Václav Talich et la gloire des cordes tchèques

À emporter, CD, Musique symphonique

Jiří Antonín Benda (1722-1795) : Sinfonia en si bémol majeur. Antonín Dvořák (1841-1904) : Sérénade pour cordes en mi majeur op. 22. Josef Suk (1874-1935) : Sérénade pour cordes en mi bémol majeur op. 6. Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Andante cantabile du Quatuor à cordes n°1 en ré majeur op. 11 (version orchestrale) ; Chant sans paroles en fa majeur op. 2 n°3 (version orchestrale). Orchestre Philharmonique Tchèque, Orchestre des Solistes de Prague, Orchestre de Chambre de la Philharmonie Slovaque, direction : Václav Talich. 1 CD Supraphon SU3836-2. Code barre : 099925383626. Enregistré à Prague entre février 1951 et mars 1954, et à Bratislava en juin 1950. ADD [mono]. Notices quadrilingues (anglais, allemand, français, tchèque) excellentes. Durée : 73’36.

 

L’imposante « Special Edition » en dix-sept volumes s’achève, et nous disposons actuellement du seizième dont la particularité et l’intérêt est de regrouper les enregistrements de Václav Talich pour orchestre à cordes réalisés dans les années 50 et comportant des œuvres de Benda, Dvořák, Suk et Tchaïkovski. L’essentiel de ces gravures est constitué des Sérénades pour cordes de deux musiciens tchèques que Talich a personnellement connus : (1841-1904) et (1874-1935).

La Sérénade en mi bémol (1892) de Suk est manifestement inspirée par le chef-d’œuvre (1875) de son futur beau-père qui lui avait conseillé d’écrire une page plus aimable et souriante que ce qu’il avait l’habitude de composer, ce en quoi Suk a d’ailleurs parfaitement réussi à l’âge de 18 ans ! Il est évident que ces deux Sérénades, les plus abouties du genre avec celle de Tchaïkovski, trouvent en Talich le chantre le plus accompli, le plus inspiré, aidé en cela, reconnaissons-le, par les qualités exceptionnelles des cordes tchèques de l’époque, qualités modelées par la stricte discipline du grand chef slave qui fut attiré par la musique de chambre tout au long de sa vie.

En effet, lycéen dans la ville de Klatovy, Talich était déjà premier violon au sein du Quatuor des frères Talich et Heindl, et quelques années plus tard, fréquentant le Conservatoire de Prague, il forma avec des amis un quatuor avec lequel il envisageait de conquérir les États-Unis. Bien plus tard, en novembre 1947, le violoncelliste français Pierre Fournier, impressionné par l’Orchestre de Chambre Tchèque fondé en 1946 par de jeunes interprètes voulant mettre leur jeunesse à la disposition de Talich en échange de son expérience, avouait que « la seule possibilité de créer le public de demain est d’apprendre aux jeunes à aimer la musique. Je ferai tout mon possible afin que cette formation exceptionnelle puisse venir avec le Professeur Talich à Paris pour montrer aux Français comment faire la musique de chambre. J’ai joué avec de nombreux orchestres mais jamais je n’ai vu un tel soin apporté aux répétitions. »

Ce n’est pas l’Orchestre de Chambre Tchèque à l’existence hélas bien trop brève qui joue ici, mais l’empreinte laissée par sur tous les ensembles qu’il dirigea est indéniable, qu’ils soient tchèques ou slovaques comme cet Orchestre de Chambre de l’excellente Philharmonie Slovaque qu’il avait fondée en 1949 et qui nous propose ici ces deux brefs compléments tchaïkovskiens, avec une affection et un goût incomparables.

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.