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La perfection sans le charme

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Grenoble. MC2. 22-XI-2007. Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Sinfonia de la Cantate BWV 31  ; Sinfonia de « Non sa che sia dolore » BWV 209  ; cantate profane, Angenehmes Wiederau, freue dich in deinen Auen BWV 30a  ; cantate profane, Vereinigte Zwietracht, der wechselnden Saiten BWV 20. Monika Frimmer, soprano, Robin Blaze, alto, Charles Daniels ténor, Stephan MacLeod, basse. Les Chantres du Centre de Musique baroque de Versailles (chef de chœur : Olivier Schneebeli). Ensemble Café Zimmermann, direction : Gustav Leonhardt.

Cantates profanes

, , , Jean-Sébastien Bach : voilà une association de noms que l’on ne peut décemment pas laisser passer ! Complet depuis bien longtemps, ce concert était l’un des évènements phares de la saison de la MC2. Le public s’y est précipité, ne prêtant finalement que peu d’attention aux œuvres programmées : qu’importe ? Bach dirigé par Leonhardt, cela ne peut qu’être bien, et cela est évidemment à voir « en vrai ».

Les cantates profanes – hormis quelques-unes – sont peu connues, peu données. Certes, on y retrouve tout ce qui fascine dans les œuvres vocales de Bach. Vocalises, contrepoint, ponctuation rythmique, tout cet entrelacement de lignes vocales et instrumentales qui séduisent immédiatement et instinctivement, et forcent l’admiration intellectuellement, tout y est. Et pourtant. Et pourtant, le génie particulier que l’on trouve dans les cantates sacrées, qui vous happent et vous emportent malgré vous est absent de ces pages. Est-ce lié à l’œuvre en elle-même, au choix d’interprétation ? Certainement un peu des deux. Tout est parfaitement interprété, précis, léger, subtil. Mais où est donc passé le frémissement, l’énergie tour à tour intime ou démonstrative de Bach ? C’est très beau. L’Ensemble démontre finesse de son, énergie, précision. , au-delà de leur qualité vocale évidente, ont une homogénéité de son extraordinaire, alliée à une interprétation qui met en valeur chaque ligne mélodique, chaque contrepoint. Mais pourquoi n’est-on pas réellement captivé ? Le son – que ce soit celui des instruments, du chœur ou des solistes – est très chaleureux, très rond, presque feutré. Tout est bien ficelé, pas un éclat plus haut que l’autre … c’est finalement trop propre pour réellement fasciner. Regard excessivement critique ? Sûrement.

Mais finalement, une telle programmation ne peut qu’appeler de la subjectivité. Parce que l’on connaît les autres œuvres – brillantes – de Bach, parce que l’Ensemble Café Zimmermann est excellent, il le démontre une fois encore dans ce programme, parce que Les Chantres de Versailles fascinent par leur qualité vocale et leur intelligence musicale, parce que les solistes – particulièrement , alto – ont une chaleur et une agilité vocale extraordinaire – oublions un instant la trop éclatante et extravertie Monika Frimmer, soprano –, parce que c’est , on attendait un pur enchantement. On a simplement entendu de la belle musique. Dommage.

Crédit photographique : Gustav Leonhardt © DR

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Grenoble. MC2. 22-XI-2007. Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Sinfonia de la Cantate BWV 31  ; Sinfonia de « Non sa che sia dolore » BWV 209  ; cantate profane, Angenehmes Wiederau, freue dich in deinen Auen BWV 30a  ; cantate profane, Vereinigte Zwietracht, der wechselnden Saiten BWV 20. Monika Frimmer, soprano, Robin Blaze, alto, Charles Daniels ténor, Stephan MacLeod, basse. Les Chantres du Centre de Musique baroque de Versailles (chef de chœur : Olivier Schneebeli). Ensemble Café Zimmermann, direction : Gustav Leonhardt.

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