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Alexandre Tansman, un néo-cacique ?

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Alexandre Tansman (1897-1986) : Symphonies n°7 à 9 (premier enregistrement mondial des n°7 et n°9). Melbourne Symphony Orchestra, direction : Oleg Caetani. 1 SACD hybride Chandos CHSA 5054. Code barre 0 95115 50542 7. Enregistré en septembre 2006. Texte de présentation et livret trilingue (français, anglais, allemand). Durée : 64’37’’

 

Plus que de la fidélité, ça ressemblerait à de l’obstination, voire de l’entêtement. Le premier volume de la première intégrale symphonique d’ couvrait sa période américaine (1939-1944, Symphonies n°4 à 6), période d’ascension voire de gloire pour ce musicien français d’origine polonaise. Le deuxième volet s’étend de la Symphonie n°7, composée en 1944 à Los Angeles, à l’ultime Symphonie n°9 de 1958 écrite en France. Toutes ces symphonies partagent un commun idéal néo-classique avec une constance qui frise le statisme et peut-être même l’inamovibilité. Nul ne songea toutefois à déboulonner de sa position. Le succès international rencontré par la Symphonie n°7 (jouée notamment par l’Orchestre de la Suisse Romande ou l’Orchestre National de la Radiodiffusion française) déclina quelque peu avec la Symphonie n°8 ; quant à la n°9 elle resta dans les tiroirs du compositeur.

A l’époque de la composition de la Symphonie n°7 « Lyrique », le néo-classicisme fervent de Tansman ne suscitait pas de réserves particulières, surtout aux Etats-Unis qui avaient accueilli une bonne partie de l’élite musicale européenne de l’entre-deux-guerres. Stravinsky n’écrivit-il pas des ouvrages néo-classiques majeurs dès 1920, avec Pulcinella, et jusqu’en 1951 avec The Rake’s progress ? Tansman lui dédia sa Symphonie n°7, et si celle-ci commence par une introduction mystérieuse qui évoque directement Bartók, elle retrouve rapidement une motricité et une énergie à peu près dénuée de sentimentalité conforme à l’idéal du dédicataire. Les Symphonies n°8 et n°9 suivantes, écrites dans la même veine et avec le même savoir-faire, sont d’un intérêt régulièrement décroissant. Au temps où la Symphonie n°9 est écrite, Alexandre Tansman achevait son cinquième opéra Sabbatai Zevi, le faux messie, qu’il considérait comme l’une de ses meilleures œuvres. De là à conclure que le compositeur n’était lui-même pas convaincu par sa Symphonie n°9, il n’y a qu’un pas. La direction d’, si créative dans son intégrale des symphonies de Chostakovitch, se limite ici à une mise en place impeccable mais sans magie. Il aurait sans doute mieux valu enregistrer ces œuvres en concert, pour leur donner ce petit supplément de tension qui fait toute la différence.

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Alexandre Tansman (1897-1986) : Symphonies n°7 à 9 (premier enregistrement mondial des n°7 et n°9). Melbourne Symphony Orchestra, direction : Oleg Caetani. 1 SACD hybride Chandos CHSA 5054. Code barre 0 95115 50542 7. Enregistré en septembre 2006. Texte de présentation et livret trilingue (français, anglais, allemand). Durée : 64’37’’

 
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