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Tubéry nous offre des cantates du temps de Noël incandescentes

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Johann Sebastian Bach(1685-1750) : Weihnachtskantaten : Sehet, Welch eine Liebe BWV 64 ; Christum wir sollen loben schon BWV 121 ; Ich frueu ich in dir BWV 133. Aurore Bucher, Cécile Côte et Caroline Weynants, sopranos ; Petra Noskaïova, alto ; Paulin Bündgen, contre-ténor ; Henning Kaiser, ténor ; Etienne Debaisieux, Benoît Giaux, basses. Chœurs de chambre de Namur. Les Agrémens, direction : Jean Tubéry. 1 CD Ricercar Ric 257. Code barre : 5 400439 002579. Enregistrement à Namur à l’église Saint-Loup (Belgique) du 2 au 4 décembre 2006. Notice trilingue : français, allemand, et anglais ; Durée : 60’08‘‘

 

Les Clefs ResMusica

Dès les premières mesures, dans une envolée des violons, vous le savez déjà, ce disque va vous emporter. Ces trois cantates de Noël, dans une interprétation faîtes de splendeur et d’une infinie humilité resplendissent de la joie et de l’émerveillement qui saisit tout chrétien devant le plus incompréhensible des mystères, l’offrande du fils de Dieu à l’humanité. Le chant et la musique expriment dans un ravissement extatique le plus grand de tous les bonheurs spirituel et musical.

Les trois cantates qui illustrent ce CD, ont été écrites pour le deuxième jour (BWV 121) et le troisième jour de la fête (BWV 64 et 133). Toutes les trois appartiennent à la même période de la vie de Bach, alors qu’il occupe depuis quelques mois la fonction de Cantor de Saint-Thomas à Leipzig. Deux d’entre elles furent composées pour le Noël 1723 et la dernière pour le troisième jour des fêtes de 1724 (BWV 133). Si stylistiquement, cette dernière plus tardive se détache, elles ont toutes les trois en commun l’usage d’instruments rares et en particulier le cornet et les trombones, mais également le hautbois d’amour. Ces instruments donnent à cet enregistrement un tissu musical aux coloris chatoyants dont la somptuosité et la volupté transcendent l’amour d’une mère dont le cœur est transporté par un sacrifice qui la dépasse.

Sur des textes entre autre de Luther à la poésie délicate et profonde et dont le librettiste est inconnu, le , les Agréments et offrent ici une version splendide de ces cantates. Et si ce dernier explique ses intentions et ces choix dans le livret, l’écoute de ce trésor discographique vous permettra de les apprécier avec bonheur. L’écoute de la Cantate Ich frueue mich in dir (BWV 133), est à elle seule révélatrice de ce qui vous attend.

Le chœur dont la diction est parfaite donne aux mots une force intense, fulgurante unissant l’énergie vitale de tous les êtres humains dans une même reconnaissance sans faille. L’ensemble des interprètes donnent eux, sens à cette veillée bienheureuse. On ne peut que relever l’extrême équilibre d’une distribution sans faute. Voix des anges, tel le contre-ténor , aux aigus aussi lumineux que l’étoile du berger, dont la voix presque irréelle ne peut qu’inciter à suivre son appel « à la confiance », au superbe ténor Henning Kaiser archange sachant faire passer l’effroi devant la faute d’Adam à la perception du plus doux des bonheurs qu’est la naissance de l’enfant-roi, ou la belle voix de basse d’Etienne Debaissieux dans le récitatif, voix humaine faîte d’humilité et de sobriété. Et puis il y a ce merveilleux, sublime dialogue entre et le violon solo. Leurs voix s’associent, s’unissent dans une extase où la musique semble défaillir. Les aigus d’ sont si flamboyants, sa musicalité est si saisissante que la nuit semble disparaître sous la lumière qui en émane.

et ses interprètes vous offre ici la plus incomparable démonstration que la beauté de la musique de Bach est bien au-delà des mots. Qu’elle est la quintessence de la musique. Voilà un disque qu’il ne vous faut manquer à aucun prix, il vous offrira des surprises que l’on ne soupçonnerait pas chez le Cantor de Leipzig, comme dans Allein Gott in der Höh, où durant une petite minute, il vous semblera entendre un air de Noël occitan.

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Johann Sebastian Bach(1685-1750) : Weihnachtskantaten : Sehet, Welch eine Liebe BWV 64 ; Christum wir sollen loben schon BWV 121 ; Ich frueu ich in dir BWV 133. Aurore Bucher, Cécile Côte et Caroline Weynants, sopranos ; Petra Noskaïova, alto ; Paulin Bündgen, contre-ténor ; Henning Kaiser, ténor ; Etienne Debaisieux, Benoît Giaux, basses. Chœurs de chambre de Namur. Les Agrémens, direction : Jean Tubéry. 1 CD Ricercar Ric 257. Code barre : 5 400439 002579. Enregistrement à Namur à l’église Saint-Loup (Belgique) du 2 au 4 décembre 2006. Notice trilingue : français, allemand, et anglais ; Durée : 60’08‘‘

 
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