Quintettes de Boccherini : fraîcheur et « flamboyance »

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Luigi Boccherini (1743–1805) : trois quintettes pour deux violons, alto, violoncelle et contrebasse op. 39 ; quatuor à cordes n°2 op. 64. Jen Ping Chien, violon. Johanna Gamerith, violon. Peter Aigner, alto. Balazs Mate, violoncelle. Roberto Sensi, contrebasse. Piccolo Concerto Wien. 1CD ORF 495. Code barre : 9004629313740. Enregistré à Vienne en janvier 2005. Notice en anglais, allemand et italien. Durée totale : 59 : 03.

 

 : 112 quintettes, 21 symphonies, des dizaines de sonates et de concertos… Mais de cette créativité prolifique la postérité n’a longtemps retenu qu’un seul «tube» : le fameux menuet du quintette pour cordes op. 11 n°5… Les connaisseurs savent pourtant la poignante beauté du Stabat Mater et reconnaissent bien volontiers du génie au compositeur de La Clementina et bien d’autres œuvres de chambre…

Le Piccolo Concerto Wien, habitué des redécouvertes de compositeurs méconnus, signe ici un très beau disque consacré aux trois quintettes de l’opus 39, les seuls que Boccherini ait composés pour deux violons, alto, violoncelle et contrebasse, à une période particulièrement heureuse de sa vie, lorsqu’il vécut détaché de ses obligations à la Cour d’Espagne, à Arenas de San Pedro entre 1776 et 1785. La fraîcheur de ces œuvres bouillonnantes de vie provient de leur écriture originale où se mêlent à la fois l’héritage du baroque italien et l’influence du folklore espagnol. Une influence flagrante dans le quintette n°3 en ré majeur notamment, sans doute le plus abouti des trois, que les musiciens interprètent avec précision et beaucoup d’énergie, tirant tout le potentiel de leurs instruments qui sont d’origine. Les attaques sont mordantes, les contrastes frappants, le phrasé intelligent et la polyphonie intérieure bien restituée. Les rares moments introvertis de ces trois quintettes sont aussi magnifiquement exaltés par les interprètes, très émouvants dans l’adagio du quintette n°2 en particulier. L’utilisation de la contrebasse par Boccherini donne à ces œuvres une architecture plus imposante avec un ancrage plus profond dans les graves et une sonorité par conséquent plus ample. Pour célébrer les 200 ans depuis la mort de Boccherini (en 2005), le Piccolo Concerto Wien a aussi choisi pour ce disque d’enregistrer ce qui est la toute dernière œuvre du compositeur, le quatuor n°2 op. 64, une partition géniale laissée inachevée en 1804 et qui laisse à méditer sur ce qu’auraient été ses œuvres suivantes.

Voilà au final un très beau disque qui laisse la part belle à des œuvres trop peu entendues, et qui jouit de surcroît d’une prise de son exceptionnelle.

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