de même un grand bonheur auditif. De plus, la philharmonie de New-York sonne ici avec puissance, finesse et éclat ; ses couleurs mates se révèlent idéales dans cette partition. On notera au passage que la comparaison avec le LA Philharmonic tourne très largement en faveur des musiciens de Big Apple en terme de fini instrumental et de fondu des pupitres. C’est avec le superbe concert Chostakovitch, le plus intéressant témoignage de Maazel dans le cadre de cette série.

En conclusion pas encore de titre indispensable, mais un concert de Maazel qui comblera les amateurs de direction d’orchestre spectaculaire et une belle partition de Salonen. Comme chaque pièce est téléchargeable en détail, rendez-vous sur vos plates formes de téléchargement : virginmega, fnacmusic ou iTunes music store France.

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Bélà Bartok (1881-1945) : concerto pour orchestre. Los Angeles Philharmonic Orchestra, direction : Gustavo Dudamel.

 
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