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Jonchée à flanc de montagne entre 1600 et 2520 mètres d’altitude, la station Les Karellis, aux « Balcons de La Maurienne », devient autour du thème du violon un des festivals les plus prisés de la région du 26 juillet au 09 août

XIIe Festival International de Musique Cordes et Pics

Jonchée à flanc de montagne entre 1600 et 2520 mètres d’altitude, la station Les Karellis, aux «Balcons de La Maurienne», devient autour du thème du violon un des festivals les plus prisés de la région du 26 juillet au 09 août. Jumelé avec le stage qui propose un panel de professeurs hors pair, tous les ingrédients sont réunis pour avoir dans les meilleures conditions un festival de grande qualité où se retrouvent autochtones et vacanciers pour écouter des artistes de renommée internationale.

Gilles Chancereul, Président et initiateur avec Bathylle Goldstein de cette aventure mélomane, a réussi le tour de force de faire ouvrir les églises de la vallée pour leurs donner le statut artistique et musical qu’elles méritent. C’est donc dans des petits trésors architecturaux baroques que la programmation de Jean Marc Phillips Varjabedian nous entraîne sur les hauts sommets de la musique, avec un concert tous les jours, et quel concert ! Voici donc une carte postale musicale de cette évasion 2008.

C’est dans l’église d’Albiez-le-Jeune que nous avons découvert le jeune dans une sélection d’œuvres dont celle d’un compositeur contemporain K. Volans, originaire d’Afrique du Sud vivant actuellement à Dublin. «Son quatuor – comme nous explique premier violon – nous emmène en voyage en trois mouvements qui sont ; un thème de danse du départ, un deuxième mouvement plus à la méditation comme dans un désert ; même si le décor peut être répétitif et apparemment statique, un désert ne l’est jamais vraiment et des rencontres peuvent être inattendues et surprenantes. Ce voyage se termine par une danse de l’arrivée qui sur un rythme de valse nous rassure et nous apaise. En première partie de ce programme, leur interprétation sans exagérations ni tension du fameux quatuor de Frantz Schubert en ré mineur D. 810 ; la jeune fille et la mort nous a bouleversé et ravis

De la virtuosité totale dans la superbe église de Saint-Julien-Montdenis avec la sonate en ré de Vivaldi, la suite N° 2 de Bach dans une version non académique nous a séduit ; là, toute l’interprétation d’ met en valeur les liés tout en douceur des phrases musicales qu’il nous propose. Sa maîtrise parfaite nous laisse penser que cette partition a l’air facile, et de plus le Maestro passe du violon à l’alto avec une aisance vraiment déconcertante. C’est ensuite dans un programme original et tout en temps finesse qu’ enchaîne la Sonate de Ravel puis La sérénade de Prokofiev et enfin l’originale Formosa Capriccio qui nous a permis de confirmer ce que nous pensions de ce grand musicien : une générosité et une joie de vivre qui ne laisse jamais transparaître les difficultés de l’écriture de sa partition ; virtuosité, exploration des sons du violon toute en finesse et délicatesse. Quelle joie d’entendre le compositeur accompagné par Roger Sala, son complice des master class pour cette version 2008 ! Ces deux compères se connaissant bien et nous offrent une bien belle soirée.

Elizabeth Woo ancienne élève d’ et , nous ont donné le lendemain un concert avec un répertoire digne des plus grands concours internationaux. Nous noterons entre autre la sonate N° 3 op. 108 de Brahms dans une version d’une rare élégance, jouée avec éclat et un romantisme à fleur de peau, il en ressort une très forte volonté d’exister. Le final avec la fantaisie de Carmen de Waxman finissait très brillamment ce concert de haute volée.

Entendre est un rendez-vous à ne pas manquer sous aucun prétexte. Cette année, il a choisi de nous donner les inévitables Quatre Saisons de Vivaldi. L’orchestre des professeurs et des grands élèves a été un vrai régal ; une mention particulière à Istvan Varga qui a donné toutes les répliques au violoncelle à comme s’ils avaient travaillé ensemble cette partition depuis des années. Son écoute musicale, et son jeu ont aussi permis que cette version soit magnifique. Malheureusement aucun enregistrement de ce moment superbe n’existera, toutefois il restera à jamais graver dans nos mémoires. Nous étions tous «scotchés» et sous le charme indicible d’ si atypique dans sa gestique et si impressionnant tant dans sa maîtrise des couleurs sonores que dans la finesse du timbre de son violon. Moment exceptionnel tant la délicatesse de son jeu autant que sa personnalité nous a envoûté comme il y a maintenant plus de 15 ans quand à l’Auditorium tout neuf, il venait jouer durant quatre jours les Caprices de Paganini, pour la première fois en France. Le Trio Markov family en deuxième partie nous a fait voyager avec les viennoiseries de Kreisler délicieusement sucrées mais pas mielleuses avec plein d’élégance et de générosité.

À Montricher, Borislav Strulev et (et oui deux programmes en quelques jours et quels programmes !) ont donné une version de la sonate pour violoncelle de Debussy très personnelle. C’était en quelque sorte l’intrus du concert, car Glazunov, Tchaikovsky, Chostakovitch, Rachmaninov, Schittke et Shchedrin étaient à l’honneur. Certains puristes penseront que le débordement de charme de Borislav Strulev serait préjudiciable aux partitions … mais sa musicalité et son talent l’emporte et il a fait l’unanimité. La présentation du violoncelle systématiquement à chaque applaudissement devenait un peu étrange dans ce rendez-vous musical et intime. Même si nous admettons que cet instrument fait par Luigi Plattelini à Florence en 1777 sonne superbement, nous étions là avant tout pour les musiciens. Christie Julien a su maîtriser la personnalité de ce violoncelliste pour aussi se faire entendre avec son charisme, son humour et son talent. Lors de cette soirée, nous avons eu la surprise de la création d’Impératif par la compositrice Goulaia Nedbay accompagnée par Borislav Strulev. Cette pièce rend une atmosphère tendue avec un rythme soutenu qui laisse des plages de nonchalance mais, comme sous un orage au plus intense de sa force, on reste le souffle coupé d’entendre tant de maîtrise d’écriture de sentiments qui renvoie à notre peur primitive, voire animale.

Ce festival c’est aussi des concerts de Jazz avec Rémi Crambes en trio «Ichiaka» anti-conformiste, nous proposant des pièces sur des thèmes traditionnels avec de larges plages d’improvisations que nous ne soupçonnions pas. Le passage de fut aussi remarqué de par ses acolytes tout jeunes et bien prometteurs. Une découverte des mélanges de la musique sud-américaine avec le talent du violoniste Sacha Rozhdestvensky et l’ensemble «Ambar» qui explore avec, des instruments traditionnels, le potentiel des instruments «nobles» en faisant des arrangements spécifiques pour orchestre à cordes, pour des musiques traditionnelles sur des rythmes colombiens par le Bambuco, le Pasillo ou encore les fameux Choros brésiliens. Dès le dimanche 27 juillet, la soprano Marianne Seleskovitch était dans les starting-blocks pour nous offrir avec générosité et beaucoup de punch de bien belles versions de mélodies de Debussy et Ravel et de quelques lieder de Schubert, Mahler et Mozart. Était programmé aussi l’ensemble Bratch qui depuis plus de vingt ans nous emmène en voyage dans les chants et musiques slaves.

Ce douzième anniversaire du festival s’est terminé par le concert des élèves où nous avons pu entendre de futurs grands talents que nous avons remarqués et que nous ne manquerons pas de suivre dans leur carrière future. Une fois de plus ce festival est une belle réussite et rendez-vous est pris pour la saison 2009 !

– Lire l’entretien avec le Maestro Albert Markov que nous avons rencontré lors de cette évasion 2008 ainsi que celui que nous avons réalisé avec son fils

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